Makinti Napanangka

Makinti Napanangka Il est des destins qui semblent avoir été dessinés pour l'art bien avant que l'art ne se manifeste. Makinti Napanangka — dont le nom seul dit l'appartenance à un monde : "Napanangka" est l'un des huit noms de peau du système de parenté Pintupi, une désignation qui situe une personne dans le réseau des alliances, des droits et des obligations qui structurent la vie sociale du désert — est née vers 1930, dans la région de Karrkurritinytja, autour du lac MacDonald. Ce grand lac salé, à la frontière entre le Territoire du Nord et l'Australie-Occidentale, à quelque cinq cents kilomètres à l'ouest d'Alice Springs (seule ville dans le centre de l'Australie), est bien plus qu'un lieu de naissance : c'est le centre du monde, l'axe autour duquel toute son existence et toute son œuvre vont graviter. L'incertitude sur sa date de naissance tient au fait que les Aborigènes australiens estiment souvent les dates par comparaison avec d'autres événements, en particulier pour les personnes nées avant le contact avec les Australiens d'origine européenne. Le lieu de naissance lui-même peut être indiqué comme l'endroit où la mère a senti le fœtus bouger pour la première fois, plutôt que le lieu de l'accouchement. Ce flottement chronologique, loin d'être une lacune, dit quelque chose d'essentiel sur la conception du temps et de l'identité dans le monde Pintupi : on n'existe pas à partir d'une date, on existe à partir d'un pays, d'une histoire, d'un réseau de relations. Son premier contact avec des Européens eut lieu quand elle aperçut des hommes voyageant à dos de chameau, non loin du site de Lupul. Cette vision — des silhouettes inconnues sur des animaux inconnus, traversant le paysage familier de son enfance — est la première brèche dans le monde clos et immémorial dans lequel elle a grandi. Le reste suivra, inexorable. Au début des années 1940, alors qu'elle était sans doute au début de la vingtaine, Makinti fut l'une d'un grand groupe de personnes qui marchèrent jusqu'à Haasts Bluff avec son mari Nyukuti Tjupurrula — frère de l'artiste Nosepeg Tjupurrula — et leur fils Ginger Tjakamarra. Ce déplacement, comme celui de tant d'autres familles Pintupi à la même époque, n'était pas vraiment un choix : la sécheresse, la pression exercée par la présence croissante des Blancs sur les terres ancestrales, et le système des postes de rations gouvernementaux qui attiraient irrémédiablement les populations vers les marges de la civilisation occidentale, rendaient la vie nomade traditionnelle de plus en plus difficile à maintenir. Makinti s'installe à Haasts Bluff dans les années 1940 et 1950, puis le groupe se déplace à Papunya à la fin des années 1950. Elle aura plusieurs enfants au fil de ces années : un fils né vers 1940, un deuxième enfant en 1949 à Haasts Bluff, puis Jacqueline Daaru en 1958 à Papunya, et une dernière fille, Winnie Bernadette (Winnie Reid), en 1961 à Alice Springs. Une vie de famille ordinaire et pourtant extraordinaire — car chaque déplacement est aussi un arrachement supplémentaire à la terre matricielle de Karrkurritinytja, au pays de Lupul, aux sites sacrés de son enfance. Ce mouvement vers l'est, ce progressif éloignement du pays d'origine, Makinti le portera en elle comme une blessure et une obsession. Quand elle commencera à peindre, des décennies plus tard, c'est d'abord vers ce pays perdu qu'elle se tournera. Lupulnga — la naissance de Makinti, le trou de roche où elle est née et où ses connexions spirituelles sont les plus profondes — serait le sujet qu'elle tiendrait en mémoire à travers cinquante années de déplacement vers les établissements gouvernementaux. Chaque toile deviendrait un acte de retour. Dans les années 1980, un mouvement de retour aux terres ancestrales, soutenu par le gouvernement australien et par les communautés Pintupi elles-mêmes, permet à Makinti de s'installer à Walungurru — plus connu sous le nom de Kintore — une communauté située à une cinquantaine de kilomètres au nord-est du lac MacDonald, sur le bord du Territoire du Nord. C'est un retour partiel, imparfait, mais c'est un retour. Et c'est là que tout commence, sur le tard. Makinti commence à peindre à Kintore au milieu des années 1990, encouragée par la coordinatrice artistique Marina Strocchi. En 1996, lorsque la toile est régulièrement distribuée aux femmes âgées Pintupi, elle peint avec sérieux. Elle a alors environ soixante-cinq ans. L'art, comme pour Linda Syddick sa contemporaine, arrive après une vie entière vécue, après que tout ce qui nourrira l'œuvre a été accumulé, digéré, transformé. Le projet de peinture collaboratif Haasts Bluff-Kintore était une série de grandes peintures réalisées en 1994 et exposées au Tandanya National Aboriginal Cultural Institute à Adelaide — il marque le début de la participation indépendante des femmes Pintupi au mouvement artistique du Désert de l'Ouest. Jusque-là, les femmes avaient parfois largement travaillé comme collaboratrices sur les peintures de leurs maris et de leurs proches masculins. Makinti Napanangka s'inscrit donc dans un moment historique : l'émergence de la voix féminine Pintupi comme force artistique autonome, reconnue. Au cœur de l'œuvre de Makinti se trouve une histoire : celle des Kungka Kutjarra, les Deux Femmes Ancêtres. Ce Rêve est l'un des grands récits féminins du Désert de l'Ouest, une « Songline » qui trace un chemin à travers des centaines de kilomètres de paysage désertique, reliant des sites de cérémonies, des sources d'eau, des lieux de rassemblement. Les voyages des Deux Femmes couvrent de grandes distances depuis le pays Pitjantjatjara, puis vers le nord-est jusqu'à Haasts Bluff et Papunya et au-delà. Ces journées incluent de nombreux sites cérémoniels et des lieux de collecte de nourriture. Les Deux Femmes chantent le pays. Elles dansent. Elles portent les nyimparra — les jupes de ficelle tressées à partir de cheveux humains — qui virevoltent autour d'elles lors des cérémonies. Et c'est précisément cela que Makinti peint : non pas la figure des Deux Femmes, non pas leur portrait ou leur récit illustré, mais le mouvement de leurs jupes. La matière du signe, et non le signe lui-même. Ses toiles revitalisent les voyages de ses deux ancêtres féminines, les Kungka Kutjarra, tandis qu'elles dansaient à travers le désert. Leurs voyages tracent le réseau des sources d'eau qui soutiennent la vie à travers le paysage aride, et dans les peintures de Makinti, ils sont ancrés à Lupulnga, le trou de roche où elle est née. Il y a dans ce choix quelque chose d'une économie de moyens radicale et souveraine : Makinti ne raconte pas, elle fait sentir. Les lignes qui ondulent sur ses toiles ne sont pas des illustrations d'une histoire — elles sont l'histoire elle-même, ramenée à son essence gestuelle et rythmique. Ce qui frappe immédiatement dans les toiles de Makinti, c'est leur différence. Dans un mouvement artistique — la peinture du désert, née à Papunya au début des années 1970 — où le soin méticuleux du point, la précision du motif, la codification du symbole sont des valeurs souvent cardinales, Makinti choisit la liberté, le geste, l'improvisation. Elle ne se préoccupait pas de la propreté, ni de l'approche méticuleuse "point par point". Ses bandes de lignes peuvent former des arcs et créer des motifs qui se tordent et se courbent. Elle est très différente de tous ses contemporains de l'art aborigène. Cette liberté n'est pas une transgression. Son style gestuel et ses lignes audacieuses ont évolué à partir de la pratique consistant à appliquer des ocres terrestres avec les doigts sur les corps des femmes lors des cérémonies. Les surfaces tactiles de ses toiles portent ce sens du toucher. Makinti ne peint pas avec les yeux d'abord : elle peint avec les mains, avec le corps, avec le souvenir musculaire des gestes cérémoniels. La toile devient une peau à orner, un corps à préparer pour la danse. La répétition de la couleur a un effet semblable à de nombreux corps en danse et révèle le pouvoir intérieur ou spirituel, l'essence, du pays et de l'identité culturelle de Makinti. Sa palette est immédiatement reconnaissable : ses œuvres se distinguent par leurs motifs complexes, parfois rugueux, de lignes pâles, évoquant le trou de roche Lupul, les peintures corporelles des femmes, les jupes de ficelle de cheveux filées à la main et les groupes dansant, sur un fond orange ou ocre avec des éclats de rose, de bleu-mauve et de jaune. Ce sont les couleurs du désert à l'aube, les couleurs de la peau enduite d'ocre, les couleurs de la fête et du sacré mêlés. L'un des chapitres les plus fascinants de la biographie artistique de Makinti Napanangka est celui qui tourne autour d'une opération chirurgicale. Lorsqu'elle commence à peindre dans la seconde moitié des années 1990, une altération permanente de la parole réduit sa voix, et elle est presque aveugle des suites de cataractes. Pourtant elle est déterminée à donner forme à ses terres traditionnelles bien-aimées, Lupulnga. Cette cécité partielle, loin d'interrompre son travail, lui confère une qualité particulière. Les premières œuvres de Makinti — denses, serrées, aux rondelles colorées tassées les unes contre les autres — portent la trace des mains qui cherchent, qui tâtonnent sur la toile, qui construisent par le toucher autant que par la vue. En 2000, une opération lui rendit la vue, laissant entrer la lumière. Là où ses premières œuvres portaient les traces tactiles de mains qui cherchaient, des compositions délicates et lumineuses émergèrent désormais, faisant apparaître les Kungka Kutjarra dansant à travers Lupulnga, débordantes de chant ancestral. Des lignes en éventail jaunes et blanches — ses deux couleurs primaires — dépeignent les jupes bondissantes et fleurissantes des femmes dansantes, exécutées avec une clarté joyeuse. Puis, dans la dernière phase de sa vie, dans ses dernières années, sa main tremblante commença à produire des lignes animées et entrelacées de nyimparra, les jupes de ficelle portées par les femmes ancestrales dansantes. Désormais, la peinture était poussée et tirée avec une force persuasive. On peut voir la trace de cela dans les égratignures profondément gravées sur la toile, où la pression a enfoncé la virole métallique du pinceau dans la peinture humide. Ces égratignures frêles ajoutent une autre dimension au mouvement des femmes ; maintenant la danse est accentuée comme un sismographe enregistre les vibrations dans la terre. Ce sont trois esthétiques successives, trois façons différentes de tenir un pinceau et d'habiter une toile, toutes trois également légitimes, toutes trois portant la marque d'une intégrité absolue. La maladie, la guérison, puis le vieillissement : chaque étape corporelle devient une étape artistique. Le corps de Makinti et son art ne font qu'un. Si la peinture de Makinti a un centre de gravité, un point autour duquel tout gravite, c'est Lupulnga — le trou de roche de Lupul, au sud de Kintore. Ce site est à la fois son lieu de naissance (ou du moins la région d'où elle vient), un lieu sacré des cérémonies des femmes Pintupi, et un point nodal de la Songline des Kungka Kutjarra. Parmi ces motifs associé à ce thème, on trouve aussi le Kuningka — le quoll occidental, un petit marsupial carnivore — représenté par des cercles, autre histoire dont Makinti est la gardienne légitime. Les œuvres de Makinti sont sélectionnées pour cinq expositions consécutives du NATSIAA à partir de 1997. En 2000, elle réalise sa première exposition solo, et ses œuvres sont incluses dans la grande exposition Papunya Tula: Genesis and Genius au musée de Nouvelle-Galles du Sud. Cette exposition est un moment charnière : elle consacre l'histoire de Papunya Tula Artists comme l'un des mouvements artistiques majeurs du XXe siècle, et Makinti y figure parmi les artistes incontournables. La National Gallery of Victoria et l'Art Gallery of New South Wales acquièrent toutes deux leurs premières peintures de Makinti en 1997. Au fil des années 2000, les institutions australiennes et internationales se l'arrachent : le Queensland Art Gallery, le Museum and Art Gallery of Northern Territory, l'Araluen Art Centre d'Alice Springs, le Hood Museum of Art de Dartmouth College aux États-Unis, la Kluge-Ruhe Collection de l'Université de Virginie, la Fondation Burkhardt-Felder en Suisse… De 2003 à 2006, elle est nommée par le magazine Australian Art Collector comme l'une des 50 artistes les plus à collectionner du pays. Et en 2008, la consécration absolue : elle remporte le prix principal aux National Aboriginal and Torres Strait Islander Art Awards, lors de la 25e édition de l'événement — le prix le plus prestigieux de l'art autochtone australien. Ce NATSIAA 2008 mérite qu'on s'y arrête. La toile primée représente Lupulnga — toujours Lupulnga — et elle est peinte par une femme de près de quatre-vingts ans dont la main tremble, dont la voix est altérée, dont la vue n'est revenue que quelques années plus tôt après des décennies d'obscurcissement. Ce prix déterminant pour sa carrière a contribué à mettre en lumière les femmes artistes deu Désert Occidental au sein des récits nationaux de l'art contemporain, non pas simplement comme un appendice des histoires de la création des hommes. C'est une déclaration politique autant qu'esthétique. Pendant des décennies, la peinture du Désert de l'Ouest a été racontée comme une histoire d'hommes : Geoffrey Bardon, le professeur qui a encouragé les premiers peintres à Papunya en 1971, les grands maîtres fondateurs comme Clifford Possum Tjapaltjarri, Johnny Warangkula Tjupurrula, Shorty Lungkarta. Ronnie Tjampitjinpa,... Les femmes existaient, participaient, mais souvent dans l'ombre. Makinti Napanangka, avec ce prix, impose définitivement que l'histoire des femmes Pintupi est une histoire à part entière, d'une richesse et d'une puissance égales. Makinti Napanangka meurt le 9 janvier 2011. Conformément à la tradition aborigène, elle est désignée après sa mort par un autre nom — Kumentje — pour permettre à ceux qui la connaissaient de respecter l'interdit de prononcer le nom d'un défunt durant la période de deuil. La même année, elle est nommée à titre posthume Membre de l'Ordre d'Australie pour "son service aux arts en tant qu'artiste autochtone contemporaine". C'est une reconnaissance de l'État australien — tardive, comme souvent, mais réelle. Son œuvre continue de circuler, d'être exposée, d'atteindre des prix croissants sur le marché international. Des expositions récentes chez Gagosian — l'une des galeries les plus puissantes du monde — à New York et Hong Kong ont encore élargi son rayonnement, faisant entrer Makinti dans le panthéon mondial de l'art contemporain, aux côtés d'artistes dont aucun n'a grandi en marchant pieds nus dans le désert de Gibson. Ce qui distingue Makinti Napanangka de ses contemporains, en fin de compte, tient à plusieurs éléments qui se renforcent mutuellement. D'abord, la radicalité de son choix formel. Dans un mouvement artistique qui a tendance, à mesure qu'il se professionnalise et qu'il répond aux attentes du marché international, à se standardiser, à produire des œuvres reconnaissables et vendables, Makinti choisit la singularité absolue. Pas de points, ou presque. Pas de motifs géométriques répétitifs. Des lignes qui vibrent, des arcs qui s'étirent, un rythme qui ressemble à une respiration ou à un battement de cœur. Ensuite, l'ancrage dans le corps et la cérémonie. Là où beaucoup de peintres du désert ont une relation essentiellement mentale à leurs motifs — ils représentent des lieux, des voyages, des histoires — Makinti a une relation physique, charnelle, à ce qu'elle peint. Les nyimparra ne sont pas un sujet pour elle : ce sont des objets qu'elle a fabriqués, portés, fait tournoyer dans les danses cérémoniales. Elle ne les représente pas — elle les rejoue. Enfin, la capacité à se renouveler. Trois phases artistiques distinctes — la période des rondelles serrées de la cécité partielle, la période lumineuse de l'après-opération, la période des lignes tremblées de la vieillesse — montrent une artiste qui ne se répète pas, qui laisse son corps et sa vie transformer son art plutôt que de figer une formule gagnante. Makinti Napanangka a commencé à peindre à soixante-cinq ans, presque aveugle, dans une communauté du désert australien. Elle est morte à plus de quatre-vingts ans, reconnue par les plus grandes institutions artistiques du monde. Entre ces deux points, une décennie et demie de création d'une cohérence et d'une intensité rares — une peinture qui ne cherche pas à plaire, qui ne cherche pas à expliquer, mais qui restitue, avec une économie de moyens souveraine, le frémissement des jupes qui dansent, le pays qui attend, et les deux femmes qui chantent en marchant vers Lupul. Prix et Récompenses : 2011 Appointed Member of the Order of Australia 2010 Alice Prize, Alice Springs - Finalist 2010 Western Australian Art Prize - Finalist 2009 TogArt Contemporary Art Award, Darwin Convention Centre, Darwin - Finalist 2009 26th NATSIAA, Darwin - Finalist 2009 Desert Mob, Alice Springs - Finalist 2008 25th NATSIAA, Darwin - Winner 2006 Desert Mob, Alice Springs - Finalist 2006 Top 50 Collectable Artists, Australian Art Collector Magazine 2005 Top 50 Collectable Artists, Australian Art Collector Magazine 2004 Wynne Prize, Art Gallery of NSW - Finalist 2004 Top 50 Collectable Artists, Australian Art Collector Magazine 2003 Top 50 Collectable Artists, Australian Art Collector Magazine 2003 20th NATSIAA, Darwin - Finalist 2003 Clemenger Contemporary Art Award, National Gallery of Victoria, Melbourne - Finalist 2002 19th NATSIAA, Darwin - Finalist 2001 18th NATSIAA, Darwin - Finalist 1998 15th NATSIAA, Darwin - Finalist 1998 Desert Mob, Araluen Art Centre, Alice Springs - Finalist 1997 14th NATSIAA, Darwin - Finalist 1997 Desert Mob, Araluen Art Centre, Alice Springs - Finalist Collections National Gallery of Victoria, Melbourne Art Gallery of New South Wales, Sydney Queensland Art Gallery, Brisbane Museum & Art Gallery of the Northern Territory, Darwin Macquarie Group Collection Shell Aboriginal Art Fund Collection The Henderson Family Collection, Sydney Owen Wagner Collection of Australian Art Dr Peter Elliot Collection, Sydney Hank Ebes Collection, Melbourne The Luczo Family Collection, USA Parliament House Collection, Canberra Araluen Art Centre, Alice Springs Hood Museum of Art, Dartmouth College, Hanover, NH, USA Counihan Gallery, Melbourne Charles Darwin University, Darwin Griffith University Art Collection, Brisbane Pat Corrigan Collection, Sydney Jacqui McPhee Collection, Perth Shepparton Art Museum, Shepparton VIC Murray Art Museum, Albury Kluge Ruhe Aboriginal Art Collection, University of Virginia, USA Fondation Burkhardt-Felder Arts et Culture, Moitiers, Switzerland Steve Martin & Anne Stringfield Collection, New York Araluen Arts Centre, Alice Springs British Museum, Londres Flinders University Art Museum, Adelaide, Tasmanian Museum and Art Gallery, Hobart

MALAWAN MARIKA

Mawalan Marika (vers 1908-1967), chef de cérémonie, activiste politique et artiste, était le chef du clan Rirratjingu, en Terre d'Arnhem Orientale, dans la région de Yirrkala. C’est là qu’une mission voit le jour au milieu des années 1930. La mission attire les non Aborigènes et Mawalan prend l’habitude de jouer les intermédiaires entre eux et les Aborigènes. Ces contacts seront utiles plus tard quand, au sein de la mission, et aux contacts d’anthropologues, les initiés sont poussés à peindre sur écorce, à la fois pour conserver les traditions, les faire connaître, notament au travers des acquisitions par les musées. À la fin des années 1940, il contribue ainsi à la réalisation d’un bel ensemble de dessins au crayon (365 en tout ) réalisés pour les anthropologues Ronald et Catherine Berndt et a peint de grandes œuvres sur écorce pour l’ Art Gallery of New South Wales. Il contribue aux paneaux de l'église méthodiste de Yirrkala. Mawalan a également utilisé la peinture de façon inovante, mettant en scène des événements de sa vie comme sa visite Sydney, en 1961, où il est invité pour l’inauguration d’une exposition. C’est tout une série de peintures qui voit le jour et montrant sa vision de la ville mais avec une vision aborigène, des motifs traditionnels. Il n’est pas seulement connu comme un des artistes importants du nord de l’Australie mais aussi pour son influence et pour avoir été l’un des contributeurs de la pétition, rélaisée sur écorce, mélant ainsi la tradition à la politique, qui vise à obtenir des droits fonciers pour les Aborigènes. C’est un événement imprtant et très connu dans l’histoire récente de l’Australie. Ses œuvres figurent dans de nombreuses collections prestigieuses et cette écorce rappelle celle figurant dans les collections de l’Université de charlottesville (Kluge Ruhe collection

Malawan Marika 2

Mawalan est né à Port Bradshaw le 19 décembre 1957. Il est le fils aîné de l'artiste très célèbre Wandjuk Marika et le neveu de Banduk Marika. Son nom vient du mawalan, le Bâton à Fouir, utilisé au Temps du Rêve par les Ancêtres Djang’kawu. Comme les autres artistes de sa famille, Mawalan Marika crée des peintures sur écorce d’eucalyptus, qu'il produit principalement jusqu'à la fin des années 1980, date après laquelle il ne peint plus que par intermittence. Il a toutefois créé des peintures pour l'exposition itinérante « Saltwater » (1999-2000) organisée par le centre d’art de Yirrkala et ensuite été acquises par le Musée national de la marine de Sydney. Il s’est aussi beaucoup investit dans la vie communautaire et joue un rôle important dans la vie cérémonielle. Coll : Kluge-Rhune, MAGNT, AGNSW, NGA, NMA

MALCOM MALONEY JAGAMARRA

Malcolm Maloney Jagamarra Malcolm est métis, fils de Minnie Napanangka, une femme Warlpiri et Gerry Maloney, un écuyer irlandais. Il a vécu sa jeunesse de façon traditionnelle. Malheureusement, dans le cadre du «Programme d'assimilation autochtone», de nombreux les enfants métis ont été enlevés de force à leur famille et placés dans un milieu «blanc» pour être assimilés. À l'âge de six ans Malcolm est enlevé et emmené à Adélaïde où il passe les dix-huit années suivantes de sa vie. En 1975, il débute sa carrière de footballeur professionnel dans le nord d'Adélaïde. En 1978, Malcolm retourne dans le désert et retrouve finalement sa famille. En 1983, Malcolm est initié. On lui enseigne alors les chants secrets, les danses et les histoires de son groupe. En 1985, Malcolm fait ses premières tentatives artistiques. Après ce qu'il décrit comme un «moment de désespoir» son oncle Willie Reilly Japanangka le prend sous son aile. Willie Reilly a été l'une des premières personnes à commencer à peindre dans la communauté de Willowra. Du fait de son éducation à la fois traditionnelle et occidentale, Malcolm va explorer de nouvelles voies, notamment en utilisant l’huile plutôt que l’acrylique et va donner des formes particulières à sa peinture. Peu à peu il s’impose comme un artiste important. Il réalise de nombreuses résidences pour des galeries et à le droit à une large couverture médiatique. Il travaille pour des logos, des événements nationaux. Suite à des problèmes de santé il met fin à sa carrière. Collections : Charles Sturt University. Macquarie University. The Kelton Foundation. Australian Embassy, Art Gallery of New South Wales. Professor Fishe Collection. Berkeley Editions.

Mantua James Nangala

Mantua James Nangala (c. 1957 - ) Mantua est née vers 1959. Vivant dans le bush de façon traditionnelle et nomade, sa famille prend contact avec la civilisation occidentale quand une patrouille amène sa famille à Papunya. Nous sommes alors en 1963. Les membres de sa famille comptent un grand nombre d’artistes célèbres dont son père Anatjari Tjampitjinpa ou son frère Ray James Tjangala ou Yinarupa Nangala. Elle vit aujourd’hui à Kiwirrkura, l’une des communautés les plus isolées. La plupart de ses toiles s’inspirent des Cycles Tingari associés aux sites de Tjulna, Wala Wala ou Yanula.

MANYITJANU LENNON

Manyitjanu Lennon peint souvent le pays de sa mère à l’ouest de Kaltjiti et au sud de Watarru, dans le sud de l’Australie. C’est une peinture décrivant le site de Mamungari’nya. Comme le décrit Manyitjanu: «Mamungari’nya est très loin. Il se trouve de l'autre côté des dunes de sable, au-delà de Tipilnga, un endroit où poussent de nombreux arbres blancs (des gommiers). C'est l'endroit où les femmes sont venues et ont été transformées en ces magnifiques arbres que sont les gommiers, sur la dune de sable au sud de Watarru - c'est une histoire de tjukurpa. C’est donc à Mamungari’nya que poussent beaucoup de jeunes gaules et de buissons d’émeu. C’est un site appartenant aux femmes. ’ Manyitjanu Lennon est née le 9 décembre 1940. Elle est originaire des terres d'Anangu Pitjantjatjara Yankunytjatjara en Australie centrale et méridionale. Elle possède de vastes connaissances tribales. Manyitjanu vit aujourd'hui dans la communauté de Kaltjiti, également connue sous le nom de Fregon. Comme beaucoup d’Aborigènes de cette génération, Manyitjanu est née et a grandi dans le désert. Elle menait une vie relativement traditionnelle, apprenait sa culture et ses coutumes et savait survivre dans des conditions difficiles. Finalement, sa famille s'est installée dans une communauté aborigène sur les terres traditionnelles de son groupe, Quand elle était enfant, ses tantes l’emmenaient de Watarru à Ernabella où elle a appris à confectionner de nombreux objets d’artisanat, tels que la confection de mocassins et de coussins à partir de peaux de kangourou, la teinture de batik et la sculpture sur bois. Elle s'est mariée et a déménagé à Fregon lors de la création de cette commauntéen 1961. Elle a été impliquée dans le chœur de Fregon : beaucoup de communautés aborigènes de cette région ont des chorales et aime s'investir dans la vie sociale et économique à Fregon. Elle continue à réaliser des sculptures en fibre ou en bois et connait un certain succès en tant que peintre.

MARCEENA JACK

Marceena Jack Marceena a débuté son apprentissage de la céramique à l'école d'Ernabella, dans le cadre du programme de l'école de poterie Pukatja. Après le lycée, elle a rejoint le centre d'art. Son grand-père, Rupert Jack, a présidé Ernabella Arts en 2015, et sa mère, Yaritji Jack, travaille également à l'atelier de céramique. Marceena est une artiste céramiste et peintre émergente. Début 2017, elle a piloté la création d'un mur de carreaux de 9 mètres pour le site d'Uluru (Ayers Rock), récemment rénové. Vingt-cinq autres femmes d'Ernabella ont collaboré avec elle à la création de plus de 485 carreaux, inspirés de son motif « tjanpi ». Marceena fait également partie des jeunes femmes d'Ernabella qui développent leurs compétences en tournage. Elle a animé plusieurs ateliers pour transmettre ce savoir-faire à des jeunes filles scolarisées. En 2019, Marceena, accompagnée de deux autres jeunes femmes d'Ernabella, a participé à la résidence d'artistes JamFactory, proposant des ateliers de travail des métaux et de céramique dans le cadre du festival Tarnarthi. Les bijoux en céramique créés ont été exposés à Wanapari, alignés les uns après les autres, aux côtés de peintures d'artistes confirmées d'Ernabella Arts.

MARGARET BROWN NANGALA

Margaret Brown Margaret Brown Nangala est née à Papunya en 1968 et est originaire de la communauté de Kiwirrkurra, située dans le désert occidental d'Australie centrale. Elle a collaboré avec plusieurs galeries, mais travaille en étroite collaboration avec Ikuntji Artists depuis quelques années. Elle se rend régulièrement à Haasts Bluff depuis de nombreuses années. Margaret est la nièce d'Alice Nampitjinpa Dixon, du côté de son père. Elle se souvient de ses promenades avec Alice à Haasts Bluff lorsqu'elle était plus jeune. Margaret se souvient d'être venue admirer Alice et son groupe en train de peindre. « J'ai été touchée par la beauté des peintures d'Alice. C'est alors que j'ai commencé à peindre. » Dans ses œuvres, Margaret représente généralement des cérémonies féminines ; cependant, elle illustre également le Cycle de Tingari, qui relate l'histoire du Temps du Rêve d'un groupe d'êtres ancestraux ayant émergé de la terre lors de la création. Ce cycle est connu sous le nom de Tjukurrpa. Ses œuvres représentant des cérémonies féminines illustrent des sites cérémoniels proches de ses terres natales de Kiwirrkurra. Cette région est réputée pour ses dunes de sable. Les femmes ancestrales Tingari ont traversé ce pays en se rendant à Wilkinkarra.

MARGARET BROWN NAPANGARDI

Margaret Napangardi Brown (1940-2013) est née à Mount Doreen Station, un vaste élevage de bétail situé à environ 55 km à l'ouest de Yuendumu, une communauté aborigène isolée à 290 km au nord-ouest d'Alice Springs, dans le Territoire du Nord australien. Elle était l'aînée de quatre enfants. Durant son enfance, Margaret voyageait avec sa famille autour de Yuendumu et Nyirripi, où elle découvrait des sites et recevait un enseignement traditionnel. Margaret a épousé Pegleg Jampijinpa, un artiste Pintupi reconnu, décédé début 2006. Ils vivaient à Yuendumu et avaient deux enfants, une fille et un garçon. Après le décès de son mari, Margaret s'est installée à Nyirripi, une communauté aborigène située à 170 km au nord-ouest de Yuendumu, pour se rapprocher de sa fille, Joy Nangala Brown, une artiste également. Quand elle ne peignait pas, Margaret aimait s'occuper de ses petits-enfants et aller chasser.

MARGARET INYIKA WELLS

MARGARET INYIKA WELLS Margaret est une artiste peintre confirmée travaillant à Ernabella Arts. Ses toiles vibrantes et minutieuses, représentant des paysages, reflètent sa personnalité exubérante. Elle possède une connaissance approfondie de la culture locale. Elle passe ses week-ends à collecter des fourmis à miel et des larves de witchetty avec ses petits-enfants sur les terres ancestrales voisines. Margaret est née à Haasts Bluff, sur les terres de son père, puis a déménagé à Papunya lors de la création de la nouvelle colonie. Elle a été scolarisée à Papunya avant de s'installer à Areyonga avec sa famille. Après avoir terminé ses études à Areyonga, elle est partie à Darwin pendant douze ans pour se former comme infirmière. De retour à Alice Springs, elle a retrouvé sa famille. Elle a ensuite déménagé à Pukatja (Ernabella), sur les terres de sa mère, avec son frère, Kunmanara Jangala Carroll, également artiste confirmé. Elle s'est mariée à Ernabella et a aujourd'hui six petits-enfants.

MARGARET LEWIS NAPANGARDI

Margaret Lewis Napangardi Margaret Napangardi Lewis est née à la station Mount Doreen vers 1956, une station d'élevage extensif à environ 55 km à l'ouest de Yuendumu, dans le Territoire du Nord. Margaret a voyagé à travers le pays avec ses parents et est allée à l'école à Papunya puis à l'école locale à Yuendumu. Elle est la fille de Paddy Japanangka Lewis, un homme de loi important qui à la fin de sa vie deviendra un peintre réputé. Margaret a deux frères, John (qui peint aussi de façon occasionnel) et Willy et une soeur Dorothy Napangardi Robertson, l’une des artistes aborigènes les plus célèbres. Margaret est une partage son temps entre Nyirripi, Yuendumu et Alice Springs. Elle commence à peindre dans le milieu des années 1980. Elle a également participé à un programme de réalisation de batiks. Mais c’est seulement en 2007 qu’elle se met à produire de façon plus régulière et encore d’avantage après le décès de sa sœur en 2013. Bien que s’inspirant de thèmes classiques, comme le site de Mina Mina, le Rêve de la Liane Serpent, le Rêve de Femmes, ou encore Rêve de Tomate Sauvage, Margaret donne souvent une lecture personnelle à ses compositions. Elle a parfois assisté sa sœur et sa cousine (mais sœur clanique), Judy Watson Napangardi. Coll : South Australian Museum, Artbank,

MARGARET SCOBIE

MARGARET SCOBIE Ethnie Anmatyerre – Utopia – Désert Central Margaret Scobie est née en 1948. Elle est originaire de la communauté d’Utopia mais elle suit des études à Alice Springs et s’y installe rapidement. Elle est la cousine des célèbres sœurs Petyarre dont elle s’est probablement inspirée pour la thématique de sa série Bush Medecine Leaves représentant un tapis de feuilles. Ce thème est le plus recherché chez Margaret qui néanmoins s’inspire d’autres Rêves comme celui de la Fourmis à Miel.

MARGY WILLIAMS COOPER

Margy Williams-Cooper Margy est née à Alice Springs en 1978. Son père, Kelly Williams, est originaire de Pukatja (Ernabella), en Australie-Méridionale, et sa mère, Aleen Cooper, d'Irrunytju (Wingellina), en Australie-Occidentale. Margy a grandi avec sa grand-mère, Kuntjil Cooper Napurulla, sur le territoire d'Irrunytju. Sa grand-mère était présente en 1920 au point d'eau d'Irrunytju et était une artiste Pitjantjatjara reconnue, possédant une connaissance approfondie du territoire d'Irrunytju. Margy se souvient d'avoir regardé sa grand-mère peindre dès son plus jeune âge, de l'aider avec des verres d'eau et d'écouter ses histoires. C'est de sa grand-mère que Margy a reçu le Tjukurrpa (rêve) de Minyma Kutjara (Deux Sœurs). Depuis le décès de sa grand-mère, Margy continue de peindre ce Tjukurrpa. En 2017, elle est venue à Ikuntji (Haasts Bluff) où elle vit maintenant avec son partenaire, Joseph Zimran.

MARIA BROWN NAMPIJINPA

Maria Nampijinpa Brown est née en 1973 à l’hôpital d'Alice Springs Hospital, le plus proche hôpital de Yuendumu, la communauté dont elle est originaire. Elle est la fille de Wendy Nungarrayi Brown et la petite fille de Paddy Japaljarri Sims et Bessie Nakamarra Sims deux grands initiés qui ont joué un rôle important dans la création du mouvement artistique dans le sud du désert du Tanami. . Il est donc naturel qu'elle se mettre à la peinture (à partir de 2005), Elle représente en général le « Pamapardu Jukurrpa » (Flying Ant Dreaming ou Rêve de la Fourmi Volante) associé au site de Wapurtali, à l'ouest de Yuendumu. 'Pamapardu' est le nom Warlpiri pour les fourmis volantes ou les termites qui construisent les grandes fourmilières. Ce pays appartient aux femmes Nakamarra / Napurrurla et aux hommes Jakamarra / Jupurrurla. Ces termites construisent des monticules de terre ('mingkirri'). Quand les pluies abondantes arrivent en été, les 'mingkirri' sont inondés. Ils leur poussent alors des ailes et s'envolent pour former de nouvelles colonies. Quand ils ont trouvé leur nouvelle habitat, leurs ailes tombent. A ce stade, ils peuvent être récoltés, légèrement cuits dans des charbons et mangés. Dans les peintures les cercles concentriques sont utilisés pour représenter le 'mingkirri' et les trous de roches impliqués dans l'histoire, y compris celui central de Wapurtali (Mt Singleton). Les tirets sont souvent représentés autour des cercles pour représenter le «pamapardu».

Marie Abbott

Marie (Ramjohn) Abbott (1953 - ) Groupe Aranda – Hermannsburg – Désert centrale Marie est la fille d’Arthur et katie Abbott et le frère de Clem Abbott. Les membres de cette famille peignent en général des paysages figuratifs à l’aquarelle mais il arrive à Marie de peindre de façon symbolique et pointilliste ou de mixer les différentes tecnhiques. Elle travaille en parallèle à sa carrière d’artiste dans le milieu médical.

Maringka Baker

MARINGKA BAKER Née vers 1952 sur le site sacré de Kaliumpil, au cœur des terres rouges du désert australien, Maringka Baker a grandi entourée de récits, de chants et de gestes transmis par ses aînés. Fille adoptive d’Anmanari Brown, elle a appris très tôt que peindre n’était pas seulement un art : c’était une manière de porter en elle le souffle du Temps du Rêve, ce lien immémorial qui relie les peuples aborigènes à leur terre et à leurs ancêtres. Elle ira à l’école à Warburton mais s’enfuit pour rejoindre des parents à Ernabella. Plus tard, elle s'installe à Kaltjiti, où elle termine ses études et obtient un emploi à l’école. Elle est la nièce par alliance (en fait son premier meurt alors que leur fille Elaine est toute jeune, elle se remarie plus tard avec Douglas Baker) de Jimmy Baker, un artiste important (décédé) dont les enfants peignent aussi avec succès aujourd’hui. Elle va travailler un moment à la clinique de la communauté d’Irrunytju après l’obtention d’un diplôme. Elle s’installe ensuite avec son mari à Kanpi. C'est là à Kanpi, dans les APY Lands (Anangu Pitjantjatjara Yankunytjatjara) que Maringka trouve sa propre voix picturale, en 2004. Ses toiles se distinguent immédiatement dans le paysage artistique de la région. Là où beaucoup d’artistes privilégient la puissance des rouges, des jaunes et des ocres brûlants, Baker ose l’éclat inattendu du vert. Ce vert, rare dans l’art du désert, devient chez elle une lumière intérieure : il surgit sur la toile comme une promesse d’oasis, comme une pulsation de vie au milieu des dunes arides. Ses œuvres ne sont pas de simples surfaces colorées. Ce sont des cartographies spirituelles. Les cercles soigneusement tracés marquent les sites sacrés et les lieux de passage des ancêtres. Les lignes, horizontales ou verticales, organisent l’espace comme une partition. Chaque point, chaque teinte est un souffle de récit, une empreinte du mythe. Parmi les histoires qu’elle peint, l’une revient souvent : celle des Deux Sœurs (Minyma Kutjara Tjukurpa), voyageant à travers le désert pour façonner le monde. Ce qui la distingue des autres artistes des APY Lands, c’est cette audace douce, cette manière d’introduire dans l’aridité du désert une vibration de fraîcheur. Là où d’autres transmettent le feu, Maringka transmet la respiration. Son style ne cherche pas la rupture avec la tradition, mais il l’élargit, il l’ouvre à de nouvelles harmonies, inattendues mais profondément enracinées dans le sol rouge du désert. Elle s’inspire parfois de son Rêve de Dingo et raconte la création de collines par les Ancêtres Dingos. Parfois aussi elle décrit son Rêve des 7 sœurs (Kungkarrakalpa en Pitjantjatjara). L’autre thème de prédilection de cette artiste relate l’histoire de deux Sœurs (Minyma Kutjara Tjukurrpa) qui retournent chez elle, un récit qu'elle transmet avec délicatesse et fidélité culturelle, sans briser le mystère, juste donner quelques détails : L’une des Sœurs va fabriquer des bâtons à fouir. La terre qui a vu ces événements est Wingelina. C’est surtout la façon très particulière de détailler le désert, de montrer les plantes en pleine floraison à l’aide de couleurs vives, qui ont fait son succès. Les toiles sont parfois dominées par les verts, souvent crus, qui tranchent avec la production des autres artistes aborigènes ; mais Maringka aime tout autant le rouge. Chez elle, rarement de lignes tracées à la brosses, mais juste des points, déposés en ligne qui forment des diagrammes, qui découpent la toile en grandes ou petites surfaces géométriques, des carrés ou des rectangles. Seuls quelques motifs, des petits cercles concentriques et les formes en fer à cheval (qui symbolisent les femmes ou les hommes autant que les Ancêtres) se dégagent. Les lignes sont rarement très droites et leurs mouvements légers renforcent encore l’effet pulsatile de ses compositions. Dans l’étendue minérale, où le rouge consume l’horizon, une femme trace des cercles de lumière. Ses toiles sont des chants posés sur la toile, des voyages immobiles, où les Deux Sœurs avancent encore, creusant vallées et collines de leurs pas invisibles. Chaque œuvre est un voyage intime : une fresque où le vert murmure la vie, le rouge sculpte la terre, et l’ocre retient le souffle des ancêtres. Maringka Baker ne peint pas seulement avec de la couleur : elle peint les voix invisibles des Ancêtres, et nous invite à marcher avec elle dans ce désert qui respire encore. Très bientôt, plus personne ne foulera ce territoire mais la présence des Ancêtres du Rêve va rester et surtout les œuvres de Maringka et des autres artistes resteront pour témoigner et peut-être nous faire toucher un peu de cette magie. Ses œuvres, désormais présentes dans de nombreuses collections australiennes et internationales, séduisent par leur puissance esthétique autant que par leur charge symbolique. Maringka Baker occupe une place singulière dans l’art aborigène : à la fois fidèle aux récits ancestraux et innovante dans son langage plastique, elle s'est considérée comme l’une des artistes majeures des APY Lands. Ses œuvres entrent ainsi dans d’importantes collections privées et publiques et s’exposent régulièrement dans son pays comme en dehors de l’Australie. PRIX : 2022 Connection | Songlines from Australia's First Peoples in a spectacular immersive experience, National Museum of Australia, Canberra 2018 Wynne Prize, Art Gallery of NSW, Sydney - Finalist 2009 26th NATSIAA, Darwin – Finalist Collections : Artbank, Sydney Araluen Collection, Alice Springs Pat Corrigan Collection, Sydney Luciano Benetton Collection, Venice Shepparton Art Museum, Shepparton VIC Australian National University, Canberra Harriett & Richard England Collection Lagerberg-Swift Collection, Perth Levi & Kaplan Collection, Seattle, USA Marshall Collection, Adelaide National Gallery of Australia, Canberra National Gallery of Victoria, Melbourne South Australian Art Gallery, Adelaide Merenda Collection, University of Canberra, Canberra

MARISSA THOMPSON ANGAPIYA

MARISSA THOMPSON ANGAPIYA Marissa est née en 1985 et a grandi entre les terres ancestrales de sa famille et Ernabella. Elle a fréquenté l'école Kenmore Park Anangu. Son père a joué un rôle essentiel dans le mouvement pour les droits fonciers des APY, et sa mère, Carlene Thompson, est une ancienne présidente d'Ernabella Arts et une artiste reconnue d'Ernabella. Marissa a quatre sœurs, dont trois sont également artistes au centre d'art. Elle a deux jeunes enfants avec son conjoint. Marissa a réalisé sa première peinture à Ernabella Arts en 2007 et sa première céramique en 2009. Elle a participé activement aux deux premiers ateliers du projet de joaillerie autochtone à Ernabella. Ses bijoux intègrent de la résine, des sculptures traditionnelles sur bois et des motifs coulés en argent. Ses bijoux ont été exposés à la Jam Factory dans le cadre du festival Tarnanthi en 2015. Le style artistique de Marissa, tant en céramique qu'en peinture, est d'une précision remarquable. Ses œuvres représentent souvent des tatgu (gousses d'eucalyptus), des kurparu (pies), du tjanpi (herbe) et parfois des minyma inma (cérémonie des femmes), des têtards, le serpent arc-en-ciel et des maku (larves de witchetty). Marissa est également une céramiste talentueuse, travaillant la céramique à la main. Les céramiques de Marissa continuent d'être exposées en Australie et à l'étranger, notamment en Belgique et à Macao en 2021.

MARITA MARSHALL NAPANANGKA

Marita Napanangka Marshall est née en 1990 à Yuendumu, une communauté aborigène isolée située à 290 km au nord-ouest d'Alice Springs, dans le Territoire du Nord australien. Elle est la fille de Monica Napaljarri Nelson et de Bruce Marshall (décédé). Elle a une sœur et deux frères. Elle a fréquenté l'école locale de Yuendumu avant d'intégrer le Yirara College, un internat pour élèves autochtones issus de communautés isolées. Après ses études, elle est retournée à Yuendumu et a travaillé pour le projet de développement communautaire et d'emploi de Centre Link. Marita a commencé à peindre en 2008, peu après avoir quitté l'école. Elle peint les Yuparli Jukurrpa (Rêves de la Banane Sauvage) de son père, des « Rêves » intimement liés à sa terre, à ses caractéristiques et à la faune et la flore qui la peuplent. Ces histoires lui ont été transmises par son père et son grand-père depuis des millénaires. Passionnée de peinture et de couleurs, elle utilise une palette libre pour représenter son iconographie traditionnelle, tout en développant un style moderne et personnel, intégrant motifs et dessins dans divers contextes. Marita s'est installée à Nyirripi en 2018 pour rejoindre sa mère.

Marjorie Williams

Marjorie Williams Marjorie n’est pas seulement peintre. Elle est une initiée respectée pour ses connaissances et traduit des livres en plusieurs langues aborigènes comme le Luritja, le Pitjantjatjarra.

MARK MORRIS

MARK MORRIS Mark Morris est un propriétaire traditionnel de Pukatja. Il est le gardien des récits du Temps du Rêve pour cette partie des terres APY et affirme « veiller sur ce lieu ». Son grand-père est Pitjatjatjara et sa grand-mère Yankuntjatara. Mark est l'aîné d'une fratrie de quatre. Il entretenait une relation très spéciale avec son grand-père avant son décès. Son « tjamu » (grand-père) l'emmenait camper deux ou trois nuits pour lui enseigner les techniques de chasse ancestrales et la fabrication d'armes traditionnelles anangu. Mark raconte que son grand-père lui disait souvent qu'il était « fatigué » de fabriquer des armes et le lui confiait pour qu'il les termine et apprenne. Aujourd'hui, Mark est un excellent armurier, perpétuant cette tradition grâce à son habileté.

MARK NODEA

Mark Nodea Groupe Linguistique : Gija (Kitja)/ Walmadjarri – Région de Turkey Creek – Kimberley Marc est né en 1968. Il tient de sa mère, Nancy Nodea, des droits sur Texas Downs, l’un des sites clés de Kurill Kurill. Son père est un Walmajarri, un homme du sud du Kimberley. Il a remporté des prix artistiques. Collections : Laverty Coll, Sydney Australie Ross Jones Collection Australie Art Gallery of Queensland, Brisbane Australie

MARSHALL WILLIAMSON

Marshall Williamson Marshall réside à Amata, mais se rend fréquemment à Pukatja pour voir sa famille, dont plusieurs membres sont des artistes reconnus d'Ernabella Arts, notamment Carlene et sa fille Vivian Thompson. Marshall aime peindre l'histoire du Kaliny-kaliny, du nom d'un aliment traditionnel du bush anadrome des Anangu.

MARTHA POULSON NAKAMARRA

Martha Poulson Nakamarra est née à Yuendumu en 1949 avant de s’installer définitivement à Ali Curung (alors connu sous le nom de Warrabri). Les peintures de Martha reflètent son amour profond pour le paysage du centre de l’Australie, les animaux et les nombreux aliments du bush dans la région d’Ali Curung et de Wycliffe Well. Martha a commencé à peindre en 2003 au Ali Curung Old Women’s Centre, avant de devenir membre fondateur du Arlpwe Art and Culture Centre en 2008. Après avoir peint initialement les histoires traditionnelles du Temps du Rêve, le travail de Martha se concentre désormais sur ses souvenirs de chasse et de collecte de nourriture avec les personnes âgées de Yuendumu. Yuparli (banane sauvage), ngayaki (tomate sauvage) et d’autres plantes et éléments du paysage prennent vie avec une touche de fraîcheur et de poésie. Martha crée un espace fantaisiste pour jouer avec les motifs et des perspectives modifiées, où parfois apparaissent des motifs sacrés produisant un monde surréaliste. Parfois, ses peintures semblent pouvoir être l’œuvre de plusieurs artistes tant elle est capable de peindre plusieurs séries très différentes et dans une même série de faire un mélange de style. Elle essaie toujours de capturer l'essence même de son environnement. Parfois, plus qu'une image d'un paysage réel, elle dépeint sa relation à celui-ci, avec une grande attention aux qualités changeantes de la lumière et des couleurs. Mariée au frère aîné de Neville Poulson, elle vit à Alicurung et se rend à Yuendumu pour rendre visite à sa famille.

MARY BROWN NAPANGATI

Mary Brown Napangati Mary est née dans le bush près de Wilkinkarra vers 1949. Elle est la fille d’Arthur Patuta Tjapanangka, un homme du groupe pintupi et d’une femme du groupe Warlpiri, Yurlanti Napuurula. Par sa mère elle est la nièce de deux peintres / initiés importants : l’artiste de Balgo Donkeyman Lee Tjupurrula et celui de Kintore Johnny Yungut Tjupurrula (marié à Walangkura Napanangka). Mary a passé sa jeunesse dans un environnement où l'art n'était pas un simple objet, mais le vecteur d'une transmission culturelle et spirituelle. Ses premières années, vécues loin de tout contact avec la société occidentale, ont forgé une connexion profonde avec la terre, ses légendes, et ses chants. Cette enfance, à la fois dure et riche, est la source d'où jaillit son œuvre. Alors qu’elle n’est encore qu’une jeune fille, sa famille “sort” du désert pour rejoindre la ferme d’élevage de Mt Doreen où ils restent un moment. Puis elle ira à l’école à Yuendumu. Puis elle rejoint la petite communauté de Nyirrpi pour se marier avec l’homme qui lui est promis, Pegleg Tjampitjinpa. Finalement elle se marie avec le frère clanique de Pegleg, Joe Tjampitjinpa. Après le décès de ce dernier, lors d’une visite à Kintore elle y rencontre Ronnie Tjampitjinpa, un peintre très célèbre et ils se marient (c’est la troisième femme de Ronnie, la première étant décédèe). Elle se met à peindre en 1998 (deux ans seulement après l’introduction de la peinture chez les femmes pintupi). Mais sa production reste limitée, Ronnie gagnant très bien sa vie. La santé de Ronnie déclinante, puis son décès, accélère sa carrière d'artiste. Au cœur de l'art de Mary Brown Napangati se trouve le concept du "Dreamtime", ou Temps du Rêve. Il ne s'agit pas d'un simple rêve, mais de la période mythique de la création du monde, où des ancêtres spirituels ont façonné le paysage. Ces récits sont inscrits dans la terre, et pour Mary, la peinture est une manière de les rendre visibles, de les incarner. Elle s’inspire souvent d’histoires de quête de nourriture (Bush Tucker, incluant à la fois des histoires profanes et d’autres sacrées) et un Rêve d’Eau associé au site de Mina Mina mais aussi parfois à des sites proches du lac Mackay (Wilkinkarra). Son style est assez éclectique et sa gamme chromatique très large. On peut avoir à faire à des œuvres très belles, précises, à la palette très juste ou à des œuvres parfois réalisées trop rapidement et qui paraissent inabouties, surtout avant 2020. Son œuvre est une cartographie à la fois littérale et métaphorique de son territoire. Chaque cercle, chaque ligne, chaque point ne sont pas de simples formes abstraites, mais des éléments de cette carte vivante : des points d'eau, des sites de rituels, des sites où l'on peut collecter de la nourriture, des chemins parcourus par ses ancêtres. Ses toiles sont une méditation sur la relation indissociable entre l'être et la terre, un lien spirituel que les aborigènes Pintupi appellent "Tjukurrpa". Le style de Mary Brown Napangati, à la croisée de l'art aborigène traditionnel et de la peinture contemporaine, est caractérisé par un minimalisme qui laisse transparaître une grande complexité. Ses compositions sont souvent centrées autour de cercles concentriques qui symbolisent des points d'eau ou des lieux de rassemblement. Des lignes ondulées et des points méticuleusement agencés relient ces cercles, créant des motifs hypnotiques qui évoquent le mouvement des dunes, le vent dans les arbres, ou le passage des ancêtres. Dans cette apparente simplicité, réside une poésie visuelle. L'œuvre de Napangati est une invitation à percevoir la beauté des paysages désertiques non pas comme des étendues vides, mais comme des entités vibrantes, chargées d'histoire et de sens. Ses toiles nous rappellent que le vide peut être rempli de récits. Elles sont un pont entre deux mondes, celui du visible et de l'invisible, où chaque point de peinture est un mot murmuré, et chaque ligne, un sentier vers un passé éternel. Mary est aujourd'hui reconnue comme l'une des figures majeures de la communauté artistique aborigène de Papunya Tula. Son œuvre a été saluée internationalement et est présente dans de grandes collections publiques et privées. collections : • National Gallery of Victoria (Melbourne) • National Museum of Australia (Canberra) • Cairns Regional Gallery (Queensland) • Queensland Art Gallery (Brisbane) • Wollongong University Collection (Nouvelle-Galles du Sud) • Art Gallery of South Australia (Adélaïde) • Artbank • Fondation Burkhardt-Felder Arts et Culture, Musée de l'art aborigène australien (La Grange, Suisse)