Milyiaka Paddy Milyiaka Paddy, groupe Pitjantjatjara – Kalka – APY Lands artiste et graveur originaire des APY lands.
MINNIE PWERLE Dans les vastes étendues arides de la communauté d'Utopia, au cœur de l'Australie Centrale, Minnie Pwerle, une femme locutrice Alyawarre et Anmatyerre, voit le jour vers 1910 (ou 1922 selon les sources). Orpheline de dates précises, sa biographie se dessine en ombres et en éclats : une enfance partagée avec ses sœurs Molly, Emily et Galya, une union illicite avec le gardien de troupeau Jack Weir donnant naissance à Barbara, arrachée à sa famille (Barbara est une enfant des « Générations Volées »), et une famille recomposée auprès de "Motorcar" Jim Ngala, avec qui elle eut six enfants. Jusqu'à ses derniers jours en 2006, Minnie demeura ancrée dans cette contrée, à trois cents kilomètres au nord-est d'Alice Springs, gardienne silencieuse des traditions, ne parlalnt pas anglais. Ce n'est qu'aux alentours de l'an 2000, à l'âge vénérable de quatre-vingts ans ou plus, que Minnie Pwerle posa le pinceau sur la toile pour la première fois, comme si les esprits des Anciens, las d'attendre, l'avaient enfin conviée à la danse, transformant en un éclat fulgurant les motifs intérieurs qu'elle avait portés en elle depuis l'enfance. Encouragée par sa fille Barbara Weir, une artiste déjà célèbre, elle transforma en un souffle les motifs éphémères des peintures corporelles en compositions durables. Les artistes d’Utopia commencent à produirent des œuvres en 1977 et peignent sur toile depuis la fin des années 1980. Son style, éminemment abstrait et gestuel, se déploie en une symphonie de couleurs vives et audacieuses – rouges ocres, jaunes solaires, bleus célestes, verts luxuriants, elle essaye toute la gamme – appliquées avec une liberté souveraine, en coups de brosse spontanés et confiants, telle une calligraphie. Les lignes parallèles ondoyantes évoquent l'awelye, ces peintures corporelles rituelles des cérémonies féminines, et cercles pulsants symbolisant les fruits du bush, tels le melon sauvage d'Atnwengerrp ou la tomate sauvage et leurs graines, comme autant de cœurs battants de la terre nourricière. Son abstractionnisme, proche de celui d'Emily Kngwarreye ou du peintre impressionniste australien Tony Tuckson, transcende les formes immédiatement lisibles pour capturer l'essence fluide du mouvement. Malgré son âge, le trait est sûr, très gestuel et le sens des couleurs évident. Il en résulte des œuvres vibrantes, très personnelles, d’une grande spontanéité. L'inspiration de Minnie puise aux sources les plus profondes de son héritage culturel : les rituels ancestraux des femmes, où elle officiait en tant que peintre corporelle, mélangeant les terres multicolores des carrières d'ocre avec des graisses animales pour tracer sur les peaux nues les symboles des Rêves – ces narrations cosmogoniques riches d'histoires et de significations, ceux qui relient les corps au monde du Rêve. C'est là, au creux des pratiques féminines secrètes, transmises de génération en génération que naissent ses motifs. Son pays, Atnwengerrp, avec ses collines ondulantes et ses eucalyptus noueux, infuse chaque toile d'une mémoire tellurique, comme si la terre elle-même dictait les coups de pinceau. Ainsi, ses toiles ne sont pas de froides représentations, mais des échos vivants d'une connexion spirituelle à la terre, un dialogue entre l'humain et le cosmos. Ce qui distingue Minnie Pwerle dans le panorama de l'art contemporain aborigène réside dans cette alchimie rare entre tradition millénaire et innovation fulgurante. Tandis que d'autres artistes du désert central s'attachent à des iconographies plus narratives, elle élève l'abstraction à une poésie visuelle, où le chaos apparent des intersections et des zigzags révèle une harmonie cosmique, gardienne des obligations claniques. Son idée de génie est de multiplier les formes synthétisées des poitrines des femmes chargées des peintures corporelles, jusqu'à rendre presque invisible ce motif, et donnant un rendu très moderne à des motifs très anciens. Sa tardive irruption sur la scène artistique – une explosion de génie après des décennies de silence pictural – la hisse au rang des figures emblématiques, aux côtés de Dorothy Napangardi ou Kathleen Petyarre, dominant l'horizon des peintres femmes du début du XXIe siècle. Ses œuvres, acquises par les plus grands musées comme la Galerie d'art de Nouvelle-Galles du Sud ou le Metropolitan Museum de New York, ne sont pas de simples tableaux, mais des portails vers l'âme du monde aborigène, inspirant une génération nouvelle. En 2003, saluée une nouvelle fois par la presse et les critiques, elle est élue parmi les 50 « most collectable » artistes australiens. Elle décède brutalement chez elle, dans le bush alors qu’elle chasse le 18 mars 2006, laissant derrière elle un legs vibrant, témoignage d'une créativité et d'une vitalité incroyable. Collections : Art Gallery of New South Wales, Art Gallery of South Austrlia, Kreglinger Coll, National Gallery of Victoria, Queensland Art Gallery, Thomas Vroom Coll, Hank Ebes Coll, AMP coll, Kelton Foundation (USA), la Trobe University coll, Metropoliotan Museum of New York (MET),…
Miranda Daniels Groupe Anmatyerre - Utopia Miranda Daniels est une artiste aborigène d'Utopia, en Australie centrale. Ses peintures sur les plantes médicinales du bush reflètent l'importance des feuilles médicinales du bush dans la culture aborigène traditionnelle. Ces feuilles, récoltées par les femmes, sont très prisées pour leurs vertus réparatrices, dans le cadre des pratiques de santé traditionnelles.
Miranda Daniels est une artiste de la région d'Utopia. Elle peint des plantes médicinales du bush, comme de nombreuses artiste de cette zone du centre de l’Australie. Le mouvement fluide et le rythme ondulant du sujet reflètent l'importance des feuilles médicinales du bush dans la culture aborigène traditionnelle. Les feuilles médicinales du bush sont récoltées par les femmes et sont très prisées pour leurs pouvoirs réparateurs. Mais cette série se réfère aussi à la fertilité de la terre.
Miriam Napanangka Ethnie Pintupi – Communauté de Kiwirrkura Miriam décrit ici les histoires du Temps du Rêve associées au site de Winpulpula. Les formes en U symbolisent les femmes qui ramassent des baies. Miriam est née en 1946. Elle est la femme de Patrick Tjungurrayi, un artiste bien connu de l’Ouest du Désert. Elle peint depuis 1996. Collections : Art Gallery of New South Wales Foundation kelton, USA
Mitchell japanangka martin Mitchell a grandi à Nyirripi et a ensuite vécu à Kintore de 2005 à 2017, où il a souvent vu des gens peindre. Mitchell a achevé sa première peinture avec le centre d'art à Nyirripi, en regardant l'œuvre de son arrière-grand-père, Paddy Japanangka Lewis, qui a très souvent peint les motifs associés au site de Mina Mina. Mitchell joue au foot australien au poste arrière de l'équipe de Nyirripi. Il aime aussi réparer les vieilles voitures, quelles qu'elles soient.
Mitjili Napurrula Artiste du groupe linguistique Pintupi, elle appartient à l’un de ces rares génies qui, par la grâce d’un pinceau et la force de leur mémoire culturelle, ont su faire chanter la toile comme un chant cérémoniel millénaire. Son œuvre se distingue par sa singularité formelle autant que par la profondeur spirituelle qui l’habite, tissant entre le visible et l’invisible un pont sacré, tendu entre les ancêtres et le présent. Née dans une époque de transition (probablement en 1945), alors que les peuples du désert étaient déplacés ou regroupés dans des communautés établies par les autorités coloniales, Mitjili Napurrula grandit dans une tension entre l'ancien et le nouveau. Sa famille, profondément ancrée dans les traditions Pintupi, lui transmet le savoir ancestral : les Tjukurrpa, ou "Dreamings", les Rêves, récits sacrés et cosmologiques qui fondent l’identité aborigène. Elle est la sœur de Turkey Tolson Tjupurrula, la seconde épouse de Long Tom Tjapangka et la fille de Tjunkiya Napaltjarri, tous des artistes de grandes renommés dont les œuvres figurent dans les plus importantes institutions artistiques d’Australie. Mais si elle partage avec eux une filiation culturelle et spirituelle, c’est dans une voie propre qu’elle inscrit son geste artistique. Il était donc naturel que Mitjili se mette à peindre. Le thème qui a permis à frère Turkey Tolson (1938 – 2002) de se faire un nom (en dehors du fait d’avoir fait partie du groupe fondateur du mouvement pictural aborigène dans le Désert Central en 1971) est son Rêve de Lance composé de bandes de couleurs. Mitjili peint essentiellement l’équivalent féminin de ce thème, le Rêve d’Arbre associé au Pays de son père Ulwalki. Elle peint aussi d’autres thèmes comme Wangunu, Arkatjirri, des graines et des fruits, mais c'est ce premier que les amateurs retiennent. Ce qui frappe d’abord dans ces peintures de Mitjili Napurrula, c’est la répétition obsédante, quasi méditative, du motif de l’arbre watiya tjuta, une forme stylisée de l’acacia utilisée dans la fabrication des armes traditionnelles. Mais ce motif n’est pas qu’un hommage à la flore du désert. Il est un écho à l’enseignement de sa mère, qui dessinait ces formes dans le sable tout en racontant les histoires du Tjukurrpa. En reproduisant ces motifs sur la toile, Mitjili réactualise ce rituel de transmission, ancrant sa pratique dans un geste féminin, intime et sacré. Chaque arbre est une empreinte, chaque branche une veine de mémoire. L’espace entre les formes, les vides rythmés, devient aussi signifiant que les lignes elles-mêmes. Elle ne cherche pas à représenter la nature, mais à invoquer sa puissance symbolique. Dans son œuvre, la terre n’est pas un paysage : elle est un corps vivant, un être respirant, imprégné de lois anciennes, traversé d’histoires sacrées. La peinture de Mitjili se distingue aussi par une audace formelle rare parmi les artistes Pintupi. Là où beaucoup de ses pairs privilégient les cercles concentriques, les traces de pas, ou les schémas narratifs du Dreaming, elle opte pour une géométrie végétale qui rappelle par moments les textiles modernes ou les œuvres de l’abstraction occidentale – sans jamais en dépendre. Sa palette est chaude, éclatante : ocres profonds, blancs éclatants, rouges sang, oranges lumineux. Pourtant, cette couleur n’est jamais purement décorative. Elle vibre d’un feu intérieur, d’un souffle ancien, d’un désert qui parle à travers elle. Ce qui distingue les œuvres de Mitjili c’est son sens de l’espace et son travail du fond de la toile. Contrairement à de nombreux artistes du Désert qui utilisent un fond pointilliste classique fait de petits points qui forment des zones colorées, Mitjili peint avec des points plus gros qui se touchent et qui viennent former un seul aplat sur lequel vient se découper le motif principal (que Mitjili répète plusieurs fois) lui donnant un aspect étonnement moderne. Les toiles de Mitjili évoquent des paysages mentaux : des cartes sacrées, des visions récurrentes, des méditations sur la forme et le mythe. Elles sont à la fois ornementales et spirituelles, maîtrisées et libres, ancrées dans un territoire mais ouvertes sur l’universel. Mais aussi l'intime. Ainsi, elle ajoute parfois, dans le haut de ses compositions, après la mort de son mari, Long Tom, les montagnes qui surplombent la communauté de Haasts Bluff. Son mari en était le gardien spirituel et ainsi, elle lui rend un hommage qui va rester. Dans le groupe linguistique Pintupi-Luritja, la tradition artistique est riche, portée par des figures majeures. Toutefois, Mitjili Napurrula s’en distingue par sa capacité à conjuguer le féminin et le symbolique, le décoratif et le rituel, dans une œuvre cohérente et immédiatement reconnaissable. Elle développe une imagerie profondément personnelle, issue de sa propre lignée matrilinéaire. Sa démarche, bien qu’ancrée dans les règles strictes de représentation aborigène, s’aventure vers une poétique de la forme qui dépasse les cadres habituels. Elle traduit la parole des anciens en langage pictural, et fait de la toile un lieu de dialogue entre les temps, entre les mondes. Mitjili Napurrula est décédée en 2019, laissant derrière elle une œuvre puissante, dense, lumineuse. Elle laisse un héritage qui dépasse le cadre du marché de l’art ou des collections muséales : elle a ouvert une voie où la tradition peut se réinventer sans se perdre, où la rigueur du sacré peut se conjuguer avec la liberté formelle. Dans ses tableaux, les arbres ne sont pas seulement des arbres. Ce sont des signes, des mots, des chemins vers l’origine. Et en cela, Mitjili Napurrula demeure, non seulement une grande artiste aborigène, mais une passeuse d’éternité, une voix dont le silence parle encore. Elle a remporté de nombreux prix artistiques importants : en 1993 le Australian Heritage Art Award, le Northern Territory Art Award en 1994 et le Alice Springs Art Prize en 1999. Elle est l’une des artistes qui a marqué la fin des années 1990 et le début des années 2000. Elle a participé à de nombreuses expositions (Hollande, Suède, Allemagne, Italie, Singapoor, USA, ...). Collections : National Gallery of Australia, Canberra, National Gallery of Victoria, Melbourne, Flinders University Art Museum, Adelaide, Art Gallery of New South Wales, Sydney, Artbank, Sydney, Araluen Arts Centre, Alice Springs, Edith Cowan University Art Collection, Perth, Museum and Art Gallery of the Northern Territory, Darwin, Hank Ebes Collection, Melbourne, Kaplan and Levi Collection, Seattle, Gillian & Watson McAllister Collection, Sydney, Fondation Burkhardt-Felder Arts et Culture, Motiers, Suisse, Campbeltown Regional Gallery, Gantner Myer Coll, Young Museum, San Fransisco, USA, Mornington Peninsula Art Gallery,...
Molly Pwerle Molly est née vers 1920. Elle est l’une des célèbres soeurs Pwerle. Elle s’est mise à peindre en 2004 seulement !!
Mona Ramsay Groupe Kitja (Gija) – Turkey Creek - Kimberley Orientale – Australie Occidentale Mona est née vers 1938. Elle est le frère de Timmy Timms, un homme de loi important et la nièce de Paddy Bedford, l’une des grandes figures de l’art australien. Elle se met à peindre en 1996. Le thème du Barramundi est souvent interprété par les Gija car cet Ancêtre est à l’origine des diamants de la mine d’Argyle, situé sur les terres traditionnelles de ce groupe. Collections : Argyle Diamonds Artbank, Sydney Kerry Stokes Collection
Monica Jurrah Napaltjarri Monica Napaltjarri est un artiste Pintupi né vers 1960 dans le bush, au sud de Kiwirrkura, à 700 km à l'ouest d'Alice Springs. Le père de Monica était Kirindji Kuku Tjungurrayi (1920 - 1966) et sa mère était Wangala Nangala (1944-1963). La mère de Monica est morte alors que la famille vivait encore de façon nomade et traditionnelle, sans contact avec l’homme blanc. Suite au décès de son père, elle est élevée par son oncle, Yumpululu Tjungurrayi, qui fait partie du premier groupe d’artistes à se mettre à la peinture dans le désert. Elle est aussi la sœur de Joseph Jurra Tjapaltjarri, un peintre connu et est liée à d'autres artistes de la communauté de Kiwirrkura, dont Takariya, Yakari et Payu West Napaltjarri. Monica, si elle se met à peindre en 1996 comme les autres femmes de son groupe, elle ne le fait qu’occasionnellement au départ et il faudra attendre quelques années avant qu’elle se lance vraiment dans cette voie. Le sujet de ses peintures est le plus souvent des sites dont elle a hérité les droits de sa grand-mère, comme Patinya et Karilwara. Sa peinture et les teintes qu’elle utilise restent très classiques.
Monica Napaltjarri est un artiste Pintupi né vers 1960 dans le bush, au sud de Kiwirrkura, à 700 km à l'ouest d'Alice Springs. Le père de Monica était Kirindji Kuku Tjungurrayi (1920 - 1966) et sa mère était Wangala Nangala (1944-1963). La mère de Monica est morte alors que la famille vivait encore de façon nomade et traditionnelle, sans contact avec l’homme blanc. Suite au décès de son père, elle est élevée par son oncle, Yumpululu Tjungurrayi, qui fait partie du premier groupe d’artistes à se mettre à la peinture dans le désert. Elle est aussi la sœur de Joseph Jurra Tjapaltjarri, un peintre connu et est liée à d'autres artistes de la communauté de Kiwirrkura, dont Takariya, Yakari et Payu West Napaltjarri. Monica, si elle se met à peindre en 1996 comme les autres femmes de son groupe, elle ne le fait qu’occasionnellement au départ et il faudra attendre quelques années avant qu’elle se lance vraiment dans cette voie. Le sujet de ses peintures est le plus souvent des sites dont elle a hérité les droits de sa grand-mère, comme Patinya et Karilwara. Sa peinture et les teintes qu’elle utilise restent très classiques.
Monica Napaltjarri est un artiste Pintupi né vers 1960 dans le bush, au sud de Kiwirrkura, à 700 km à l'ouest d'Alice Springs. Le père de Monica était Kirindji Kuku Tjungurrayi (1920 - 1966) et sa mère était Wangala Nangala (1944-1963). La mère de Monica est morte alors que la famille vivait encore de façon nomade et traditionnelle, sans contact avec l’homme blanc. Suite au décès de son père, elle est élevée par son oncle, Yumpululu Tjungurrayi, qui fait partie du premier groupe d’artistes à se mettre à la peinture dans le désert. Elle est aussi la sœur de Joseph Jurra Tjapaltjarri, un peintre connu et est liée à d'autres artistes de la communauté de Kiwirrkura, dont Takariya, Yakari et Payu West Napaltjarri. Monica, si elle se met à peindre en 1996 comme les autres femmes de son groupe, elle ne le fait qu’occasionnellement au départ et il faudra attendre quelques années avant qu’elle se lance vraiment dans cette voie. Le sujet de ses peintures est le plus souvent des sites dont elle a hérité les droits de sa grand-mère, comme Patinya et Karilwara. Sa peinture et les teintes qu’elle utilise restent très classiques.
Murdie Morris Nampijinpa (1930/1935 - ) groupe Warlpiri – Nyiiripi – Désert central Murdie commence à peindre sur le tard, à près de 80 ans. Mais quelle fraîcheur dans sa peinture. Depuis le décès de Judy watson Napangardi et la fin de carrière de Liddy walker Napanangka, Murdie est sans doute l’artiste la plus intéressante de cette zone géographique. Murdie décrit son Rêve des Deux Chiens associé à la région de Rabbit Flat. Au Temps du Rêve, Deux Ancêtres Chiens Jampijinpa et Napangardi voyagèrent le long du cours d’eau asséché de Yarikurlangu. Ils finirent par s’installer et eurent de nombreux enfants. Les motifs décrivent de façon symbolique les points d’eau et les cours d’eau de cette région et les éléments associés à cette thématique.
Myra Kumantjara Née en 1981, Myra Kumantjara a grandi entre deux pays : celui de sa mère, Sundown Wells, et celui de son père, Mimili, sur les terres APY d'Australie-Méridionale. Femme Yankunytjatjara, elle a passé son enfance dans la communauté d'Iwantja (Indulkana) avant de s'établir entre Coober Pedy, Iwantja et Oodnadatta. Une trajectoire de vie multiple, nomade, qui se reflète directement dans la richesse et la singularité de son art. Ce qui distingue immédiatement Myra Kumantjara dans le paysage de la peinture aborigène contemporaine, c'est sa capacité à naviguer entre deux esthétiques radicalement différentes — et à exceller dans l'une comme dans l'autre. Elle maîtrise bien sûr la technique pointilliste héritée de la grande tradition du désert central, où la juxtaposition patiente de points de couleur construit progressivement des paysages intérieurs, des cartes du tjukurpa / Rêve, des géographies de l'invisible. Mais c'est dans son style linéaire et non pointilliste que sa personnalité artistique éclate avec le plus de force. Là, le pinceau libéré trace des lignes franches, des formes organiques et puissantes, une composition directe et sans détour qui frappe le regard avec une énergie presque physique. Expressif, vigoureux, immédiatement saisissant : ce style révèle une artiste qui n'a pas peur de l'espace blanc, ni de la couleur posée avec conviction. Cette double maîtrise n'est pas anecdotique. Elle témoigne d'une artiste qui pense son travail, qui choisit ses outils en fonction de ce qu'elle a à dire, et non par habitude ou conformité. Myra peint le pays de sa grand-mère : Kalpi, près de Mimili, un lieu essentiel pour les femmes, parsemé de trous d'eau et chargé d'une importance spirituelle profonde. Ses œuvres sont autant de gestes de fidélité envers ce territoire et les femmes qui l'ont transmis de génération en génération. Mais Myra est aussi travailleuse en éducation a?angu, animée par une passion profonde pour aider son peuple à vivre et travailler entre deux langues. Cette dimension pédagogique irrigue son art : elle a notamment créé des œuvres conçues comme des cartes-mémoire illustrant des éléments essentiels de la vie et du pays — le feu, le pinson zébré, les pierres à moudre. Elle a co-commissarié avec Karina Lester une exposition immersive entièrement présentée en langue yankunytjatjara au South Australian Museum, dans le cadre du Tarnanthi Festival of Contemporary Aboriginal and Torres Strait Islander Art. Une exposition invitant le visiteur à « laisser l'anglais à la porte » — un acte politique et culturel autant qu'artistique. Myra a commencé à peindre avec l'Umoona Art Centre de Coober Pedy en 2021 seulement, mais elle a rapidement démontré un talent profond et une confiance remarquable dans ses œuvres audacieuses. Elle a également collaboré avec sa mère Jeannie Minunga et sa tante Kay Finn sur des peintures de grand format. Ensemble, elles ont notamment réalisé Nganampa Ngura – Our Country en 2022, une œuvre présentée dans des expositions d'envergure nationale.
NAATA NUNGURRAYI Naata, au moment où elle s’éteint en 2021, est l’une des doyennes aux connaissances immenses et célèbres artistes de Kintore. Elle est née au début des années 1930, probablement 1932, à Kumilnga, un site très isolée du bush, en plein cœur du Désert de Gibson, en Australie Occidentale. Elle va connaître une vie très traditionnelle, se déplaçant en fonction des rythmes saisonniers et des cérémonies. Son premier mari, avec qui elle aura deux enfants, dont Kenny Williams Tjampitjinpa (né vers 1950) qui deviendra plus tard un artiste réputé, meurt durant l’été 1961/1962. C’est une période difficile, les sécheresse répétées rendent difficile la quête de nourriture et d’eau. Une partie des Pintupi ont déjà rejoint Papunya ou Haasts Bluff où des rations alimentaires sont distribuées. L’idée germe de rejoindre ces derniers et trouver des conditions de vie plus clémentes. Accompagné d’un autre groupe qui comprend Yala Yala Gibbs Tjungurrayi et ses femmes Ningura Napurrula et Yinarupa Nangala (ils deviendront tous les trois des peintres reconnus), ils marchent vers l’Est, sur 400 km. C’est ainsi qu’en 1963 (1964 selon d’autres sources), une patrouille de la Welfare Branch, mené par Jeremy Long les localise en apercevant la fumée des feux de leur campement et les amène vers Papunya, une communauté aborigène créée par le gouvernement avec l’idée d’y sédentariser les derniers nomades. On le sait bien aujourd’hui, Papunya, à l’époque offre un cadre peu favorable aux Aborigènes. Séparés de leur terre traditionnelle et de leur source de nourriture, pouvant à l’époque accéder à l’alcool, vivant parfois au milieu de tensions entre différents groupes linguistiques, les Aborigènes connaissaient une augmentation significative de leur taux de mortalité déjà élevé. Naata et sa sœur Nancy, dont elle restera très proche jusqu’au décès de Nancy, ont commencé à travailler dans la cuisine communautaire, où elles aident à fournir des repas et des rations. Naata quittera Papunya pour rejoindre un moment Docker River à la fin des années 1970, puis pour une brève période les « oustations » de Yaiayi et Waruwiya, à environ 50 kilomètres à l'ouest de Papunya, avant de s’installer à Kintore (Walungurru), lorsque cette région est rendue aux Pintupi, les propriétaires traditionnels de ces terres, au début des années 1980. Elle se rapproche enfin de « ses terres », les sites dont elle est la gardienne spirituelle. En 1994, un atelier est organisée entre les femmes de Haasts Bluff, qui peignent déjà, et celles de Kintore et Kiwirrkura qui auront accès au matériel seulement deux ans plus tard. Naata, en tant que doyenne, y participe. Sa carrière commence donc sérieusement en 1996 lorsque la coopérative artistique distribue des toiles aux femmes Pintupi. Son style, au début assez classique, va évoluer. Les peintures de Naata représentent de façon symbolique « son pays » Walawala ainsi que les cérémonies des femmes autour du site de Marrapinti, un point d'eau sacré à l'ouest de Pollock Hills. D'autres sites sacrés et les lieux où s’arrêtèrent les Femmes Ancestrales qui voyageaient aux Temps du Rêve sont une source importante d’inspiration comme le trou de roche de Ngaripunkunya à l'ouest de Kiwirrkurra ; le trou rocheux de Wirrulnga à l'est de Kiwirrkurra, ou le très beau site de Ngaminya au sud et encore les cuvettes argileuses de Wanku et Piti Kutjarra, auxquels il faut ajouter un lieu sacré important pour Naata, Karilwara. Ses histoires, schématisées par Naata dans ses compositions, dépeignent ses Femmes Ancêtres cueillant des Kampurapara (raisins du désert) dont on peut tirer une sorte de farine dont on fera un pain. La topographie n’est pas oubliée, et Naata nous donne des détails sur l’environnement de ces sites, comme les dunes (Thali / Tali), les affleurements rocheux (Puli) et la végétations. A une période, vers la fin des années 1990 et début 2 000, de nombreuses compositions se composent de formes en fer à cheval, des motifs assez grands, qui emplissent la toiles. Elles peuvent se référer à la fois aux Femmes Ancestrales mais aussi, puisqu’il y a souvent de multiples niveaux d’interprétation, aux formes topographiques des sites décrits mais aussi, peut-être, aux peintures corporelles utilisées pour les cérémonies. Peu a peu sa palette s’élargit, elle mixe les couleurs brillantes et chaudes aux roses et jaunes plus doux et le style devient plus contemporain, abandonnant parfois le bâtonnet pour une large brosse (ou parfois utilisant les deux techniques sur la même toile) et donnant ainsi un côté très personnel à ses compositions. Surtout, comme d’autres artistes importantes, elle se forge un style très personnel. Vers la fin de sa carrière, ces motifs tendent à disparaître et le site de Marrapinti devient la source principale de sa production. Ce site est important pour les Pintupi. C’est là que des Femmes Tingari, au Temps du Rêve, s’arrêtèrent, cherchant de la nourriture, réalisant des rituels et confectionnant les bâtonnets que les initiés se mettent parfois à travers la cloison nasale. Mais ses compositions précédentes ont permis à Naata de développer de nouvelles idées, d’approfondir son sens de l’espace, et lui donner une certaine idée de comment se forger une voie personnelle tout en restant fidèle à la tradition. Ces leçons seront utiles jusqu’au bout. Les couleurs chaudes marquent cette série où les déclinaisons de brun / ocre, d’orange, de jaune prennent largement le dessus. Peu à peu, en avançant dans le temps, plus le rouge et des touches de mauve, qui viennent former un contraste très fort avec un blanc, prennent le dessus. C’est qu’elle partage son temps entre l’atelier d’un marchand indépendant, Christopher (Chris) Simon et le centre d’art. Chez Chris Simon, elle peint sur un fond rouge, pas un rouge /ocre mais un rouge franc. Elle peint les motifs traditionnels, ceux qui racontent l’histoire, avec du noir et termine avec les couleurs qui apportent une lumière et des contrastes auxquels on est peu habitué avec les peintures qui sortent du centre d’art où les ocres sont d’avantage présents. Les toiles confinent au sublime et la puissance comme le sentiment de vitalité qui s’en dégagent a peu d’égale dans l’art aborigène. Bientôt en fin de carrière, Naata n’a plus la force de peindre le fond pointilliste et va se concentrer sur les motifs ancestraux. Elle va notamment puiser dans des motifs de pétroglyphes vus lorsqu’elle était jeune. On avait vu certains artistes qui ne parvenaient plus à réaliser des œuvres abouties à la fin de leur vie, à donner de la force à leurs compositions. Pour avoir pu voir les dernières toiles de Naata, elle était parvenue à trouver la ressource nécessaire pour donner de la puissance à ces motifs. Sans doute a t-elle puisée dans l’étendue de ses connaissances tribales, dans l’attachement viscéral que peuvent avoir certains initiés à « leurs » terres pour trouver le souffle nécessaire. Elle avait peint souvent à côté de « Miss » Bennett, qui a également produit des chefs d’œuvre dans les mêmes conditions. Elle a été capable de peindre des compositions géométriques, cérébrales, et de passer à un style plus organique, plus fluide. Mais un grand sens de l’harmonie se dégage de la plupart de ses œuvres. On voit peu d’artistes aborigènes qui ont pu passer d’un style à l’autre. Comme beaucoup d’Aborigènes restés proche de la tradition, elle ne soignait pas son apparence. Mais elle possédait une présence rare et son regard terriblement perçant semblait voir plus loin que les gens ordinaires. Elle a participé à des expositions prestigieuses. On peut retenir en 1999, Twenty Five Years and Beyond au Flinders University Art Museum (Adelaide) et l’année suivante la prestigieuse exposition Papunya Tula : Genesis and Genius à l’Art Gallery of New South Wales (Sydney). Elle reçoit en 2002 un prix spécial au National Testra Award qui se déroule chaque année au Art Museum de Darwin. La même année un timbre australien reproduit l’une de ses toiles. En 2003, saluée par la critique, elle est élue par un jury de professionnels parmi les 50 « most collectable » artistes australiens. Avant de mourir, elle voit deux de ces œuvres se vendre à près de 150 000 euros aux enchères, une reconnaissance méritée pour cette grande dame du Désert Occidental. Ses œuvres figurent dans d’importantes collections publiques et privées dont : National Gallery of Australia, Canberra Australian National University, Canberra The Holmes a Court Collection Art Gallery of New South Wales, Sydney National Gallery of Victoria, Melbourne Museums & Art Galleries of the Northern Territory, Darwin Australian Institute for Aboriginal and Torres Strait Islander Studies, Canberrra Artbank, Sydney Aboriginal Art Museum, Utrecht, The Netherlands Araluen Art Centre, Alice Springs Griffith University Art Collection, Brisbane Art Gallery of South Australia, Adelaide Helen Read Collection Harland Collection Hank Ebes Collection, Melbourne The Luczo Family Collection, USA University of Technolgoy Sydney Art Collection, Sydney Harvard Art Museums, Cambridge, MA, USA Steve Martin & Anne Springfield Collections, USA Kluge-Ruhe Collection of the University of Virginia, USA University of the Sunshine Coast Collection, Sippy Downs, QLD Luciano Benetton Collection, Venice Gillian & Watson McAllister Collection, Sydney Pat Corrigan Collection, Sydney Jacqui McPhee Collection, Perth Fondation Burkhardt-Felder Arts et Culture, Motiers, Switzerland SmithDavidson Collection, Amsterdam and Miami Prix et Récompenses : 2008 Ian Mclean: Publication: Naata Nungurrayi; Muni (Rita) Simpson; Spinifex Artists Group; Patrick Tjungurrayi. Perth, W.A.: Art Gallery of Western Australia 2008 Western Australian Art Award, Perth - Finalist 2008 25th NATSIAA, Darwin - Finalist 2007 TogArt Contemporary Art Award, Darwin Convention Centre, Darwin - Finalist 2007 24th NATSIAA, Darwin - Finalist 2006 23rd NATSIAA, Darwin - Finalist 2005 22nd NATSIAA, Darwin - Finalist 2004 Top 50 Collectable Artists, Australian Art Collector Magazine 2003 Australia Post International Stamp 2003 20th NATSIAA, Darwin - Finalist 2002 19th NATSIAA, Darwin - Finalist and Highly Commended 2001 18tth NATSIAA, Darwin - Finalist 2000 17th NATSIAA, Darwin – Finalist
Namiyal Bopirri Communauté de Ramingining – Terre d’Arnhem Centrale – Territoire du Nord Namiyal est une femme née dans le Nord est de la terre d’Arnhem vers 1929. A la fin des 1980 elle se met à peindre des écorces sous l’impulsion de son mari, Tony DjiKululu. Elle a d’ailleurs peint en commun des œuvres avec son mari, des motifs appartenant au domaine public, non sacré. Elle réalise aussi des objets en fibre et des gravures. Collections : Art Gallery of South Australia, Adelaide. Gold Coast City Art Gallery, Surfers Paradise, Queensland. Queensland Art Gallery, Brisbane. Kluge Ruhe Collection, Charlottesville, Virginia USA. Linden Museum, Stuttgart, Germany. Museum of Contemporary Art, Ramingining Collection, Sydney. National Gallery of Australia, Canberra. National Gallery of Victoria, Melbourne. National Maritime Museum, Darling Harbour, Sydney. University of Sydney Students Union, Sydney
Nancy Campbell Napanangka (c.1961 - ) Née à Six Mile, Ti-Tree en 1961, Nancy Campbell est une locutrice du warlpiri. Elle n'a pas de liens étroits avec les autres artistes Anmatyerre de Napperby, où elle réside. Son territoire s'étend autour d'Anningie et de Ti-Tree. Ses principaux Rêves sont le pou et le kangourou. Elle peint depuis 1986 et ses œuvres ont été exposées dans plusieurs capitales d'État.
Nancy Tjungupi Carnegie Nancy est née près de Patjarr, à Pandaltjarra, où elle a vécu une vie traditionnelle jusqu'au début de l'âge adulte. On la voit sur des images vidéo tournées par Ian Dunlop en 1965 à Patjarr Creek. Elle était mariée à feu Aubrey Carnegie et laisse derrière elle deux enfants, Jodie et Paul Carnegie, ainsi que de nombreux petits-enfants et arrière-petits-enfants. Nancy peint le Rêve de Tjakura (associé à son lieu de naissance), les Sept Sœurs, Tatjarr et le pays de Patjarr. Peintre prolifique et chasseuse passionnée, elle quitte souvent Patjarr à pied pour traquer le varan (tinka) dans la réserve naturelle isolée de Pila. Nancy est actuellement présidente de la communauté de Patjarr et représente ses intérêts en tant que directrice du centre d'art.
Le thème dont elle s'inspire est traditionnel, Mina Mina et le Rêve du Bâton à Fouir, dont Nancy est l’une des gardiennes mais elle en donne une lecture assez personnelle et très intéressante. Au Temps du Rêve, des Bâtons à Fouir (kuturu) ont émergé de la terre à Mina Mina et Kimayi. Les Femmes vont s’en saisir pour leur voyage vers l’Est. Durant leur périple elles réalisèrent des cérémonies, chantant et dansant et créèrent des sites sacrés comme Janyinki. Elles collectèrent des lianes serpents (Ngalyipi) qui servent dans la pharmacopée aborigène et qui joue un rôle dans les rites féminins. Des arbres de la famille des chênes sauvages prolifèrent à Mina Mina. Ils sont appelés Kurrkapi en Warlpiri. Ils symbolisent l’émergence de ces Ancêtres Bâtons à Fouir. Nancy est une initiée importante vivant dans la communauté de Nyirrpi. En 2007 cette communauté entre sous l'influence d’une communauté aborigène plus importante, celle de Yuendumu et les initiés se voient proposer la peinture. C’est alors que Nancy se lance avec succès dans cette voie. Elle est aujourd’hui l’une des artistes importantes de cette région.
Nancy Nyanyarna Jackson Nancy a commencé à peindre avec Warakurna Artists aux alentours de sa création en 2005. Ses peintures représentent souvent les dunes de sable (Tali) de son pays. L'histoire du Tjukurpa associée à ces représentations reste cependant secrète. Son pays est situé près de la communauté de Patjarr et elle est née dans la brousse, à Kirritji, le territoire traditionnel de son grand-père. Nancy est une figure culturelle importante de la communauté Warakurna ; elle est respectée et digne de confiance pour sa connaissance du territoire et du Tjukurpa. Ses œuvres, ambitieuses par leur taille et leur portée, continuent de jouer un rôle culturel essentiel au sein de la communauté.
Nancy Petyarre Groupe Anmatyerre – Utopia - Désert Central Nancy (née dans les années 1930 – 2009) fait partie des célèbres sœurs Petyarre (Kathleen, Gloria, Ada Bird, Myrtle, Nancy, Violet). Elle s’inspire ici des peintures corporelles qui accompagnent les cérémonies associées au Rêve du Lézard Moloch, principale source d’inspiration des sœurs Petyarre. Collections Museum and Art Galleries of the Northern territory National Gallery of Australia Art Gallery of New South Wales Holmes a Court Coll, National Gallery of Victoria