DOREEN DICKSON NAKAMARRA

Née en 1956, Doreen Dickson Nakamarra a grandi complètement immergée dans sa culture, dans le sud du territoire Warlpiri, son groupe linguistique. Sa mère, Nora Long Napanangka et sa sœur, Janet Long sont aussi artistes. Si les Warlpiris utilisent de préférence les couleurs et les symboles traditionnels pour décrire de façon symbolique le voyage des Ancêtres / Rêves créateurs ainsi que l’environnement Doreen préfère produire des œuvres sobres, monochromes, mettant en valeur son principal thème, Ngurlu Jukurrpa, le Damper Seed Dreaming.

DOREEN REID NUNGURRAYI

Doreen est une artiste Pintubi de Kintore. Elle est la petite-fille des artistes bien connus de Papunya Tula, Walungkurra Napanangka et Johnny Yungut Jupurula.

DORIS BUSH NUNGURRAYI

Doris Bush Nungurrayi Doris Bush Nungurrayi est née vers 1942 à Haasts Bluff. Doris a grandi à Haasts Bluff, où elle a rencontré et épousé George Bush Tjangala, un locuteur Luritja / Amnatyerre. Ensemble, ils ont eu trois fils. George Bush a fait partie du premier groupe d'artistes dans le désert, au tout début des années 1970, bien qu’il n’ait pas beaucoup peint, à l’exception d’une brève période du début des années 1980. Au milieu des années 80, la famille s’installa à Nulyumanu, une zone très isolée à la frontière entre le Territoire du Nord et l'Australie Occidentale. Cette zone était « le pays » de sa mère. Plus tard, le couple s’est partagé entre Papunya et Alice Springs, où George a peint pour le compte d'un centre d'art. Après la mort de son mari en 1997, Doris s'installe à Papunya. Doris peignait un peu à ce moment. Mais en 2007 un nouveau centre d'art voit le jour à Papunya. Les femmes vont devenir la colonne verticale de ce centre et Doris devient rapidement l’un des peintres les plus prolifiques et les plus enthousiastes. En mars / avril 2012, elle a eu sa propre exposition solo à la Damien Minton Gallery à Redfern Sydney, la première à le faire sous les auspices du nouveau centre d'art. Nyunmanu n'est pas seulement l'endroit où elle a vécu. C'est l'endroit qu'elle célèbre souvent dans ses peintures. Il s'agit d'un site important associé au Rêve du Dingo. Les cercles de cette histoire représentent souvent d'importants points d'eau. Les motifs qui s'étendent des cercles sont ceux que les femmes peignent sur leurs poitrines lors d'une cérémonie. Collections : Artbank, Maquarie Bank Coll, University of Western Sydney,...

Dorothy Djukulul

DOROTHY DJUKULUL communauté de Ramingining – Terre d’Arnhem Centrale Dorothy est né en Juin 1942 à Murrwangi près de Mulgurrum en Terre d’Arnhem. Elle est la fille de Nhumarmar, pentre sur écorce réputé. Sa famille s’est déplacée vers Milingimbi où une mission méthodiste avait créée une école. Elle a travaillé comme gardienne de troupeau, cuisinière, …avant de commencer à peindre sous les encouragements du surintendant. Son père et son oncle l’influencèrent en lui montrant la manière traditionnelle de peindre : avec des ocres sur écorce d’eucalyptus. Dorothy a passé une partie de sa jeunesse à Maningrida, une communauté importante de Terre d’Arnhem, pour se marier et passer sa vie auprès de « son vieux mari ». Avant de mourir son père consulta les anciens de son clan. Il n’avait qu’un fils, George Milpurrurru, à qui confier ses histoires traditionnelles. Il demanda donc la permission de transmettre une partie de ses connaissances à sa fille afin qu’au travers de ses œuvres elle contribue à répandre la culture, les histoires et les motifs traditionnels. Son caractère bien trempé lui permis, malgré les pressions, de peindre des motifs qui appartiennent en principe aux hommes. Après la mort de son premier mari, elle s’est remariée avec Djardie Ashley, lui-même artiste célèbre. Coll : Artbank, Art Gallery of NSW, Art Gallery of South Austr, Flinders University Art Museum, Linden Museum (Stuttgart, Allemagne), Milingimbi Education and Cultural Association, Museum and Art Galleries of the NT, Museum of Comtemporary Art, National Gallery of Australia, National Gallery of Victoria, National Maritime Museum (Sydney), The Holmes a Court Coll, Wollongong City Art Gallery, John Kluge Coll…

Dorothy Napangardi

Dorothy Napangardi Christine Nicholls rappelle que la naissance de Dorothy Napangardi (vers 1950 – décédé en juin 2013) n’a pas été enregistrée pour cause de second mariage de sa mère. … mais à cette époque peu d’Aborigène le sont et les dates de naissance fluctuent beaucoup…né vers… dit-on. Si parfois les Australiens ont tendance selon moi à vieillir les artistes (Minnie Pwerle par exemple…peut-être dans une fourchette de 10 ans !) pour Dorothy il me semble que c’est l’inverse. Je tiens les informations de Margaret, sa sœur qui en 2011 nous affirmait que sa sœur avait 61 ou 63 ans… Dorothy fait partie de ces Aborigènes qui ont vécu nomades, dormant à la belle étoile (on ne peut s’empêcher de penser à ses toiles, à l’aspect stellaire de sa production). Toujours Christine Nicholls interrogeant Dorothy lui fait dire que c’était une période très heureuse avec un sentiment incroyable de liberté. Elle parcourait des vastes étendues qui paraissent si inhospitalière aux regards occidentaux. Cette artiste est passée maître dans la technique pointilliste. Dorothy Napangardi, dont la qualité des œuvres n’a d’égale que la diversité et la créativité, semble peindre la voûte céleste. Il s’agit pourtant du contraire, une vue aérienne de la terre et plus particulièrement du site de Mina Mina dont elle est l’une des gardiennes. Ses premières peintures ont pour sujet le Rêve de Bananier Sauvage, un thème courant chez les femmes du centre du désert. Bien que les variantes et les interprétations soient nombreuses, l’aspect figuratif l’emporte souvent, ce qui est rare dans l’art aborigène. C’est le cas chez elle aussi, où l’esprit de cette plante rampante est célébré au travers des variations saisonnières et des différentes étapes de maturité de la plante. Mais ce style reste trop proche de sa sœur clanique Eunice Napangardi pour imposer Dorothy comme une artiste à part entière et ce malgré le très beau rendu qui découle de son sens technique très développé…. Pour atteindre ce statut, elle va accomplir une révolution intérieure et artistique. Dorothy va parvenir à se dégage méthodiquement du corpus symbolique classique pour développer une recherche qui réside plus dans le rendu graphique et une précision obtenu sans l’effet des couleurs si chères aux Warlpiri. Ses premières peintures constituent, en effet, une période d’apprentissage, d’expérimentation, qui permettra bientôt aux pulsions si profondément enfouies de s’exprimer. Car Dorothy est autiste légère. Quand se produit ce changement intérieur, son style bascule – nous sommes alors dans le milieu des années 1990 et Dorothy peint depuis une dizaine d’années. Sa peinture prend un aspect très abstrait. Pendant certaines périodes, elle peint tous les jours, afin de répondre à une exigence et à un besoin puissants. Ses compositions dépassent alors l’expression pure des motifs du Rêve du Bâton à Fouir, ou ceux des cérémonies féminines associées au site de Mina Mina dont elle est la gardienne. Car le hasard et, surtout, les forces intérieures prennent le pas sur la tradition ; une part de réflexion et une part de jaillissement spontané qui varient selon l’humeur. Les motifs anciens sont transformés en lignes, en mouvements subtils, en labyrinthes. Les dunes, les variations du relief, toutes sortes de nourritures et de végétaux, la vie, les lacs asséchés, craquelés, les remontées de sel, tous ces éléments forment des quadrillages savants. Ses toiles montrent comment avec une même technique simple, la répétition de petits points réalisés à l’aide d’un bâtonnet et d’un nombre de teintes très limitées (souvent juste du blanc sur un fond noir), on peut obtenir des résultats très différents tout en gardant un style homogène, facilement identifiable. Ses compositions très méticuleuses et les mouvements rythmiques qui en découlent captent parfaitement l’atmosphère si particulière du désert. Les séries s’enchaînent au fur et à mesure au gré de l’humeur de Dorothy. Elles ramènent à la sensibilité de Dorothy, à sa propre vision du site dont elle est la gardienne spirituelle, à l’histoire et à la géographie de cette partie du Désert central et aussi et surtout à l’expression de sa puissance artistique. Le rendu est particulièrement proche d’œuvres d’artistes contemporains occidentaux. Sa lecture des motifs traditionnels est tout à fait personnelle, presque illisible pour les autres initiées. Finalement, elle est une artiste dont la production est assez peu typée « aborigène ». Ceux qui n’ont pas une connaissance suffisante de cet art pourraient imaginer que ces toiles sont mexicaines, polonaises ou japonaises. C’est là qu’on mesure la révolution qu’elle a introduite en changeant de style. Probablement aussi, c’est ce tournant qui a permis le succès de Dorothy, en élargissant son audience. Des amies Warlpiri lui donnèrent un surnom traduit en anglais par « The Silent One ». Certes elle communiquait peu…mais pourtant plus que l’autre phénomène de la famille, sa cousine Judy Watson. Elle décède tragiquement dans un accident de voiture. Collections : National Gallery of Australia (Adelaide), Metropoliatn Museum of Art (New York), British Museum, National Gallery of Victoria (Melbourne), Museum and art Galleries of the Northern Territory (Darwin), Art Gallery of South Australia (Adelaide), Australian Council, Queensland Museum, Kaplan Levi Coll (USA), Linden Museum (Allemagne), Musée des Confluences, Lyon, (France), Artbank (Sydney), Art Gallery of Western Australia (Perth), Strokes Coll (Perth), Kelton Foundation (Santa Monica, Californie, USA), Metropolitan Museum, New York Thomas Vroom (Hollande),…

Dr George Tjapaltjarri

« Dr » GEORGE TAKATA TJAPALTJARRI Dr George est né vers 1930 (entre 1930 et 1940 selon les sources) sous le nom de Nyunmul. Il a vécu longtemps dans le bush, menant une vie très traditionnelle, autour de Jupiter Well jusqu'au début des années 1960. Nous sommes ici à 900 km à l’ouest d’Alice Springs. En 1964 (1963 selon d’autres sources), une patrouille menée par Jeremy Long localise son groupe familiale. Il s’agit pour eux du premier contact avec le monde des Blancs. Dr George va travailler avec Jeremy Long pour aider les Aborigènes qui sortent alors du désert pour être sédentarisés. C’est un basculement brusque, de l’âge de la pierre et la civilisation occidentale. Il faut prendre des précautions pour que cette transition se passe en douceur. Et George est très respecté, dès cette époque. C'est un guérisseur traditionnel mais aussi un homme pleinement initié. Avant son déplacement vers une communauté aborigène, il est considéré comme le guérisseur le plus respecté de toute la région (Ngangkari). Il a pratiqué des soins selon des techniques secrètes, vieilles de milliers d’années. Son groupe s'installe plus tard dans la région de Kintore (une importante communauté aborigène qui abrite d’autres Pintupi). C’est là, suite à sa collaboration avec la clinique de la communauté que le personnel soignant lui donne son surnom de « Docteur ». Il est le frère de Tommy Lowry Tjapaltjarri, l’un des fondateurs du mouvement artistique. Il se met à peindre très tôt, en 1973 et le fait jusqu’en 1978 avant de faire une parenthèse dans sa carrière de peintre. Il se remet à la peinture pendant quelques années à la fin des années 1980. Au départ, il peint alors dans un style assez conventionnel (pointillisme et iconographie classique) en s’inspirant de « Cycles Tingari » ou d’un Rêve Serpent associés à « ses » terres, en autre Karrinwara prés de Kintore et Kilingya prés de Jupiter Well (en fait prés de 19 sites cérémoniels auxquels il fait référence dans ses peintures). A la fin des années 1990 il s’installe avec sa famille à Alice Springs et commence à travailler pour plusieurs marchands indépendants. C’est à cette période que le style qui l’a rendu célèbre se met en place. En plus d'être un guérisseur traditionnel, docteur George est un ancien important des Pintupi, chargé de superviser l'initiation des jeunes hommes. Cette responsabilité implique de leur révéler les connaissances secrètes liées au « Cycle Tingari ». Docteur George représente ce vaste éventail de connaissances culturelles dans ses œuvres, qui affichent une série audacieuse de lignes très pures probablement inspirées par les dessins des peintures corporelles mais, peuvent avoir d’autres sens (comme les torches utilisées pour éclairer les cérémonies ou les bâtons servant à faire le feu, c’est un détail donné par la galeriste qui lance véritablement sa carrière à partir du milieu des années 1990, directrice de la galerie Gondwana). Les dessins des peintures corporelles impliquent aussi souvent une forte association avec le paysage désertique, ses trous d’eau, ses collines de sable, les roches et les lits de ruisseaux asséchés. Les couleurs qu’il utilise reprennent les teintes traditionnelles, celles des ocres, de l’argile et du charbon de bois, qui sont : rouge, jaune, blanc et noir. Les thèmes se référent la plupart du temps, comme chez les autres initiés pintupi, aux Cycles Tingari, et se rapportent, au moins en partie, aux grandes étendues couvertes par les Ancêtres Tingari au cours de la période de création mythologique, le Temps du Rêve. Dans leurs mythes, les êtres Tingari auraient parcouru de vastes étendues et où ils ont créé des reliefs et enseigné les lois. Ils étaient parfois accompagnés de novices et de femmes. Les Cycles Tingari (les histoires, les chants associés et les motifs sacrés) sont très secrets. En 1998, il élabore son style très sobre. Ses peintures possèdent une audace, un élan, et une modernité qui tranchent avec le personnage assez petit, malade et leur signification profonde. Elles traduisent son autorité et sa confiance. Comme souvent dans l’art pintupi, le minimalisme de ces pièces, parfois simplement quelques lignes parallèles ou un groupe de points très gros, ne doit pas faire oublier leur profondeur. Peu à peu grâce à ce nouveau style, George devient l’un des artistes influent de l’Ouest du désert. Ses toiles sont montrées un peu partout en Australie mais aussi en Europe et aux USA. Il doit cependant mettre fin à sa carrière suite à des problèmes de vue. Nous avons eu la chance de le rencontrer en 2000. Ce qui m’avait frappé c’était le contraste très fort entre les photos de George, où il apparaît souvent avec un visage fermé, dur. Effectivement si vous preniez un appareil photo il prenait immédiatement cette mine fermée. Mais si vous le posiez, alors il se mettait à sourire et il était rayonnant, avec une présence bienveillante rare. Collections : Artbank, Sydney Kaplan Levi Collection, Seattle, USA Museums and Art Galleries of the Northern Territory, Darwin National Gallery of Australia, Canberra National Gallery of Victoria, Melbourne Robert Holmes a Court Collection, Perth Supreme Court of the Northern Territory, Darwin Vroom Collection, The Netherlands Fondation Burkhardt-Felder Arts et Culture, Motiers, Switzerland Hood Museum, USA Aboriginal Art Museum, The Netherlands Selected Solo Exhibitions 2022 Ngangkari - Clever Man, Japingka Gallery, Freemantle Selected Group Exhibitions 2007 Redrock Gallery, International Art Expo, Beijing, PR China 2007 Redrock Gallery, Grand Hyatt Hotel, Beijing, PR China 2007 Redrock Gallery, China World Exhibtion Centre, Beijing, PR China 2007 Redrock Gallery, Gallery Grand Opening Beijing, PR China 2003-2006 Redrock Gallery, Melbourne 2002 Mine, Gallery Gondwana, Alice Springs 2001 alice.fitzroy@af, Alliance Francaise de Canberra and French Embassy, Canberra 2001 Country After Rain, Framed - The Darwin Gallery, Darwin 2000 From Utopia to Kintore, Group Exhibition, Melbourne 2000 Lines, Fire Works Gallery, Fortitude Valley, Brisbane 2000 Recent Paintings by Walala Tjapaltjarri and Dr George Tjapaltjarri, Coo-ee Aboriginal Art Gallery, Sydney 2000 Landmarks, Brisbane Powerhouse, Dar Festival, Queensland 1999 Tingari Cycle, Fire-Works Gallery, Brisbane 1999 Painting the Desert, Alliance Francaise de Canberra & French Embassy, Canberra 1998 Dr George Tjapaltjarri, Gallery Gondwana, Alice Springs 1998 Queensland Museum, Brisbane 1998 Tingari - My Dreaming, Japingka Gallery, Perth 1998 Tingari Cycle - Paintings of the Pintupi, Gallery Gondwana, Alice Springs 1998 Warlimpirrnga Tjapaltjarri and Dr George Tjapaltjarri, Coo-ee Aboriginal Art Gallery, Sydney 1993 Chapman Gallery, Canberra 1992 Dreamtime Gallery, Broadbeach, QLD 1990 Araluen Arts Centre, Alice Springs 1989 Mythscapes, National Gallery of Victoria, Melbourne 1988 Queensland Museum, Brisbane

DULCIE LONG PWERLE

Dulcie Long Pwerle Dulcie Long Née en 1979 dans la région d’Utopia, un lieu isolé d'Australie Centrale, Dulcie a grandi dans une communauté où l’art n’est pas seulement une expression, mais un lien sacré avec la terre, les ancêtres et les Rêves. Fille d’une artiste respectée, Jeannie Petyarre, apparentée directement à des artistes très célèbres de ce mouvement comme Gloria et Kathleen Petyarre. Elle a hérité d’un héritage artistique aussi riche que les motifs qu’elle trace sur ses toiles. Dès son plus jeune âge, Dulcie a été immergée dans un monde où les histoires se racontent non pas avec des mots, mais avec des pinceaux. Sa mère lui a transmis les récits du Pays, ces récits sacrés appelés "Dreamings" / Rêves qui relient les générations aux paysages et aux esprits de leurs ancêtres. Entourée de figures artistiques emblématiques de sa communauté, Dulcie a observé, appris et absorbé les techniques et les significations profondes de la peinture. Les femmes d’Utopia, réputées pour leur audace et leur créativité, ont marqué son esprit, lui enseignant l’importance de célébrer la terre à travers l’art. Les sources d’inspiration de Dulcie puisent directement dans la nature et la spiritualité de son pays natal. L'igname, une plante essentielle à la fois comme nourriture et comme symbole spirituel, est au cœur de son œuvre. Elle peint les feuilles entrelacées de cette plante avec une précision presque méditative, rendant hommage à son rôle dans la culture anmatyerre. Chaque coup de pinceau est un acte de respect, un souhait pour la régénération de cette plante sacrée, qui sert aussi dans la pharmacopée traditionnelle. Mais Dulcie ne se limite pas aux récits anciens. Elle s’inspire également des paysages changeants d’Utopia : les dunes de sable, les plaines inondées par les rares pluies, les broussailles éparses et les sites cérémoniels où les chants et les danses des femmes résonnent encore. Le style de Dulcie Long est un équilibre entre tradition et innovation. Ses premières œuvres, vibrantes et rythmées, capturent l’énergie des feuilles de Yam avec des couleurs éclatantes – des ocres chauds, des verts profonds et des jaunes solaires. Ses coups de pinceau, fluides et répétitifs, évoquent le mouvement du vent ou le flux d’une rivière invisible, créant une sensation de vie et de continuité. Avec le temps, Dulcie a exploré un style plus minimaliste, où les rangées de points délicats tracent les contours de son pays ancestral. Ces œuvres, plus sobres dans leur palette, ne perdent rien de leur puissance. Chaque point, chaque ligne, est chargé de sens, représentant des collines, des rivières ou des lieux sacrés où les cérémonies Awelye, ces rituels féminins, prennent vie. Ce minimalisme reflète une maturité artistique, une volonté de laisser la simplicité parler pour la profondeur de son lien avec la terre. Dulcie Long vit modestement, fidèle à ses racines. Lorsqu’elle ne peint pas, elle s’occupe des aînés de sa communauté, un rôle qui reflète son respect pour les traditions et les générations qui l’ont précédée. Ses toiles, bien que vendues dans des galeries à travers le monde, restent ancrées dans une vérité intemporelle : elles sont une célébration de son pays, de ses ancêtres et de la force des femmes d’Utopia. Elle est une passeuse d’histoires, une gardienne de la mémoire, et ses œuvres sont des fenêtres ouvertes sur un monde où la terre et l’esprit ne font qu’un.

DYMPHNA KERINAUIA

Dymphna Kerinauia (1960) Groupe Tiwi – Ile Melville Dymphna Kerinauia est née dans le bush à Paru, sur l'île Melville, dans le détroit d'Apsley, en face de la mission de l'île Bathurst. Dymphna est issue d'une grande famille d'artistes. Elle est la nièce de la regrettée artiste Kitty Kantilla (vers 1928-2003 – peut-être la plus importante artiste aborigène). Dans la culture tiwi, la fille d'un frère ou d'une sœur est aussi considérée comme sa propre fille. Dymphna a commencé à peindre au centre d'art en 2000 et a été profondément influencée par l'observation d'une vieille dame qui, chaque jour ouvrable, s'asseyait sur sa chaise spéciale au même endroit dans l'atelier. « J'avais l'habitude de m'asseoir avec elle. Elle peignait beaucoup d'histoires sur la nourriture et la chasse. Je peins des dessins corporels, des jilamara. Petite, j'ai appris de la vieille dame lorsqu'elle séjournait à Paru. Elle me racontait des choses, comme comment elle fabriquait des poteaux funéraires pour hommes et femmes. Elle dessinait un point, puis un trait. Elle voulait que j'apprenne aussi. La vieille dame utilisait un bâton, mais maintenant, j'utilise un pinceau. » Son talent a été reconnu et encouragé par le coordinateur artistique, et elle a développé son propre style. Collections Levi-Kaplan Collection, Seattle, USA

EDITH JACKSON NAMPITJINPA

Edith Jackson Nampitjinpa Les Pintupis et leurs voisins du sud sont les derniers aborigènes à être localisée par les colons européens. La mère d’Edith est Walangkura “Jackson” Napanangka et son père, Uta Uta Tjangala, l’un des artistes fondateurs de Papunya au début des années 1970. Edith est née vers 1960 ou dans les années 1960. Elle aurait assisté à de nombreuses cérémonies féminines et fait maintenant partie des femmes les plus âgées qui transmettent des histoires et des traditions à la jeune génération. Elle vit maintenant à Kiwirrkurra avec son mari Warlimpirrnga Tjapaltjarri, lui même un artiste renommé. Elle s'inspire souvent des histoires associées au site de Lupul, à côté Tjukurla / Kintore. Edith peint le pays de sa mère situé autour de Tjukurla, au sud-ouest de Kintore. Ses œuvres décrivent le paysage de dunes de sable, les points d’eau et les sites cérémoniels, ainsi que les cactivités quotidiennes de collecte de nourriture.

Edward Blitner

Edward Blitner (Eddie Taiita Blitner) est né en décembre 1964. Il est originaire de la communauté de Ngukkurr (parfois nommée aussi Yugul Mangi) sur la rivière Roper, au sud-est de la Terre d’Arnhem. Son envie de peindre naît très tôt, lorsqu’il a à peine 7 ans. C’est en voyant son grand père peindre sur écorce, mixer les pigments naturels que la motivation voit le jour. Peu à peu les histoires qui vont l’inspirer durant sa carrière lui sont révélées. Avant de devenir peintre, Edward ira à l’école à Adelaide puis occupera des emplois dans les fermes d’élevage. Il participe aux manifestations pour une rétribution égale entre employés blanc et aborigènes (mouvement lancè par Vincent Lingiarri en août 1976). Edward est un artiste complet. Il est surtout célèbre pour ses peintures mais sculpte également et fabrique des boomerangs, didgeridoosou des lances destinés à la vente. Mais en dehors du commerce, il réalise aussi des objets pour les cérémonies de son clan. Le style d’Edward est assez classique, traditionnel. Il produit des peintures « radiographiques ». Les animaux ou les esprits sont représentés avec les caractéristiques extérieures (en général de profil) mais également des organes internes comme la colonne vertébrale, le cœur, les poumons… . Ce style est probablement à la fois didactique (on peut apprendre aux jeunes chasseurs où viser l’animal, quels sont les organes comestibles,…) et ésotérique (tel organe de tel Ancêtre est à l’origine de telle colline, etc…). Mais il peint aussi beaucoup les esprits Mimi, des esprits ayant forme humaine qui courent, dansent, chantent. Ce sont eux qui sont censés avoir appris aux Aborigènes les techniques de chasse, les rituels, les danses… . Ils vivent toujours dans les crevasses, les arbres, rochers… Les esprits Mimi pourraient être assimilés à nos lutins, nos farfadets ou korrigans bretons. En transmettant leurs connaissances aux Aborigènes, ils ont montré un aspect très positif. Toutefois, ils peuvent se montrer farceurs et même peuvent vouloir se venger si l’on vient chasser sur leur territoire. Ils sont donc craints. Les Ancêtres quant à eux, même si ils se montrent très souvent violents, amoraux, sont presque toujours considérés comme des Etres positifs puisqu’ils ont créé la vie, les hommes et les objets qu’ils utilisent quotidiennement comme le boomerang, donné les lois et les rituels. En 1999 il remporte le premier prix lors du Barong Aboriginal Cultural Festival.

EILEEN ADAMSON

Eileen Adamson (Aileen Adamson) Eileen vient de ces terres isolées où, en 1962, on localisa le dernier couple à vivre en nomade, sans contact avec l’homme blanc (en 1984 on trouve un autre groupe familial isolé, de 12 individus, dans le Désert Occidental, plus au Nord). Les sécheresses répétées avaient conduits la plupart des Ngaanyatjarra et leurs voisins à quitter leurs terres traditionnelles. Les uns rejoignant le sud de l’Australie Occidentale, une autre partie Haasts Bluff ou Kintore dans le Désert Occidental et une grosse partie rejoignant les communautés du sud du Désert Central comme Ernabella ou Fregon. Eileen et sa famille se sont fixées à Amata. C’est là qu’ils vont imposer un style riche en couleurs et en formes. Les toiles évoquent le désert, la topographie, les ruisseaux, les terres argileuses qui retiennent la pluie … quand elle veut bien tomber… et toutes sortes de nourritures que les Aborigènes savent trouver.

EILEEN BIRD KNGWARREYE

Eileen Bird Kngwarreye (1956) Groupe Anmatyerre - Utopia Eileen a grandi sur ses terres à Harts Range, mais s'est ensuite installée dans le sud d'Utopia pour épouser Paddy Bird, artiste aujourd'hui disparu. La mère de Paddy était une artiste renommée, Ada Bird Petyarre (soeur ainée de Gloria et Kathleen Petyarre). Elle peint depuis le milieu des années 1990. Ses œuvres illustrent principalement le récit de l'igname sauvage (ou « pencil yam ») et les cérémonies féminines. Ses créations consacrées à l'igname sauvage célèbrent ce tubercule, aliment de base des populations du désert, également très prisé pour ses vertus médicinales. Les œuvres d'Eileen représentent généralement la graine de l'igname (par la technique du pointillisme) et sa fleur (au pinceau), rendant ainsi hommage à l'esprit de cette plante précieuse dans l'espoir qu'elle se régénère. collections : Art Gallery of New South Wales, Umpqua Bank (Portland, Oregon), New City Merchants (Knoxville Tennessee), Holmes a Court Collection (Australia), Art Bank Sydney (Australia), Art Gallery of the Northern Territory (Australia), Kelton Foundation (Santa Monica, USA)

Eileen Napaltjarri

Eileen, comme nombreux autres Pintupis née avant 1960 (pour son cas, 1956), se souvient encore de sa vie traditionnelle, quand elle arpentait le bush avec sa famille. Ses parents sont des membres importants de cette ethnie et vont jouer chacun à son tour un rôle important dans le mouvement pictural. Son père est le grand Charlie Tarawa Tjungurrayi et sa mère Tatali Nangala. Sa carrière artistique démarre vraiment en 2002 lorsqu’elle se met à peindre régulièrement. Eileen est une pionnière. Très proche d’artistes hommes comme Kenny Williams Tjampitjinpa, elle adopte un style proche de ceux-ci, avec des motifs minimalistes quoique marqués par des couleurs brillantes et chaudes, mixe de rouge, jaune, orange et blanc. Elle est ainsi l’une des premières artistes du Désert occidental à prendre cette orientation. Ses dernières années son succès s’est confirmé par le prix du Redlands Wespac Prize qu’elle remporte en 2005 et par la participation à de nombreuses expositions prestigieuses à travers le monde. Elle s’inspire le plus souvent d’histoire de quête de nourriture sur le site de Tjiturrulpa. Coll : Art Gallery of New South Wales, National Gallery of Australia

Eileen Yaritja Stevens

Eileen Yaritja Stevens Eileen Yaritja Stevens (vers 1910 / 1919 - 19 February 2008) est née à Mikiri dans le nord de l’Australie Méridionale, non loin de la frontière avec les deux autres états de l’Australie Occidentale et du territoire du Nord. Ce site est associé au Rêve de la Fourmis à Miel et les femmes viennent y faire des cérémonies. Bien qu’elle se dise principalement Pitjantjatjarra, son père était issu du groupe linguistique Yankunytjatjara et sa mère Ngaanyatjarra. Elle a vécu une bonne partie de sa jeunesse à Ernabella où une mission s’était installée. Elle se rappelait s’être occupée de la traite des chèvres. Elle finira par s’installer à Nyapari, le pays de son mari, un site très beau, aux pieds des Mann Ranges. Les Mann Ranges possèdent de nombreux sites sacrés tout comme des sites propices pour installer un campement pour quelques jours, avec des points d’eau par exemple. Ces chaînes de montagnes, connues des Anangu sous le nom de Murputja, assimilant la montagne à la crête osseuse de la colonne vertébrale, sont à l'origine de nombreux points d'eau et de sites de campements traditionnels. Les territoires de Kanpi, Nyapari, Angatja, Umpukulu et Tjankanu sont passés de ces sites de camping saisonniers à des sites d'installation permanents, transformés en petites communautés aborigènes. Parfois appelée Kunmanara Yaritja Stevens depuis son décès. Il est interdit de prononcer le nom d’une personne morte récemment et Kunmanara est un terme de respect utilisé pour remplacer le prénom des Anangu décédés. Stevens ne commença à peindre professionnellement (pour les cérémonies, elle est amenée à peindre sur les corps, sur les objets cérémoniels,..) qu'en 2004, très tard dans sa vie. Dans la région des Terres APY on commence à peindre tardivement, bien que des expérimentations ai eu lieu bien avant l'introduction de l'acrylique à Papunya dans le Désert occidental (1971). Mais cela reste confidentiel et les œuvres produites durant cette première phase à Ernabella ne sont pas suffisamment puissantes pour s'imposer sur le marché de l'art australien et d’autant plus sur le marché international. Mikiri, où elle est née, est un lieu sacré important pour les femmes A?angu / Pitjantjatjarra. Lorsqu'elle se met à peindre, ce lieu devient la source principale de son inspiration (le Minyma Tjala Tjukurpa – Rêve de la Fourmi à Miel), mais pas le seul. Elle a également peint des histoires sur Piltati, près du lieu de naissance de son mari, étroitement lié au Rêve des Deux Hommes-Serpents (Wati Wanampi Kutjara Tjukurpa). Son mari était décédé à cette époque, et Stevens s'était liée d'amitié avec Wingu Tingima. Tingima s'était déjà établie comme artiste lors de son passage dans la communauté d'Irrunytju – les Aborigènes se déplacent beaucoup, souvent pour voir les membres de leur famille et peuvent produire ainsi pour plusieurs centres d'art au gré de leurs déplacements. Les deux femmes prirent l'habitude de peindre pour le centre d'art communautaire local de Nyapa?i, Elles peignaient souvent côte à côte, partageant leurs idées créatives et visitant leurs expositions ensemble. La fille d'Eileen, Son art a connu un succès immédiat. Sa première (et unique) exposition personnelle a eu lieu en octobre 2007, moins d'un an avant sa mort. L'exposition, intitulée « Minyma Kutju : Une femme », s'est tenue à la galerie Vivien Anderson de Melbourne. Mais on a vu ses œuvres dans de très nombreuses expositions collectives, y compris en France, au Musée du Quai Branly. Sa carrière très courte, seulement 4 ans, ne l’empêche pas de se faire un nom sur le marché de l’art aborigène. C’est que son style, frais, gestuel et spontannée, et son talent de coloriste a apporté quelque chose de nouveau. Elle fait partie des pionniers du mouvement artistique dans la zone des Terres APY et, si on a loué le renouveau apporté par les artistes de cette zone culturelle et géographique très étendue, on le doit à une poignée de peintres qui ont ouvert les portes, en se mettant au service de la tradition mais en le faisant chacun à sa manière, découvrant toutes les possibilités offertes par l'acrylique, osant un style non stéréotypé. Sa carrière courte l'a cependant empêchée d'être reconnue à sa juste valeur et de se faire un nom auprès d'un public plus large. Son audace et sa palette vibrante insufflent une énergie vitale à ses toiles. Son talent exceptionnel transparaît dans des compositions abstraites linéaires, foisonnantes et dynamiques, où les motifs ancestraux du Tjukurpa (Rêve) explosent en un élan passionné, mêlant narration puissante et lien profond à son pays. Ses œuvres, chargées d’une vitalité joyeuse et narrative, captivent par leur immédiateté graphique et leur force expressive incontestable. Eileen est décédée en février 2008, à l'âge de 89 ans, et chantait et peignait toujours avec passion et énergie. COLLECTIONS ARALUEN GALLERY, ALICE SPRINGS, NORTHEN TERRITORY IAN BERNDT COLLECTION, PERTH, WESTERN AUSTRALIA KAPLAN-LEVI COLLECTION, SEATTLE, USA THE ART GALLERY OF SOUTH AUSTRALIA, ADELAIDE,SA THE ART GALLERY OF WESTERN AUSTRALIA, PERTH, WA THE LEPLEY COLLECTION, PERTH, WESTERN AUSTRALIA. THE MARSHALL COLLLECTION ADELAIDE, SOUTH AUSRTALIA THE MERENDA COLLECTION THE MURDOCH UNIVERSITY ART COLLECTION, THE NATIONAL GALLERY OF AUSTRALIA, CANBERRA, ACT LAGERBERG-SWIFT COLLECTION, PERTH THE NATIONAL GALLERY OF VICTORIA, MELBOURNE, VIC W & V MCGEOCH, MELBOURNE, VICTORIA

ELAINE WARNATJURA LANE

Elaine Warnatjura Lane Né: début des années 1940 Groupe linguistique: Ngaanyatjarra Elaine est née dans le bush. Le pays peint par Elaine s'étend de Jameson à Blackstone, comprenant des paysages divers comme des dunes de sable rouge, le long des chaînes de Blackstone et de vastes plaines parfois inondées et des bassins argileux. Ce pays est parfois inondé à la fin de la saison des pluies, notamment aux pieds des chaînes de montagnes, L'eau alimente alors des nappes et des trous d'eau et concoure à la fertilisation de la terre, à la germination des graines et aux cycles de floraison des plantes. On y trouve des graines qui serviront à faire une espèce de pain. Les peintures racontent souvent l'histoire de wati kutjarra (2 Hommes Varans / Goannas), l'histoire associé à cette zone des Blackstone. Elaine est une femme fière de sa culture et de ses connaissances.Les peintures d'Elaine sont couvertes de points colorés marquant ces plaines inondables, plus riches qu'on ne l'imagine. Une ligne marque la toile, représentant la « songline », lle voyage des Ancêtres du Temps du Rêve, aujourd'hui la piste de Jameson. La toile se réfère ici à un épisode du Temps du Rêve. À l'époque, lorsque le groupe Dinde Sauvage vivait dans cette région, il n'avait pas de feu. Tout le monde frissonnait en hiver, Un jeune homme se tenait au sommet des collines à Warutjarra et tendait les mains dans toutes les directions pour voir s'il pouvait sentir de la chaleur. Un jour, il ressentit de la chaleur venant du nord, il s'envola dans cette direction en espérant trouver la source de la chaleur pour la ramener à son peuple. Il est allé jusqu'à un endroit au nord de Tjukurla où il a vu des gens autour d'un feu. Il vola le feu mais il était poursuivi et il a été incapable de retourner à Blackstone. Il a dû continuer à voler. Ses poursuivants l'ont poursuivi jusqu'à la grande baie australienne où il a plongé dans la mer pour leur échapper. Elaine a peint la partie des Blackstone Ranges où habitait le jeune homme Dinde qui a volé le feu. Elle est la sœur de Pantjiti Mary McLean, une artiste très célèbre en Australie. Elaine vit toujours à Blackstone, près de son frère Jimmy Donegan, un peintre / initié important. Elaine réalise aussi des pièces en fibre. Elle a commencé à faire des paniers et des sculptures animalières en 1995. Elaine faisait partie du groupe de femmes de Blackstone ayant réalisée grandeur nature une Toyota, avec ses occupants. Cette sculpture qui a remporté le prix artistique telstra. Elaine peint le pays autour de Blackstone, reflète sa connaissance de son territoire. Elle y décrit les saisons et les couleurs changeantes. Elle peut travailler différentes couches de matière se chevauchent et fusionnent, exprimant la texture de la terre. Parfois des éléments apparaissent seulement sous certains angles, à une certaine distance. Collections: Merenda collection

ELIZABETH GORDON NAPALTJARRI

Elizabeth Gordon Napaltjarri Groupe Kukatja – Balgo – Kimberley Née vers 1954, elle est la fille de deux artistes majeures de Balgo, Ningie Nanala et Tjumpo Tjapanangka. Elle a développé un style exubérant, foisonnant où les bandes colorées symbolisent l’environnement des sites sacrées qu’elle décrit et dont elle est la gardienne.

Elizabeth Kunoth Kngwarreye

Elizabeth Kunoth Kngwarreye Elizabeth est née en 1961 dans la région d'Utopia. Elle est la fille de Nancy Petyarre, l'une des sept célèbres soeurs Petyarre. Elizabeth habite dans le campement, l' »outstation » de Mosquito Bore avec son mari, Cowboy Louie Pwerle, qui est également un artiste établi. Les peintures d’Elizabeth représentent son pays parsemé de graines, symbolisées par des petits points se déplaçant d’une œuvre à l’autre comme une brise emportant les graines dans leur voyage dans le désert. Les peintures d’Elisabeth représentent les graines de la prune sauvage, un petit fruit très nutritif qui peut être mangé cru ou cuit les femmes, accompagnées des enfants, ramassent les prunes sauvages. La floraison de couleurs qui distingue le prunier après la chute de la pluie se transforme rapidement avec les longs mois d'été chauds. Séchées et séparées, la graine et la cosse sont dispersées sur par les vents chauds de l'été

ELIZABETH LILIPIYANA NGUMABUY 1

Elizabeth Lilipiyana Ngumabuy 1 Groupe Yolngu - Terre d’Arnhem Elizabeth est née vers 1950. La toile se réfère sans doute à Djanyarr, L’Ancêtre Chien, une figure ancestrale majeure du clan Ganalbingu. Il est venu sous la forme d'un homme qui cherchait un endroit pour vivre et il est tombé sur les Warrnyu, les chauves-souris, qui vivaient autrefois comme des hommes, dans une grotte. Le chien fit entrer l’eau dans la grotte et effraya les chauves-souris qui prirent la forme humaine. De nos jours les yolngu célèbrent cette histoire lors du passage à l’âge adulte.

Elizabeth Marks Nakamarra

Elizabeth Marks Nakamarra Groupe linguistique Pintupi / Luritja Elizabeth est née à Papunya à la fin des années 1950, probablement 1959. Enfant, elle est entourée d’histoires, de chants et de peintres visionnaires. Son père biologique, Frank Tjupurrula, décède alors qu’elle est encore jeune. C’est son oncle, Johnny Warangkula Tjupurrula, et son beau-père, Turkey Tolson Tjupurrula — tous deux figures fondatrices du mouvement artistique en Australie Centrale — qui lui transmettent un héritage plus vaste que les mots : celui du Rêve, des récits sacrés liés à la création du monde. Promise à Old Mick Namarrari, également peintre très célèbre et influent, beaucoup plus âgé qu'elle, elle se marie avec lui en 1980. Elle a plusieurs enfants de ce mariage, 2 fils et 1 fille. En 1980, Mick est déjà un artiste renommé et une personnalité très respectée dans l’Ouest du Désert Central. C’est également au début des années 1980, après les nouvelles lois permettant aux Aborigènes de regagner leurs terres ancestrales, que Mick rejoint Kintore avec toute sa famille. Un peu plus tard il s’établit à Nyunmanu, une oustation (un campement où vit 1 ou plusieurs familles). Longtemps, Elizabeth ne peint pas. Elle vit à Kintore, s’engage dans la vie communautaire, élève ses enfants, travaille pour le conseil local. Mais dans le silence de la terre, les formes se dessinent. Ce n’est qu’à la fin des années 1990, après la mort Mick Namerari qu’elle commence à peindre de manière continue, s’appropriant ce langage ancestral et vibrant. Ce geste, intime et cosmique à la fois, devient pour elle un moyen de raviver les histoires de son père, celles de Kalipinya, un site sacré au nord de Sandy Blight Junction, à plusieurs centaines de kilomètres d’Alice Springs. Kalipinya, dans la tradition orale aborigène, est un lieu façonné par une tempête primordiale. Le Rêve de l’eau et de l’orage y prend forme : une tempête jaillit dans un fracas de tonnerre, éclaire le désert de ses éclairs, creuse les lits de rivières, les creeks, les «?rockholes?» (trous d’eau), et façonne les lieux de la vie. C’est cette mémoire géologique et spirituelle qu’Elizabeth transpose sur ses toiles, dans une abstraction lumineuse et précise. Son style est d’une force presque architecturale. Sur un fond sombre — souvent noir profond comme la nuit du bush — elle compose avec des lignes droites de points d’une seule couleur, parfois blanche, parfois ocre ou rouge. Ces lignes s’entrelacent, se croisent à angle droit, dessinent des formes géométriques complexes, parfois en escalier, comme les ondulations du sable ou les chemins invisibles du territoire sacré. Le regard s’y perd et s’y retrouve, dans une cartographie symbolique qui semble autant parler du sol que du ciel. Ses œuvres ne cherchent pas à représenter un paysage : elles l’invoquent, elles le réactualisent dans le présent. Le choix du point — élément fondamental de l’esthétique aborigène — n’est pas décoratif. Il est mémoire, rythme, respiration. Chez Elizabeth, il devient aussi une écriture, une pulsation sacrée. À travers lui, elle relie les temps : celui du Rêve, celui de l’histoire familiale, et celui, contemporain, d’une peinture vivante et en constante évolution. Depuis ses débuts, Elizabeth Marks Nakamarra a été reconnue pour sa puissance visuelle. Ses œuvres sont exposées dans de nombreuses galeries australiennes et internationales. Elles entrent dans des collections prestigieuses : Artbank, la National Gallery of Australia, ou encore la Kerry Stokes Collection. En 2004, elle est nommée parmi les 50 artistes les plus « collectionniables » par Australian Art Collector, saluée pour sa capacité à conjuguer rigueur formelle et puissance mythologique. Pourtant, au-delà des distinctions, Elizabeth continue à vivre près de Kintore, sur sa terre. Là où chaque toile commence, non pas dans un atelier éclairé, mais dans la connaissance intime du territoire, de ses histoires, de ses cicatrices et de ses chants. Ses œuvres sont des chemins, des grilles, des éclairs figés dans le temps. Elles disent l’eau dans le désert, l’éclair dans la nuit, la danse des femmes autour des roches sacrées. Elles nous invitent à regarder autrement, à écouter avec les yeux, à ressentir la profondeur du monde dans la simplicité d’un point, d’une ligne, d’un geste répété. Car dans la peinture d’Elizabeth Marks Nakamarra, rien n’est ornement. Tout est signifiant, tout est chant. Et ce chant, porté par les femmes, les ancêtres, les orages et les étoiles, continue aujourd’hui de résonner, depuis les terres rouges du Centre jusqu’aux murs des galeries du monde entier. Collections : Museums & Art Galleries of the Northern Territory. Artbank. National Gallery of Australia. Griffith University Art Collection. Kerry Stokes coll, ...

Elizabeth Napaljarri Katakarinja

Elizabeth Napaljarri Katakarinja Elizabeth Napaljarri Katakarinja est née en 1963 à Hermannsburg, une communauté aborigène du Désert Central australien Elle est la petite fille d’un Aborigène très célèbre, Albert Namatjira, le premier aborigène a avoir obtenu la citoyenneté australienne (il faut attendre un référendum en 1967 pour que les Aborigène obtiennent cette égalité !). Namatjia, connu pour ses aquarelles de style occidental a eu une forte influence sur les artistes d’hermannsburg. Elizabeth est multilingue, parlant le Warlpiri, le Waramunga, l’Aranda (Western Arrente) et l’anglais. Elle est allée à l'école primaire à Hermannsburg, puis au Yirara College, une école réservée aux Aborigènes à Alice Springs. Puis elle a continué ses études à darwin. Quand elle a fini sa scolarité, elle est retournée à Hermannsburg et a occupé différents emplois associés au monde social ou à l’art et l’artisanat. En 1999, Elizabeth a épousé Simon et s’installe à Yuendumu, Elle y trouve facilement un emploi avec son niveau d’étude mais se lance dans la peinture à partir de 2007. Elle peint ses jours de congé et après le travail. Elle s’inspire essentiellement d’histoire du Temps du Rêve qu’elle tient de son grand-père. Elle aime particulièrement peindre Jajutuma Jukurrpa (Caterpillar Dreaming / Rêve de Chenille).

Elizabeth Napangardi Lechleitner

Elizabeth Napangardi Lechleitner Cette peinture de Majarrdi Jukurrpa (cheveux string jupe rêver) raconte l'histoire d'un élément important dans la plupart des activités cérémonielles des Warlpiri. Majarrdi désigne une ceinture en cheveux et fibre végétale créant une jupe que les femmes portent pour des danses rituelles, appelés Yawulyu (Awelye). Cheveux sont enroulés dans une chaîne en utilisant une technique de frottement sur la cuisse et ensuite filé sur un axe de bâton et alors transformé en une ceinture ou une jupe. Dans le temps des femmes de la parenté Napangardi et Napanangka héros ancestral du Temps du Rêve vivaient à Mina-Mina, loin à l'ouest de Yuendumu. Comme ils ont commencé à voyager vers l'est elles ont commencé à recueillir Ngalyipi (serpent vigne, ou liane serpent,, Tinospora smilacina), une plante utilisée pour faire les sangles et les cordages, notamment la sangle qui sert à fixer les Parraja (ou coolamons, plateaux traditionnels en bois) et servent aussi à soulager les maux de tête lorsqu’on les noue autour du front. Dans les peintures contemporaines des artistes Warlpiri l’ iconographie traditionnelle est utilisée pour représenter le monde sacré du Rêve (Jukurrpa), associé aux sites et aux éléments naturels. Les femmes NAPANGARDI et Napanagka sont le Kirda (propriétaires) de la terre et de la cérémonie pour le Majarrdi et la région de Mina Mina.

ELIZABETH NYUMI NUNGURRAYI

Elizabeth Nyumi Nungurrayi (née vers 1947) est la sœur de Patrick Tjungurrayi et de Brandy Tjungurrayi, tous deux des artistes accomplis. Sa mère était une pintupi originaire de la région de Kiwirrkura. Elle décède alors qu’Elizabeth est encore jeune, mordu par un dingo. Son père est un locuteur Ngaanyatjarra, peuplade originaire du sud du Désert Central. La famille rejoint Balgo en longeant la Canning Stocke Route. On y distribue alors des rations alimentaires à la mission. Elle aussi a vécu très longtemps à Balgo avant de s’installer avec son mari, Palmer Gordon, dans une communauté proche et dépendante artistiquement de Balgo, Billiluna. Comme son mari (un homme aux connaissances profondes) et ses frères, Elizabeth est très impliquée dans la transmission de la culture. C’est ainsi qu’elle profite de chaque occasion pour transmettre les chants, danses mais aussi collabore avec la clinique de la communauté en utilisant les méthodes traditionnelles de soins. Elle commence à peindre en 1987 (1988 selon d’autres sources). Elle a mis au point un style particulier : les motifs que l’on connaît comme les campements, les femmes, la grande variété de nourriture du bush (surtout les tomates sauvages Pinatalypa) sont rehaussés de points clairs déposés avec un bâtonnet qui laisse à chaque fois beaucoup de matière et donne un aspect très vibrant à ses compositions. Ce fond dense serait aussi une référence aux graines du spinifex. Elle décrit ainsi l’environnement de sites sacrés dont Wirrilpinya ou Karliarngu et Parwalla, là où elle a passé du temps lors de sa jeunesse. Le contraste entre sa peinture et surtout les teintes dominantes, et celle des autres artistes de Balgo est très marqué. Certainement l’une des artistes les plus intéressantes de cette zone géographique. L’art de cette région est dominé par les teintes chaudes, rouges, orange, jaunes. Les points, souvent collés entre eux, donnent un sentiment de matière épaisse, et les maîtres artistes parviennent à donner une impression de dynamisme très prononcée. Collections National Gallery of Australia, Canberra National Gallery of Victoria, Melbourne Art Gallery of Western Australia, Perth Museums and Art Galleries of the Northern Territory, Darwin Museum of Contemporary Art, Sydney Artbank, Sydney The Holmes a Court Collection, Perth Araluen Arts Centre, Alice Springs Art Gallery of New South wales, Sydney Art Gallery of Western Australia, Perth Parliament House, Canberra Morven Estate Helen Read Collection Harland Collection Aboriginal Art Museum, Utrecht, The Netherlands Laverty Collection