SANDY HUNTER PETYARRE

Sandy Hunter Petyarre Groupe Anmatyerre – Utopia - Désert Central Sandy est né en 1953. Il est l’un des rares artistes a continuer à peindre avec des points très fins. Ses œuvres sont caractérisées par une grande symétrie, de larges motifs entourés de ces petits points.

SARAH LEO NAPURRULA

Sarah Napurrurla Leo est née en 1971 à Napperby Station, une ferme d’élevage située à 122 km au nord d'Alice Springs, au coeur de l'Australie. Les parents de Sarah sont tous deux décédés. Sarah a eu une éducation traditionnelle, passant du temps avec ses parents qui la conduisaient dans le bush, autour de Napperby, lui montrant les sites et lui enseignant les traditions de son pays. Plus tard, elle a vécu à Alice Springs, où elle a rencontré son mari, originaire de Yuendumu, une communauté aborigène située à 190 km au nord-ouest d'Alice Springs. Peu de temps après leur mariage, ils ont déménagé à Yuendumu où elle vit depuis. Sara a trouvé un emploi auprès du programme pour personnes âgées et s’est occupée des personnes âgées, les aidant. Sarah peint depuis 2008 pour le centre. Elle peint Karnta Jukurrpa (Womens Dreaming, Rêve de Femmes), histoire qu’elle tient de sa grand-mère. Elle s’inspire également du Rêve de sa mère, Ngurlu Jukurrpa (Rêve de Graines).

SEAN BUNDJALUNG

Sean Bundjalung Groupe Eora – Nouvelle Galles du Sud Sean est connu sous le nom de « Bundjalung Sean » et est né dans l'extrême nord de la Nouvelle-Galles du Sud, sur Cabbage Tree Island. Il peint depuis l'âge de 15 ans, lorsqu'il a été inspiré pour la première fois par le rêve de sa mère. La mère de Sean est une aînée très respectée de la communauté Cabbage Tree ; elle a transmis à Sean la langue et les lois de leur communauté. « En tant qu'artiste du Bundjalung, je voudrais reconnaître et rendre hommage aux propriétaires fonciers traditionnels de la nation Eora, en particulier aux peuples Dharawal de Sydney. Je viens de l'extrême côte nord de la Nouvelle-Galles du Sud et vis à Sydney. Je peins des histoires sur le Temps du Rêve, les mythes, la survie des Autochtones, la terre, les animaux, la mer et les voies navigables. Nos histoires ont été transmises par nos aînés et, en tant qu'artiste moderne, j'ai incorporé mes expériences de vie dans ma peinture. Mes peintures montrent notre pays, les communautés autochtones côtières et intérieures. Les cercles représentent des groupes familiaux et des clans avec des traces qui montrent leurs liens avec d'autres groupes aborigènes au sein de la nation. Mon peuple vivait en harmonie avec la terre et la mer. Nous croyons fermement en notre spiritualité et que notre cycle de vie évolue et est connecté à tout dans le cosmos. Si nous modifions un aspect de notre environnement, cela aurait un impact sur un autre aspect de notre être.

SELINA FISHER NAPANANGKA

Selina Fisher Napanangka Groupe linguistique Warlpiri – communauté de Yuendumu – Désert Central Selina Napanganka Fisher est née à l'hôpital d'Alice Springs, l'hôpital le plus proche de Yuendumu, une communauté aborigène isolée située à 290 km au nord-ouest d'Alice Springs dans le centre de l'Australie. À l'époque, ses parents vivaient à Yuendumu. Elle a trois sœurs et deux frères. Sa mère est décédée depuis et son père vit maintenant à Mt Allen avec « une autre femme ». Selina est la petite-fille de Topsy Napurrurla Fisher, une artiste qui a peint régulièrement pour le centre d’art. Elle a fréquenté l'école locale de Yuendumu avant d'aller au Yirara College, un internat aborigène d'Alice Springs, où elle a obtenu son diplôme en 10e année. Une fois ses études terminées, elle a déménagé à Nyirripi, où elle a travaillé dans le magasin local. Elle est mariée à Lance Turner, qui travaille pour le Community Development Employment Project (CDEP). Ils ont trois enfants. Depuis 2006, elle peint avec le centre d’art. Selina raconte que lorsqu’elle était petite, elle s’asseyait et regardait sa grand-mère peindre (Topsy Napurrurla Fisher) et elle lui apprenait de nombreuses histoires du Temps du Rêve / Jukurrpa. Elle peint le Pikilyi Jukurrpa (le rêve de Vaughan Springs) et le Karnta Jukurrpa (le rêve des femmes) de son père.

SELMA COULTHARD

Selma Coulthard (Pertania Maduthard) (1954 - ) Selma est née le 13 mai 1954 à Alice Springs. Son vrai nom est Nunay. Elle a grandi à Tempe Station, une ferme d’élevage. Lorsque le gouvernement décide de déplacer les enfants métis, Selma est amenée à la mission d’Hermannsburg où elle suit sa scolarité. Elle se met à peindre après avoir observé des artistes installés sur le lit asséché de la rivière Todd à Alice Springs. Mais elle explique que sa passion pour l’art est venue beaucoup plus tôt en observant à Hermannsburg les peintres de la famille d’Albert Namatjira. Elle peut s’exprimer par l’aquarelle comme par le pointillisme. La source de son inspiration lui vient d’histoires transmises par sa grand-mère. Lerra Pinta serait la plus ancienne rivière du monde. Elle prend sa source à l’ouest des Monts McDonnell et s’écoule vers le sud. La toile condense les événements mythologiques qui s’y sont déroulés et les sources de nourritures qu’on y trouve. De nombreux sites sacrés pour les Lurija y sont localisés. Selma est une femme avec une réelle ambition artistique.

SERENA BONSON

Serena Bonson (née en 1981) groupe Djinang - Maningrida – Terre d'Arnhem Centrale Serena Bonson est connue pour ses remarquables sculptures en écorce filandreuse (mais parfois en bronze ou en aluminium) peintes en noir et blanc représentant les esprits Wangarra. Les Wangarra jouent un rôle essentiel dans les récits liés à la mort, à la naissance, au passage de l'esprit dans l'au-delà et à la renaissance. Ils sont considérés comme des symboles des êtres ancestraux et profondément liés aux points d'eau, qui sont au cœur des histoires du clan et de leurs liens avec la terre. Ces œuvres d'art sont importantes dans les interprétations collectives des récits de la création et se rapportent directement aux positions et responsabilités spécifiques de la moitié. Les figures Warraburnburn jouent un rôle essentiel dans l'évocation des cycles de mort, de vie, de transitions et de renaissance, étant étroitement associées au point d'eau d'An-mujolkuwa sur le territoire ancestral de l'artiste, tout comme les autres Wangarra sont liées à d'autres sites pour d'autres clans. La gaine pointillée de leurs corps évoque les constellations du ciel nocturne et la couverture crépusculaire et nocturne que Warraburnburn pourrait utiliser pour explorer le paysage. L'artiste a repris les motifs corporels portés par les danseurs lors du bunggul (cérémonie) dans les parures des figurines Warraburnburn. Ceux-ci sont également censés représenter la nouvelle vie des jeunes qui n'ont pas encore pris forme humaine. AWARDS 2013 John Fries Award finalist 2015 Woollahra Sculpture Prize (Shortlist) Sydney COLLECTIONS Artbank

SHANNA WILLIAMS NAPANANGKA

Shanna Napanangka Williams est née en 1988 à l'hôpital Alice Springs,mais vit à Yuendumu, une communauté aborigène. Shanna est l'arrière-petite-fille de Paddy Japaljarri Sims (Dec) et de Bessie Nakamarra Sims (Dec), deux artistes très importants de cette partie du Désert Central. Shanna peint depuis 2002. Elle a commencé à peindre jeune, pendant les vacances scolaires lorsque le centre d'art dirigeait des programmes de maintien culturel pour les écoliers. Shanna utilise une palette illimitée, s'appuyant sur des traditions remontant à au moins cinquante millénaires, développant une interprétation moderne de sa culture traditionnelle. Elle s’inspire ici de son Rêve des 7 Sœurs qui décrivent la création des Pléiades et d’Orion. On appelle aussi cette série la Voie Lactée. Sept Soeurs étaient poursuivies par un Homme. Elles vont parcourir de longues distances à travers le désert pour tenter d'échapper à cet Homme. Durant ce périple elles collectèrent de la nourriture, réalisèrent des cérémonies. …Elles décidèrent de monter au ciel...mais l'Homme continua de les poursuivre. Aujourd'hui on les voit encore sous la forme d'Orion et des Pléiades. Dans certaines versions, l'Homme (Orion) est tout simplement marié à l'une des Soeurs. Ce Rêve est associé à d'autres Rêves selon les zones et connaît bien des variantes. Ainsi il est lié à Vénus (Yantarlarangi) et au Rêve de Feu car les Femmes se transfèrent en feu pour monter au ciel.

SHIRLEY DRILL

Shirley Drill Frog Hollow – Kimberley Orientale – Australie Occidentale Shirley est l’une des doyennes de la petite communauté de Frog Hollow. Elle compte plusieurs artistes dans sa famille dont le célèbre Jack Britten, peintre emblématique des Bungles Bungles. La toile est caractéristique de ces artistes des plateaux du Kimberley. Elle a mêlé vues aériennes chères aux artistes du Désert Central et les perspectives.

Shirley Purdie

Shirley Purdie Shirley Purdie est née en 1947 à Gilban, également connu sous le nom de Mabel Downs Station, dans la région du Kimberley en Australie-Occidentale. Elle appartient au peuple Gija (également orthographié Kitja), groupe linguistique de l'Est du Kimberley dont les terres traditionnelles s'étendent autour de la communauté de Warmun (anciennement connue sous le nom de Turkey Creek). Son totem Ngarranggarni est le corbeau, et sa classification de peau traditionnelle est Nangari, éléments qui situent sa position au sein du complexe système de parenté et d'organisation sociale gija. Shirley Purdie est la fille de Madigan Thomas, elle-même une artiste majeure et figure pionnière du mouvement artistique de Warmun. Cette filiation maternelle revêt une importance capitale, car dans la culture gija, c'est principalement par la lignée maternelle que se transmettent les droits et les responsabilités concernant les sites spécifiques et les récits associés au pays. Le rôle de Madigan Thomas comme mère, mentor artistique et gardienne culturelle structure profondément l'identité et la pratique artistique de Shirley. Durant son enfance à Mabel Downs Station, Shirley grandit en observant sa mère travailler aux côtés des stockmen (éleveurs de bétail), participant ainsi à l'économie pastorale qui avait radicalement transformé le Kimberley depuis la fin du XIXe siècle. Cette période formative sur les stations d'élevage expose Shirley aux réalités complexes de la coexistence entre les Gija et les colons pastoraux, expérience qui informera ultérieurement ses représentations artistiques de l'histoire coloniale violente de la région. Lorsqu'elle atteignit l'âge de travailler, Shirley fut employée comme domestique dans les homesteads (résidences principales) de plusieurs stations : Mabel Downs, Texas Downs et Alice Downs. Commentant cette période avec une touche d'humour, elle note qu'à la différence de sa mère, elle ne montait pas les chevaux. Ce travail domestique, typique des opportunités d'emploi offertes aux femmes aborigènes dans le contexte pastoral du Kimberley, plaça Shirley dans une position d'observation privilégiée des modes de vie et des dynamiques culturelles des colons blancs, expérience qui enrichirait sa compréhension des relations interculturelles. Shirley s'installa finalement à Warmun, communauté située non loin de son lieu de naissance, où elle travailla pendant de nombreuses années au bureau de poste local. Cette position lui conféra un rôle central dans les communications de la communauté et témoigne de sa capacité à naviguer efficacement entre le monde gija traditionnel et les structures administratives occidentales. Elle est mariée à Gordon Barney, lui-même artiste senior et ancien stockman, avec qui elle partage la direction de Norton Bore Community en tant que co-présidents. Le couple a six enfants et de nombreux petits-enfants, dont Shirley s'occupe activement, assumant également la responsabilité de l'élevage d'autres enfants de la famille élargie selon les normes d'obligations familiales gija. Shirley Purdie occupe une position de leadership considérable au sein de la communauté de Warmun. Elle est reconnue comme une femme de Loi et de Culture respectée parmi son peuple, statut qui témoigne de sa connaissance approfondie des protocoles cérémoniels, des récits du Ngarranggarni (le Temps du Rêve gija) et des responsabilités associées à la terre et aux sites sacrés. En tant que femme de Loi, elle détient le droit et la responsabilité de transmettre certaines connaissances culturelles aux générations suivantes, fonction qui s'articule étroitement avec sa pratique artistique. Elle est également décrite comme une communicatrice interculturelle, qualité qui reflète sa capacité exceptionnelle à articuler les perspectives et les valeurs gija dans des contextes où dominent les cadres conceptuels occidentaux. Cette compétence communicative s'est révélée particulièrement précieuse dans le contexte du mouvement artistique aborigène, où les artistes doivent constamment négocier entre l'intégrité culturelle de leur pratique et les exigences du marché de l'art contemporain. Comme sa mère avant elle, Shirley est une organisatrice compétente et une femme forte, qualités reconnues et valorisées au sein de la communauté. Cette réputation de compétence organisationnelle se manifeste dans son rôle de co-présidente de Norton Bore Community et dans son engagement actif dans la gouvernance communautaire. Shirley incarne ainsi un modèle de leadership féminin aborigène contemporain, où autorité culturelle traditionnelle et compétences de navigation dans les structures occidentales se combinent de manière synergique. Son engagement envers l'éducation des enfants – qu'il s'agisse de ses propres petits-enfants ou des enfants de sa famille élargie – révèle une préoccupation profonde pour la transmission intergénérationnelle. Shirley Purdie commença à peindre au début des années 1990, inspirée par les artistes seniors de Warmun qui avaient établi le mouvement artistique contemporain de la communauté. Parmi ses influences majeures figurent sa mère Madigan Thomas, Rover Thomas (sans lien de parenté avec Madigan malgré le nom partagé), Queenie McKenzie et son oncle Jack Britten. Ces artistes étaient parmi les figures fondatrices du mouvement artistique dans cette zone des plateaux orientaux du Kimberle, établi au début des années 1980. Rover Thomas (vers 1926-1998) demeure l'une des figures les plus importantes de l'art aborigène australien. Originaire du désert occidental, il s'installa à Warmun où il épousa une femme gija, s'intégrant ainsi dans la communauté. Rover Thomas est célèbre pour avoir initié la peinture des "boards" (planches) représentant les rêves et les récits associés aux cérémonies Krill Krill, pratique rituelle créée à la suite du décès d'une femme gija dans un accident de voiture coïncidant avec le cyclone Tracy en décembre 1974. Son invitation en tant qu'artiste représentant l'Australie à la Biennale de Venise en 1990 marqua une reconnaissance internationale majeure de l'art aborigène du Kimberley. Queenie McKenzie (vers 1915-1998) fut l'une des premières femmes à peindre à Warmun, commençant sa pratique artistique au début des années 1980. Ses œuvres documentaient l'histoire coloniale violente du Kimberley, incluant les récits de massacres et de violences perpétrés contre les peuples aborigènes. Son courage à représenter ces histoires douloureuses établit un précédent important pour les artistes subséquents, dont Shirley Purdie. Madigan Thomas (vers 1920-2011), la mère de Shirley, fut une artiste exceptionnellement talentueuse et une des pionnières de Warmun. Elle commença à peindre au début des années 1980 et développa un style distinctif. Sa connaissance profonde du pays maternel et des récits du Ngarranggarni informa ses représentations visuelles, créant un corpus d'œuvres qui servirait de fondation pour la pratique ultérieure de sa fille. Jack Britten, l'oncle de Shirley, joua un rôle catalytique direct dans son engagement avec la peinture. Ce fut lui qui l'encouragea à essayer : "Pourquoi ne tentes-tu pas toi-même la peinture, tu pourrais être douée." Cet encouragement familial, combiné aux exemples des autres artistes seniors, créa un environnement propice à l'émergence de Shirley comme artiste. L'approche de Shirley Purdie envers l'apprentissage artistique s'inscrit dans la tradition gija de transmission du savoir par observation, pratique et instruction directe des aînés. Elle fut enseignée par sa mère Madigan Thomas et par Queenie McKenzie, ces deux femmes lui transmettant non seulement les techniques matérielles de préparation des pigments et d'application de l'ocre, mais également les connaissances concernant les sites spécifiques, les récits du Ngarranggarni et les protocoles appropriés pour leur représentation. Shirley articule clairement sa philosophie concernant l'apprentissage auprès des anciens : "C'est bien d'apprendre des vieux. Ils disent toujours que quand tu peins, tu peux te souvenir de ce pays, tout comme prendre une photo, mais il y a le Ngarranggarni (le Temps du Rêve) et tout le reste. C'est bien de mettre ça dans la peinture, ton pays, pour que les enfants puissent savoir et comprendre. Quand les vieux meurent, les jeunes peuvent lire les histoires dans les peintures. Ils peuvent apprendre des peintures et peut-être qu'ils voudront commencer à peindre eux aussi." Cette déclaration révèle plusieurs dimensions cruciales de sa compréhension de la fonction de l'art. Premièrement, elle reconnaît la peinture comme un mode de mémoire et de documentation, comparable à la photographie mais enrichie par l'inclusion des dimensions spirituelles et narratives du Ngarranggarni. Deuxièmement, elle articule une fonction pédagogique explicite : les peintures servent d'outils d'enseignement permettant aux jeunes générations d'accéder aux connaissances culturelles même après le décès des porteurs de savoir traditionnels. Troisièmement, elle exprime l'espoir que l'exposition aux peintures inspirera les jeunes à perpétuer la tradition artistique. Cette vision de l'art comme pédagogie culturelle et stratégie de préservation reflète une conscience aiguë de la fragilité de la transmission orale dans un contexte de transformation sociale rapide. La peinture devient ainsi un médium de résilience culturelle, un moyen de cristalliser et de préserver les connaissances dans une forme accessible aux générations futures. Depuis qu'elle a commencé à peindre au début des années 1990, Shirley Purdie a développé une pratique artistique d'une ampleur et d'une sophistication considérables. Sa connaissance culturelle et son habileté artistique se complètent mutuellement pour produire une pratique qui possède une force remarquable. Sa production a été prolifique, incluant non seulement des œuvres individuelles destinées à la vente au travers des galeries mais également des projets ambitieux de grande envergure. En 2016, elle créa un ensemble impressionnant de 72 œuvres sur les plantes médicinales et le bush tucker (nourriture du bush) gija pour l'exposition "Telling Tales: Excursions in Narrative Form", ensemble acquis par le Museum of Contemporary Art (MCA) de Sydney. Ce corpus encyclopédique témoigne de sa connaissance approfondie de la pharmacopée traditionnelle gija et de son engagement à documenter ce savoir pour les générations futures. Shirley Purdie travaille principalement au Warmun Art Centre, centre d'art communautaire établi dans les années 1980. Le travail de Shirley Purdie se caractérise par une utilisation audacieuse d'ocres naturels richement texturés. Cette caractéristique formelle constitue sa signature visuelle la plus immédiate et la distingue au sein du panorama de l'art aborigène australien. Les ocres qu'elle utilise sont collectées sur son propre pays, pratique qui inscrit une dimension performative et rituelle dans le processus de création artistique lui-même. La collecte d'ocre n'est pas une simple activité d'approvisionnement matériel mais constitue un acte de connexion avec le pays. Les sites où se trouvent les différentes couleurs d'ocre – rouges rouille, bruns chauds profonds, oranges terreux, jaunes moutarde et sablonneux, verts olive, bleus gris, roses poussiéreux, ainsi que le noir et le blanc – sont souvent des lieux de signification culturelle. Le processus de collecte implique une connaissance topographique détaillée et le respect des protocoles appropriés concernant l'accès aux sites. La préparation des pigments à partir des ocres brutes exige un travail considérable : broyage des roches pour obtenir une poudre fine, mélange avec des liants (traditionnellement des résines végétales, dans la pratique contemporaine parfois des liants synthétiques), et ajustement de la consistance pour obtenir la fluidité désirée. Cette préparation artisanale confère aux peintures de Purdie une qualité tactile distinctive qui contraste avec l'uniformité des peintures acryliques commerciales utilisées par de nombreux artistes aborigènes d'autres régions. La texture résultante des ocres de Purdie crée une surface qui évoque le papier de verre fin, une rugosité subtile qui invite presque au toucher. Cette qualité tactile n'est pas accidentelle mais constitue une dimension intentionnelle de son œuvre, reflétant l'expérience physique, sensorielle du pays lui-même – la rugosité des roches, la granularité du sol, la matérialité concrète de la terre. La palette créée par les ocres collectés sur son pays génère une gamme de tons chauds et terreux : rouges rouille évoquant les sols ferrugineux caractéristiques du Kimberley ; bruns chauds profonds référençant la terre sombre et riche ; oranges terreux capturant les tons du sol exposé ; jaunes moutarde et sablonneux reflétant les grès et les plages de sable le long des rivières ; verts olive représentant la végétation sèche ; bleus gris suggérant les ciels orageux ou les eaux profondes ; roses poussiéreux évoquant l'aube et le crépuscule du Kimberley ; ainsi que le noir (généralement du charbon broyé) et le blanc (souvent de la kaolinite ou de la craie blanche). Ces couleurs ne sont pas choisies pour leurs qualités esthétiques abstraites mais parce qu'elles proviennent littéralement du pays que Shirley peint. Cette relation matérielle directe entre le pigment et le lieu représenté crée une forme de mimesis qui dépasse la simple représentation visuelle : la peinture contient physiquement des fragments du pays lui-même, incarnant ainsi une relation de contiguïté métonymique plutôt que de simple ressemblance iconique. Le style artistique de Shirley Purdie se caractérise par une simplification formelle où les formes sont aplaties et réduites à leurs éléments essentiels. Cette esthétique de simplification ne doit pas être confondue avec un primitivisme naïf mais représente plutôt une stratégie de distillation qui extrait les caractéristiques essentielles et significatives des phénomènes représentés. Ses compositions incluent typiquement des éléments topographiques stylisés : collines représentées par des formes arrondies ou semi-circulaires, rivières suggérées par des lignes sinueuses, arbres indiqués par des formes verticales avec des couronnes circulaires ou ovales. Ces éléments sont arrangés selon une perspective qui n'obéit pas aux conventions de la perspective linéaire occidentale mais adopte plutôt une vue composite qui peut combiner différents angles de vision – vue aérienne, vue de profil, vue conceptuelle – au sein d'une même composition. Une caractéristique récurrente dans les œuvres de Purdie est la présence de collines, représentées dans le style caractéristique de presque toutes ses œuvres. Dans certaines compositions, elle établit des distinctions subtiles entre différents types de collines en utilisant des variations chromatiques – gris et noir pour certaines, d'autres couleurs pour d'autres – permettant de différencier visuellement les caractéristiques topographiques spécifiques et leurs significations culturelles respectives. Le corpus d'œuvres de Shirley Purdie explore les sites et les récits associés au pays de sa mère et de son père. Cette double focalisation territoriale reflète le système de parenté et de tenure foncière gija, où les individus héritent de droits et de responsabilités concernant les terres des deux lignées parentales. Les lieux significatifs tels que Baloowa, Jirragin et Gilban occupent une place centrale dans son œuvre. Ces sites se trouvent sur un pays aujourd'hui inclus dans les stations d'élevage de Violet Valley et Mabel Downs, situation qui témoigne de la superposition complexe entre géographie culturelle aborigène et divisions foncières coloniales. Pour les Gija, ces lieux conservent leur signification spirituelle et narrative primordiale malgré leur incorporation dans l'économie pastorale. Norton Bore, où Shirley et son mari résident en tant que co-présidents de la communauté, constitue un autre sujet récurrent. Ses peintures de Norton Bore documentent non seulement les caractéristiques topographiques du lieu mais également les récits du Ngarranggarni qui y sont associés. Par exemple, l'œuvre "Medicine Water – Norton Bore" représente un site où, durant le Temps du Rêve, l'Aigle laissa tomber de la graisse de kangourou dans la rivière, créant ainsi une médecine bénéfique pour les bébés, utilisée traditionnellement pour traiter les éruptions cutanées. "Kangaroo Dreaming – Norton Bore" représente Norton Bore comme un lieu privilégié pour la chasse au kangourou, avec une végétation abondante et de l'eau en quantité, incarnant ainsi la richesse écologique du site. Ces peintures fonctionnent simultanément comme des documents topographiques, des récits mythiques et des manuels de connaissances environnementales. Le Ngarranggarni, concept gija du Temps du Rêve, constitue la source narrative fondamentale de l'œuvre de Shirley Purdie. Le Ngarranggarni ne doit pas être compris comme un passé mythique distant mais comme un temps-espace primordial qui continue d'informer et de structurer le présent. Les êtres ancestraux du Ngarranggarni – animaux, plantes, phénomènes naturels dotés de conscience et d'agentivité – traversèrent le pays, créant les caractéristiques topographiques, établissant les lois et les protocoles culturels, et laissant leur puissance spirituelle imprégnée dans les sites spécifiques. Les peintures de Purdie transmettent ces récits du Ngarranggarni, servant ainsi de véhicules pour la perpétuation des histoires ancestrales. Certaines de ces histoires sont du domaine public et peuvent être partagées librement, tandis que d'autres appartiennent au domaine sacré-secret et ne peuvent être révélées qu'à des initiés appropriés. Les peintures destinées à la vente publique représentent nécessairement les aspects publics des récits, les dimensions ésotériques demeurant protégées. Son Ngarranggarni personnel est l'Echidna Dreaming (le Rêve de l'échidné), totem qui établit une relation spirituelle particulière avec cet animal et avec les sites associés à ses trajets ancestraux. Dans son livre autobiographique illustré pour enfants, "Shirley Purdie: My Story, Ngaginybe Jarragbe" (2020), elle explique son Echidna Dreaming et enseigne aux lecteurs concernant le bush tucker (nourriture du bush) et la chasse, transmettant ainsi des connaissances pratiques et spirituelles simultanément. Une dimension remarquablement distinctive de l'œuvre de Shirley Purdie est son exploration de la spiritualité et de la relation entre les conceptions gija du Ngarranggarni et le catholicisme. Cette dimension syncrétique reflète l'histoire religieuse complexe de Warmun, où des influences catholiques fortes coexistent avec le maintien des cérémonies aborigènes. Beaucoup d'aînés de Warmun sont simultanément des lawmen (hommes de loi traditionnels) et des chrétiens, négociant continuellement entre ces deux systèmes de croyance. La présence missionnaire catholique à Warmun, établie par deux religieuses qui créèrent la Bough Shed School en 1979, introduisit l'iconographie et les récits chrétiens dans le contexte culturel gija. Plutôt que de percevoir ces traditions spirituelles comme mutuellement exclusives, de nombreux Gija, incluant Shirley Purdie, ont développé des synthèses créatives qui intègrent les deux cosmologies. L'œuvre la plus célèbre de Shirley Purdie, "Stations of the Cross" (Stations de la Croix), créée en 2007, constitue une démonstration magistrale de ce syncrétisme spirituel. Cette peinture monumentale (213 x 151 cm) lui valut le Blake Prize for Religious Art en 2007, faisant d'elle la première artiste aborigène à recevoir ce prix prestigieux de 15 000 dollars australiens. "Stations of the Cross" représente l'iconographie chrétienne des quatorze stations traditionnelles du chemin de croix, mais avec des modifications significatives qui reflètent la perspective gija. La composition ne suit pas la séquence officielle des quatorze scènes de la crucifixion mais commence plutôt dans la partie supérieure centrale de l'image avec la naissance de Jésus, continue avec les scènes dans le sens anti-horaire, et se termine sous la première station avec une quinzième scène. Cette réorganisation narrative suggère une conception cyclique du temps plutôt que linéaire, reflétant peut-être les conceptions aborigènes du temps. Le mode occidental de représenter les Stations de la Croix comme des images séparées et isolées a clairement influencé la composition de cette œuvre. Cependant, un élément notable est l'absence des lignes reliant les sites, caractéristique commune dans l'art aborigène représentant les sites sacrés et les trajets des esprits créateurs. Cette absence fait ressortir les stations de manière proéminente par rapport au fond. Shirley Purdie incorpore dans la peinture des éléments qui ancrent fermement le récit chrétien dans le paysage du Kimberley. Deux collines sont incluses, dans le même style que dans presque toutes ses œuvres. Conjointement avec les contours du Kimberley, elles incorporent l'aspect aborigène du "Two Ways" (Deux Chemins) – concept qui exprime la coexistence et l'intégration des perspectives aborigènes et occidentales. L'artiste établit une distinction subtile entre les deux types de collines en utilisant des couleurs grises et noires pour ces dernières. De cette manière, la peinture dépeint un équilibre entre l'histoire chrétienne et la signification aborigène du pays. Tragiquement, l'œuvre originale de "Stations of the Cross" fut emportée des murs du Warmun Art Centre lors des inondations catastrophiques de mars 2011 qui dévastèrent Warmun et détruisirent une grande partie de l'infrastructure du centre d'art, incluant de nombreux objets conservés dans la collection communautaire nationalement significative de Warmun. Lorsque l'œuvre fut retrouvée plusieurs jours après l'inondation, accrochée dans les arbres en aval le long de Turkey Creek, elle avait été gravement endommagée. Cet incident tragique ajoute une dimension supplémentaire de perte et de résilience à l'histoire de l'œuvre. Une autre œuvre syncrétique significative est "Ngambuny Ascends" (L'Ascension de Ngambuny, 2013), représentant l'Ascension de Jésus (Ngambuny en langue gija) dans le paysage local des célèbres Bungle Bungle Ranges (chaîne de montagnes) de l'Australie-Occidentale, observée par la figure aimante de Marie. Ce qui frappe dans cette œuvre est sa capacité à articuler le paysage local comme site de l'histoire divine. Le drame de la scène est façonné à l'intérieur des formes du paysage local et, plus centralement, par une bande dense d'ocre noire qui situe l'image dans l'espace et le temps. Les yeux européens chercheraient conventionnellement vers le ciel, car c'est le chemin par lequel Jésus monte vers le ciel, accompagné de nuages moelleux et de lumières roses et bleues douces. En contraste saisissant avec cela, l'espace pour l'ascension est rendu noir, comme la peau, comme les crevasses dans la roche, comme un vide ouvert à recevoir. De tels espaces vides apparaissent comme des espaces pour un rêve fort, comme des points d'eau qui soutiennent la vie ou, dans ce cas, comme le lieu où la terre reçoit l'Esprit du Christ qui retourne. Dans la culture aborigène, le noir ne porte pas les associations européennes où le noir est l'espace de la peur, de l'obscurité ou du péché. S'il y a un lieu pour la sainteté brillante, c'est dans ce vide. C'est un lieu saint représenté d'une manière qui rappelle aux spectateurs l'intimité ressentie de la peau, la touche de surface des relations humaines. Ce qui est le plus frappant est que Ngambuny, la figure du Christ, ne « monte » pas dans le ciel mais retourne dans la terre où réside l'Esprit Créateur Dieu. Le Christ ne va pas vers un Dieu dans le ciel, éloigné de la vie humaine et sociale. Au contraire, le Christ est vivant dans la terre. Certains Aborigènes soulignent l'étrangeté du paradis étant dans le ciel. Il n'y a rien dans leur culture concernant le paradis et l'enfer. Ils croient que lorsqu'ils meurent, leur esprit retourne à leur Homeland (terre natale), qui est leur terre promise, leur paradis. Le Christ est vivant ! Il suffit d'enlever ses chaussures et ses chaussettes et de faire contact avec la terre. Cette réinterprétation radicale de l'Ascension témoigne de la capacité de Purdie à opérer une véritable synthèse théologique, non pas en adoptant simplement l'iconographie chrétienne mais en la transformant selon la cosmologie gija. L'œuvre invite les spectateurs à toucher la terre et à voir Dieu, inversant ainsi la hiérarchie verticale de la théologie chrétienne traditionnelle et réaffirmant la sacralité horizontale de la terre elle-même. Au-delà des thèmes spirituels, l'œuvre de Shirley Purdie aborde également les histoires coloniales de la région, relatant les récits de contact précoce, de massacres, de guerre et de travail sous contrat depuis l'incursion des pastoraux dans la terre gija à la fin du XIXe siècle. Cette dimension historique-politique de son travail s'inscrit dans une tradition établie par Queenie McKenzie et d'autres artistes de Warmun qui ont utilisé la peinture pour documenter les violences historiques perpétrées contre les peuples aborigènes. L'œuvre "Stations of the Cross" elle-même incorpore non seulement l'iconographie chrétienne mais également l'histoire des conflits et de la violence raciale dans la communauté de l'artiste durant les années 1920 et 1930. Cette superposition de récits – passion christique et souffrance aborigène sous la colonisation – crée une résonance puissante où les parallèles entre persécution religieuse et oppression coloniale sont implicitement tracés. Les stations d'élevage où Shirley grandit et travailla furent des sites d'exploitation économique des travailleurs aborigènes, souvent payés en rations plutôt qu'en salaires monétaires, travaillant dans des conditions difficiles avec peu de protections légales. La représentation de ces histoires dans l'art constitue une forme de témoignage historique, préservant la mémoire collective des injustices pour les générations futures. Depuis qu'elle a commencé à exposer en 1994, Shirley Purdie a participé à de nombreuses expositions dans toutes les capitales d'État australiennes, ainsi qu'à Londres, en Allemagne, en France, en Suisse,.... Cette présence extensive témoigne de la reconnaissance nationale et internationale de son œuvre. Parmi ses expositions notables : 1994 : "Artists of the East Kimberley Exhibition" à Canberra ; "Maintaining Family Tradition" au Adelaide Festival Centre dans le cadre de l'Année Internationale de la Famille ; National Aboriginal Art Award à l'Australian Heritage Commission, Old Parliament House, Canberra. 1999 : Expositions à la Gallery Gabrielle Pizzi (Melbourne), Chamber of Commerce (Wuerzburg, Allemagne), Karen Brown Gallery (Darwin), East Kimberley Art Awards (Kununurra), Japingka Gallery (Fremantle/Perth), Hogarth Galleries (Paddington, Sydney), "Art of the Aborigines" à la Gallery Baehr (Allemagne). 2000 : Anthropological Museum (Freiburg, Allemagne), Gallery Australis (Adelaide), Ben Grady Gallery (Canberra), Bett Gallery (Hobart), Commonwealth Institute (Londres). 2002-2003 : "Aboriginal Art" à la Gallery Baehr (Speyer, Allemagne), "Shirley Purdie and Gordon Barney" à la Framed Gallery (Darwin), "Garmerrun: All Our Country" au Flinders University Art Museum (Adelaide), 20th National ATSIC Art Award (Darwin), participation à l'exposition sur le navire de croisière de luxe Australasis. 2005-2007 : "New Work from Warmun" à la Gadfly Gallery (Perth), 20th Telstra (NATSIAA) Art Award (Darwin), "Warmun Art Centre Presents" à la Mary Place Gallery (Sydney), "What Bird Is That?" à l'Alcaston Gallery (Melbourne), Ralph Pucci International Gallery (New York), "Back To The Board" à la Coo-ee Gallery (Sydney). 2008 : Exposition tournante du Blake Prize à travers la Nouvelle-Galles du Sud et Victoria suite à sa victoire, "New Voices in Gija Art" à la Gallery Gabrielle Pizzi (Melbourne), "The Women of Warmun, Ten Years On" à la Gadfly Gallery (Perth), "East of East Kimberley: Warmun in Asia" et "Ochre Dreaming: Stories from the East Kimberley" à la ReDot Gallery (Singapore), 25th Telstra NATSIAA, "Warmun at Ten" au Darwin Aboriginal Art Fair et à la Hogarth Gallery (Sydney). 2009 : "Menagerie: Contemporary Indigenous Sculpture" à l'Australian Museum & Object Gallery (exposition tournante nationale), "The Youngest One" à la Chapman Gallery (Canberra). 2014 : Exposition personnelle "Gilban" à l'Alcaston Gallery (Melbourne), marquant une reconnaissance de sa maturité artistique. 2016 : Création d'un corpus majeur de 72 œuvres sur les plantes médicinales et le bush tucker gija pour "Telling Tales: Excursions in Narrative Form", exposé et acquis par le Museum of Contemporary Art (MCA), Sydney. 2018 : Sélection pour contribuer à l'exposition spéciale du 20e anniversaire de la National Portrait Gallery, "So Fine: Contemporary Women Artists Make Australian History", célébrant dix importantes praticiennes des arts visuels féminins. Prix et distinctions La carrière de Shirley Purdie a été marquée par plusieurs reconnaissances prestigieuses : 2007 : Gagnante du Blake Prize for Religious Art pour son œuvre majeure "Stations of the Cross", devenant la première artiste aborigène à recevoir ce prix prestigieux de 15 000 dollars australiens. Le Blake Prize, établi en 1951, est l'un des prix d'art les plus anciens et les plus respectés d'Australie, spécifiquement consacré à l'exploration de l'imagination spirituelle et religieuse dans l'art contemporain. 2008 : Gagnante du Needham Religious Art Prize, décerné par la Riddoch Art Gallery à Mount Gambier, Australie-Méridionale. Cette victoire consécutive à celle du Blake Prize confirma sa position de leader dans l'exploration artistique de la spiritualité. 2008 : Mention spéciale, catégorie Œuvres 3D, 25th Telstra National Aboriginal and Torres Strait Islander Art Award (NATSIAA), le plus important prix d'art aborigène en Australie. 1999 : Mention spéciale aux East Kimberley Art Awards, reconnaissance régionale de son excellence artistique. 2016 : Finaliste au Telstra National Aboriginal & Torres Strait Islander Art Award. 2017 : Hautement recommandée pour Kangaroo Rock Painting aux Cossack Art Awards 2017. 2018 : Finaliste au Hedland Art Award. 2020 : Finaliste au Darling Portrait Prize. Cette accumulation de prix et de reconnaissances témoigne de l'excellence soutenue de sa pratique artistique et de sa capacité à concourir avec succès dans divers contextes – prix spécifiquement aborigènes, prix d'art religieux, et prix d'art généralistes. Collections institutionnelles Les œuvres de Shirley Purdie sont conservées dans de nombreuses collections publiques et privées prestigieuses, témoignant de la reconnaissance institutionnelle de son importance artistique : Collections publiques australiennes : National Gallery of Australia (Canberra), qui conserve notamment sa lithographie de 1996 "Giwiwan – Bow River Country", montrant l'influence du style pictural de Rover Thomas ; National Portrait Gallery (Canberra), qui a acquis en 2019 son autoportrait monumental "Ngalim-Ngalimbooroo Ngagenybe" (From My Women) ; Museum of Contemporary Art Australia (Sydney), qui conserve l'ensemble de 72 œuvres sur les plantes médicinales et le bush tucker ; Art Gallery of Western Australia (Perth) ; Australian War Memorial Collection (Canberra) ; Edith Cowan University Art Collection (Perth) ; Northern Territory University Collection (Darwin) ; Artbank (Sydney). Collections internationales : Commonwealth Institute Collection (Londres, Royaume-Uni). Collections privées : Kerry Stokes Collection (Perth), l'une des plus importantes collections privées d'art australien ; Harvey Wagner Collection (États-Unis). Cette distribution extensive à travers les institutions majeures australiennes et au-delà témoigne du statut de Purdie comme figure majeure de l'art aborigène contemporain. Publication autobiographique En 2020, Shirley Purdie publia "Shirley Purdie: My Story, Ngaginybe Jarragbe" chez Magabala Books, son premier livre illustré pour enfants. Raconté en anglais et en langue gija, ce livre autobiographique présente des vignettes de sa vie grandissant à Mabel Downs Station, sa culture, son pays et son Rêve. Elle partage également l'histoire de sa vie professionnelle, comme domestique dans le homestead de Mabel Downs Station, et plus tard dans la vie comme artiste, et comment sa mère lui enseigna à peindre son pays. Lorsqu'on lui demanda ce que signifie partager son histoire avec les enfants, Shirley déclara : "C'est bien de mettre ça dans la peinture, ton pays, pour que les enfants puissent savoir et comprendre. Quand les vieux meurent, les jeunes peuvent lire les histoires dans les peintures. Ils peuvent apprendre des peintures et peut-être qu'ils voudront commencer à peindre eux aussi." Le livre constitue le premier volume de la Kimberley Art Centre Series, série qui se concentre sur le développement des compétences des artistes aborigènes du Kimberley en narration et illustration de livres illustrés pour enfants. L'ouvrage fut reconnu par plusieurs distinctions littéraires : finaliste aux 2021 Western Australian Premier's Book Awards (Writing for Children) ; finaliste aux 2021 Children's Book Council of Australia Book of the Year Awards (New Illustrator Award) ; Notable aux 2021 Children's Book Council of Australia Book of the Year Awards (Eve Pownall Award). Cette publication témoigne de l'engagement de Purdie envers la transmission pédagogique et son utilisation de multiples médiums – peinture et livre illustré – pour accomplir cette mission culturelle. En 2018, Shirley Purdie créa l'une de ses œuvres les plus ambitieuses et conceptuellement sophistiquées : "Ngalim-Ngalimbooroo Ngagenybe" (From My Women / De Mes Femmes), autoportrait monumental composé de 36 peintures individuelles sur toile utilisant des ocres et pigments naturels. Chaque panneau individuel mesure 45 cm x 45 cm, et l'ensemble est arrangé en une grille rectangulaire de 4 rangées de 9 panneaux, formant une œuvre totale de 5,25 mètres de largeur et 2,25 mètres de hauteur. Cette configuration modulaire permet une présentation flexible tout en créant un effet visuel puissant lorsque l'ensemble est assemblé. Les panneaux montrent des histoires gija traditionnelles, des histoires personnelles et le Ngarranggarni (le Temps du Rêve gija). Les compositions individuelles incluent : Un arbre solitaire ; une scène de paysage montrant une rivière, avec des collines en arrière-plan et trois animaux se réfugiant dans une grotte avec une personne à l'extérieur ; une scène vue d'en haut d'une rivière traversant un plan d'eau circulaire, chaque côté du cercle flanqué de zones sablonneuses sur ses rives et d'un arbre ; un échidné à côté d'un petit feu de camp ; deux personnes debout près d'un arbre ; une personne debout près d'une rivière sous un croissant de lune au-dessus de collines ; six personnes en tenue traditionnelle rassemblées autour d'un feu ; une rivière coulant près de collines sous un ciel sombre ; et un arbre feuillu unique se tenant sur un monticule de terre. "Ngalim-Ngalimbooroo Ngagenybe" constitue une sorte d'autoportrait : plutôt que de représenter l'apparence physique de l'artiste selon les conventions du portrait occidental, cette œuvre visualise l'identité personnelle à travers la relation au pays, aux histoires ancestrales, aux expériences vécues et aux lignées féminines. Le titre lui-même – "From My Women" (De Mes Femmes) – établit que l'identité de Shirley est conçue comme émanant des femmes de sa lignée : sa mère Madigan Thomas, ses grand-mères, ses ancêtres féminines, remontant à travers les générations jusqu'aux figures ancestrales du Ngarranggarni. Cette conception matrilinéaire de l'identité contraste avec l'individualisme atomisé de la tradition portraitiste occidentale. L'autoportrait de Purdie constitue ainsi une visualisation éloquente et magnifique de l'histoire personnelle, de l'identité et de la connexion au pays. Il démontre comment l'identité aborigène n'est pas conçue comme une essence psychologique intérieure mais comme un réseau de relations – relations avec les ancêtres, avec le pays, avec les récits du Ngarranggarni, avec la communauté. Le soi n'est pas un noyau isolé mais un nexus de connexions. L'œuvre fut acquise par la National Portrait Gallery en 2019 et fait désormais partie de la collection permanente de cette institution majeure, témoignant de sa reconnaissance comme contribution significative non seulement à l'art aborigène mais à la tradition portraitiste australienne dans son ensemble. L'excellence de Purdie dans l'utilisation de l'ocre naturel établit une norme de qualité matérielle et de sophistication technique. Sa maîtrise de la préparation des pigments, de leur application en couches richement texturées, et de la création d'effets visuels subtils à travers les variations de consistance et de technique d'application démontre une expertise artisanale qui ne peut s'acquérir que par des décennies de pratique dédiée. Sa capacité à créer des œuvres à grande échelle témoigne de sa capacité à concevoir et exécuter des projets ambitieux qui repoussent les limites du médium. La contribution de Purdie à l'exploration du syncrétisme entre spiritualité aborigène et christianisme constitue une dimension théologique significative de son œuvre. À une époque où les discours sur la colonisation tendent souvent à présenter les religions missionnaires uniquement comme des instruments d'oppression, l'œuvre de Purdie témoigne de la capacité des peuples aborigènes à négocier créativement avec le christianisme, à l'adapter selon leurs propres cadres cosmologiques, et à produire des synthèses spirituelles authentiques. Ses représentations visuelles du Christ ancré dans le paysage du Kimberley, de l'Ascension comme retour vers la terre plutôt que montée vers le ciel, et des Stations de la Croix incorporant l'histoire coloniale aborigène, offrent des modèles visuels puissants pour une théologie contextuelle aborigène. Ces œuvres constituent des contributions non seulement à l'art mais également au discours théologique sur la possibilité d'un christianisme authentiquement aborigène. Le projet de créer 72 œuvres sur les plantes médicinales et le bush tucker gija représente une entreprise encyclopédique de documentation visuelle des connaissances environnementales traditionnelles. Dans un contexte où la transmission orale est menacée par la transformation sociale rapide, cette documentation artistique constitue une forme vitale de préservation culturelle. Chaque peinture dans cette série fonctionne simultanément comme œuvre d'art autonome, comme document botanique (quoique stylisé plutôt que scientifiquement précis au sens occidental), et comme mémoire culturelle encodant les usages traditionnels des plantes. L'acquisition de cette série par le Museum of Contemporary Art garantit sa préservation institutionnelle et son accessibilité pour les générations futures, accomplissant ainsi l'objectif pédagogique que Shirley articule dans ses déclarations sur la fonction de l'art. Son inclusion dans des expositions telles que "So Fine: Contemporary Women Artists Make Australian History" à la National Portrait Gallery positionne son travail aux côtés d'autres praticiennes féminines majeures, établissant ainsi sa pertinence pour l'histoire de l'art australienne dans son ensemble. L'acquisition de son autoportrait monumental par la National Portrait Gallery et du corpus de 72 œuvres sur les plantes médicinales par le Museum of Contemporary Art signale que les institutions majeures reconnaissent ses œuvres non comme curiosités ethnographiques mais comme contributions artistiques substantielles méritant préservation et étude. Son œuvre se caractérise par l'utilisation magistrale d'ocres naturels richement texturés collectés sur son propre pays, créant une qualité tactile distinctive qui évoque l'expérience sensorielle directe de la terre. Le contenu thématique de l'œuvre de Purdie embrasse une gamme remarquablement diverse : représentations du pays maternel et paternel encodant les récits du Ngarranggarni ; documentation encyclopédique des connaissances traditionnelles concernant les plantes médicinales et le bush tucker ; exploration sophistiquée du syncrétisme spirituel entre cosmologie gija et christianisme ; et témoignage historique concernant la violence coloniale et ses impacts continus. Son œuvre démontre que l'excellence artistique, la sophistication conceptuelle, l'innovation formelle et la fidélité culturelle ne sont pas mutuellement exclusives mais peuvent être synthétisées de manière remarquable. Collections: National Gallery of Australia, Canberra, Australia Art Gallery of Western Australia, Perth, WA Artbank Australian War Memorial Collection, Canberra, ACT Commonwealth Institute Collection, London, UK Edith Cowan University Collection, Perth, WA Harvey Wagner Collection, USA Kerry Stokes Collection Museum of Contemporary Art, Sydney Northern Territory University Collection, Darwin, NT Australian National Maritime Museum Collection Bristol Museums Collections Latrobe university art collection

SHONELLE STAFFORD PWERLE

Shonelle Pwerrerl Stafford Shonelle est Anmatyerr de Yuelamu, dans le Territoire du Nord australien. Mère de cinq jeunes enfants, elle travaille à temps partiel à la boutique de Yuelamu. Elle est vice-présidente et membre fondatrice d'Inkwareny Artists. Shonelle peint les rêves de son grand-père paternel. Son style pictural, d'une grande finesse, se caractérise par une attention particulière aux détails et aux couleurs, aboutissant à des œuvres d'une qualité exceptionnelle. Elle puise son inspiration et son lien profond avec ses chants ancestraux : Angerr (l'œdicnème criard), Arnperrk (le mille-pattes), Rwamp (le sac de sucre) et Nymaty Anengkerr (le rêve de la larve de sorcière).

SONIA JUGADAI

Sonia Jugadai Sonia est née en 1969 dans le bush de Papunya. Elle est la fille de Narputta Nangala Jugadai, membre fondatrice d'Ikuntji Artists, et de Timmy Jugadai. Narputta était l'une des artistes les plus reconnues d'Ikuntji Artists et membre fondatrice. Née au lac McDonald, en Australie-Occidentale, elle et sa famille ont parcouru 400 kilomètres à pied vers l'est, jusqu'à Haasts Bluff, lors de la mise en place des premiers points de ravitaillement. Son frère, Riley Major, a régulièrement peint pour Papunya Tula Artists dans les années 1980. Le territoire de Riley se situe autour de Piltarta et Muruntji, au sud-ouest du mont Liebig. Il a souvent peint le récit du Rêve du Serpent associé au site de Kakarra. La sœur de Narputta, Tatali Nangala, était une autre artiste importante des débuts d'Ikuntji Artists. Elle est née dans les montagnes à l'est de la communauté de Kintore. À Haasts Bluff, elle épousa Charlie Tarawa Tjunggarayi ; ensemble, ils eurent sept enfants. Leur fille, Eileen Anyama Napaltjarri, est une peintre reconnue qui travaille depuis de nombreuses années pour Ikuntji Artists et Papunya Tula. La famille avait coutume de s'arrêter pour s'approvisionner en eau à Muruntji, à l'ouest de Haasts Bluff. C'est à Purritjara, juste à l'ouest de Muruntji, que le père de Narputta, le grand-père de Sonia, Tjampitjinpa, rencontra une autre tribu et fut tué. Il est enterré à Muruntji. Leur père décéda alors que Riley était encore enfant ; toutes deux furent emmenées à Hermannsburg avec les missionnaires et élevées par la famille Inkamala. Narputta retourna ensuite à Haasts Bluff, où elle rencontra son mari, Timmy Jugadai. Riley Major s'installa à Kintore, où il a passé la majeure partie de sa vie. Il a eu deux épouses et de nombreux petits-enfants. Il est aujourd'hui marié. Le père de Sonia, Timmy, était éleveur. Il voyageait de Yuendumu vers le sud, en direction de Haasts Bluff, avec ses chevaux et son bétail. Il s'arrêtait à 5 Mile Bore, près de Papunya, où Sonia passa une partie de son enfance. Elle se souvient d'avoir eu beaucoup de poules, de chèvres et de chevaux. Elle alla à l'école primaire de Haasts Bluff dans la vieille maisonnette argentée. Elle poursuivit ensuite ses études au Yirara College à Alice Springs. Après Yirara, elle retourna à Haasts Bluff et travailla comme femme de ménage à la clinique. Elle se souvient d'avoir travaillé avec Gary Young. Elle épousa ensuite Albie Jack, fils d'Eunice Napanangka Jack, membre fondatrice d'Ikuntji Artists et artiste reconnue. Ils eurent une fille ensemble, « Young » Eunice, née en 1986. Young Eunice a deux enfants. Sonia se souvient d'avoir aidé sa mère à peindre et d'avoir écouté les histoires du lac MacDonald. Sa mère chantait souvent le Temps du Rêve. Dans sa vingtaine, elle peignait ici et là, chez elle, avec sa mère. Elle se souvient de l'ouverture du Centre des femmes en 1992 : « Tout le monde était là », dit-elle. Sonia n'a commencé à peindre pour Ikuntji Artists qu'en 2018. Elle explique avoir commencé ainsi : « J'aime peindre pour perpétuer l'histoire de ma mère.» Elle a débuté avec des points, puis est passée à des coups de pinceau plus audacieux et à des couleurs plus vives. Elle représente des tali (dunes de sable) avec des couleurs éclatantes et des coups de pinceau expressifs, rappelant le style flamboyant de sa mère. Elle peint Karrkurrutinytja (le lac Macdonald), comme elle.

SONIA LEWIS

Sonia Lewis Sonia fait partie de la jeune génération d'artistes émergents qui créent des œuvres originales et captivantes à Ernabella Arts. Issue d'une famille d'artistes, elle compte parmi ses cousines Lynette, Michelle et Langaliki Lewis des artistes reconnues en milieu de carrière, et sa tante Atipalku Intjalki travaille au centre d'art depuis plus de 50 ans. Inspirée par ces femmes talentueuses de sa famille, Sonia a commencé à créer ses propres modèles de céramique.

STEVEN PETYARRE

Steven Petyarre Stephen est né en 1974. Il est le frère d’Anna Price Petyarre, l’une des artistes célèbres de ce movement. Tout comme sa soeur il a su créer un style personnel. Il est originaire de la communauté d’Utopia

Susan Wanji Wanji

Groupe Tiwi - Ile Melville – Territoire du Nord Susan est née en 1955. Elle a vécu sa jeunesse en Terre d'Arnhem Centrale, à Maningrida. En avançant en âge elle se familiarise avec la peinture sur écorce et la réalisation d'objets en fibre végétale. Puis elle rejoint l'ile de Melville. Coll : NGA

SUSIE BOOTJA BOOTJA NAPANGARDI

Susie Bootja Bootja Napangardi communauté de Balgo – Kimberley Susie (vers 1935 – 2003) était une artiste majeure de la communauté de Balgo. Elle était marié à un autre artiste célèbre, Mick Gill Tjakamarra. Cette toile reflète le style des artistes de cette communauté, marqué par les teintes chaudes comme le rouge, le jaune et le orange et qui viennent parfois se mêler aux bleus voir au vert. Collections : National Gallery of Victoria, Melbourne Queensland Art Gallery, Brisbane Art Gallery of New South Wales, Sydney Aboriginal Art Museum, Utrecht (Pays Bas) Flinders University Art Museum, Adelaide Holmes a Court, Perth Hank ebes, Sydney Morven estate

SUZIE HUNTER PETYARRE

SUZIE HUNTER PETYARRE Groupe Alyawarre – Utopia – Désert central Suzie (ou suzan) est née en 1966 elle est la sœur cadette d'artistes Annie Hunter, Jessie Hunter et Sandy Hunter Petyarre, tous des artistes d’Utopia. Susan a conservé un style de vie assez traditionnelle, vivant avec son mari Clement dans une oustation (petit campement). Elle aime explorer tous les aspects de sa culture et transmettre ses connaissances au travers de la peinture. Les artistes de cette famille sont parmi les derniers à peindre avec des points très fins réalisés souvent avec des pointes de spinifex. Collections : National Gallery of Australia, Canberra Robert Holmes, une Collection de la Cour, Perth

Takariya Napaltjarri

Takariya Napaltjarri (également connue sous le nom de Takirriyanya ou Doris) (née vers 1960) était une artiste aborigène de la région du Désert Occidental. Takariya est née vers 1960 ou 1965 dans le désert près de ce qui est aujourd’hui la communauté de Kiwirrkurra, en Australie occidentale, à la frontière entre l’Australie occidentale et le Territoire du Nord. Les sources diffèrent quant à sa date de naissance. L’ambiguïté autour de l’année de naissance est en partie due au fait que les aborigènes australiens fonctionnent selon une conception différente du temps, estimant souvent les dates en les comparant à la survenue d’autres événements. La mère de Takariya était Papalya Nangala et son père était Waku Tjungurrayi, dont la décision d’éviter tout contact avec les Européens a été à l’origine du fait que le groupe familial est resté isolé jusqu'en 1984. Le père de Takariya est décédé peu de temps après sa naissance ; elle a des frères et sœurs, dont le frère aîné Warlimpirrnga Tjapaljarri et la sœur aînée Topsy Gibson Napaljarri, également artiste. Takariya a épousé Freddy West Tjakamarra, mais ils se sont séparés plus tard et elle a ensuite épousé Richard Tjakamarra Yukenbarri et a eu une fille Tatiga.

TANYA BIRD MPETYANE

Tanya Bird Mpetyane Ethnie Anmatyerre – Utopia – Désert Central Tanya est née vers 1981. Elle fait partie d’une famille d’artistes réputées dont sa grand-mère Ada Bird Petyarre et ses parents Paddy et Eileen Bird.

TANYA PRICE NANGALA

Tanya Price Nangala Communauté d’Utopia – Désert central Tanya est née vers 1976. C’est sa grand-mère, Lena Skinner, qui lui a transmise les connaissances traditionnelles dont elle s’inspire aujourd’hui pour peindre (dont son Rêve de Femmes, Fourmis à Miel). C’est surtout la façon qu’elle a de passer d’un thème à un autre et d’une technique à une autre qui rend son travail séduisant.

TASHA COLLINS NAMPIJINPA

Tasha Nampijinpa Collins Tasha Nampijinpa Collins est née en 1988 à l'hôpital d'Alice Springs, l'hôpital le plus proche de Yuendumu, une communauté aborigène isolée à 290 km au nord-ouest d'Alice Springs dans le centre de l'Australie. Tasha est la petite-fille de Ruby Nakamarra Collins et la fille de Vanessa Nungurrayi Collins et Christopher Jangala Gallagher. Elle a grandi à Yuendumu et a fréquenté l'école locale, dont elle a obtenu son diplôme à l'âge de 17 ans. Elle est mariée et a une fille, la petite Napanganka, née en 2014. En 2004, Tasha a commencé à peindre pour le centre d'art. Elle a commencé lorsqu'elle a assisté à des ateliers au centre d'art pendant les vacances scolaires, mais une fois l'école terminée, elle a peint régulièrement, développant un style individualiste moderne qui intègre l'iconographie traditionnelle et des couleurs vives pour représenter son Jukurrpa. Elle peint les Ngapa Jukurrpa (Rêves d’eau) de son père

TASHA NAMPIJINPA COLLINS

Tasha Nampijinpa Collins Tasha Nampijinpa Collins est née en 1988 à l'hôpital d'Alice Springs, l'hôpital le plus proche de Yuendumu, une communauté aborigène isolée à 290 km au nord-ouest d'Alice Springs dans le centre de l'Australie. Tasha est la petite-fille de Ruby Nakamarra Collins et la fille de Vanessa Nungurrayi Collins et Christopher Jangala Gallagher. Elle a grandi à Yuendumu et a fréquenté l'école locale, dont elle a obtenu son diplôme à l'âge de 17 ans. Elle est mariée et a une fille, la petite Napanganka, née en 2014. En 2004, Tasha a commencé à peindre pour le centre d'art. Elle a commencé lorsqu'elle a assisté à des ateliers au centre d'art pendant les vacances scolaires, mais une fois l'école terminée, elle a peint régulièrement, développant un style individualiste moderne qui intègre l'iconographie traditionnelle et des couleurs vives pour représenter son Jukurrpa. Elle peint les Ngapa Jukurrpa (Rêves d’eau) de son père. Le site représenté sur ce tableau est Puyurru, à l’ouest de Yuendumu. Dans les lits des ruisseaux habituellement secs se trouvent des « mulju » (puits d’infiltration), ou puits naturels. Les « kirda » (propriétaires) de ce site sont des femmes Nangala/Nampijinpa et des hommes Jangala/Jampijinpa. Deux hommes Jangala, faiseurs de pluie, ont chanté la pluie, déclenchant une tempête géante. La tempête a traversé le pays d’est en ouest, voyageant initialement avec un « pamapardu Jukurrpa » (rêve de termites) de Warntungurru à Warlura, un point d’eau à 13 km à l’est de Yuendumu. À Warlura, un gecko appelé Yumariyumari a soufflé la tempête sur Lapurrukurra et Wilpiri. Des éclairs ont fusé à Wirnpa (également appelé Mardinymardinypa) et à Kanaralji. À ce stade, la piste du Rêve comprend également le « kurdukurdu mangkurdu Jukurrpa » (Rêve des enfants des nuages). Le Rêve de l’eau a construit des collines à Ngamangama en utilisant des bébés nuages ??et a également planté de longs nuages ??pointus dans le sol à Jukajuka, où ils peuvent encore être vus aujourd’hui sous forme de formations rocheuses. Le Rêve des termites a finalement continué vers l’ouest jusqu’à Nyirripi, une communauté située à environ 160 km à l’ouest de Yuendumu. Le Rêve de l’eau a ensuite voyagé depuis le sud jusqu’à Mikanji, un cours d’eau avec des zones de trempage au nord-ouest de Yuendumu. À Mikanji, la tempête a été captée par un « kirrkarlanji » (faucon brun [Falco berigora]) et emmenée plus au nord. À Puyurru, le faucon a déterré un « warnayarra » géant (serpent arc-en-ciel). Le serpent a emporté de l’eau avec lui pour créer un autre grand lac, Jillyiumpa, près d’une station éloignée dans ce pays. Les « kirda » (propriétaires) de cette histoire sont des hommes Jangala et des femmes Nangala. Après s’être arrêté à Puyurru, le Rêve d’eau a continué son voyage à travers d’autres endroits, notamment Yalyarilalku, Mikilyparnta, Katalpi, Lungkardajarra, Jirawarnpa, Kamira, Yurrunjuku et Jikaya, avant de se diriger vers le pays Gurindji au nord.

Tatali Napurrula

Tatali Napurrula Ethnie Luritja / Pintupi – communauté de Kintore Tatali décrit souvent, à la manière des artistes du désert, c’est-à-dire comme vu du ciel, le site de Pinpirri et les événements qui s’y déroulèrent au Temps du Rêve. Un groupe de femmes est venue là pour faire des cérémonies. Les formes en arc de cercle représentent les dunes et les roches qui entourent ce site. Tatali (Tatuli ou encore Pippini) est une Luritja née à Haasts Bluff vers 1943. Elle est la cousine de Turkey Tolson Tjupurrula. Ses parents sont parmi les premiers à sortir du Désert Occidental pour prendre contact avec la civilisation occidentale et bénéficier des rations alimentaires. Après avoir vécu à Haasts Bluff longtemps (où l’on parle le Luritja) elle regagne Kintore lors de la création de cette communauté en 1981. Elle commence à peindre en 1998. Coll : FU