Gershom Garlngarr communauté d'Oenpelli - Terre d’Arnhem Occidentale Né en 1963 Gershom est l’un des artistes d’Oenpelli qui s’est fait un nom, grâce à un style très fluide et des compositions originales. Collections National Gallery of Victoria
Gideon Tjupurrula (dit aussi Gideon Tjiparulla Jack) Gideon est né sur les bords du lac Mackay (Wilkinkarra) à Pinarri, vers 1927. Il a connu un style de vie très traditionnelle, de chasseur cueilleur, vivant dans une zone très isolée. Vers 1930 à Ilpilli, sa famille aperçoit pour la première fois un homme blanc. La sécheresse et le manque de nourriture poussent nombreux aborigènes, notamment les membres de son groupe linguistique (Pintupi), à migrer peu à peu, des années 1930 au années 1960. C'est ainsi que sa famille arrive à Haasts Bluff dans les années 1940 où des rations alimentaires sont distribuées. Gideon a fréquenté l'école missionnaire de Hermannsburg et a ensuite travaillé comme gardien de troupeau à la station (ferme d'élevage) de Glen Helen. Mais Gideon retourne à Haasts Bluff après le déplacement de la majorité de ses habitants aborigènes vers Papunya, communauté nouvellement construite au début des années 60. C'est à Papunya que le mouvement artistique voit le jour et son beau-père est l'un des créateurs de ce mouvement. Gideon peint donc à l'occasion pour le centre d'art de Papunya, dès 1976. Lorsque une nouvelle coopérative voit enfin le jour à Haasts Bluff dans le milieu des années 90, Gideon et sa femme, Eunice Napanangka Jack, deviennent des figures importantes du centre d'art. Le style de Gideon est celui d'un initié important cherchant à rester proche de la tradition. Ses œuvres figurent dans d'importantes collections : National Gallery of Victoria (melbourne), Wollongong City Art Gallery, Holmes a Court, Perth
Ginger Tjakamarra Ethnie Pintupi – Kiwirrkurra – Désert Occidental Ginger (vers 1940 – 2008) est le neveu de Nosepeg Tjupurrula et le mari de Makinti Napanangka, tous deux des artistes très célèbres. Avant son mariage avec Makinti, il se marie avec la fille de Shorty Lungkata, l’un des créateurs du mouvement artistique. Il s’est mis à peindre tardivement, vers 1983. Ici il décrit des motifs associés au site de Yatkalintja et aux Cycles Tingari. Collections Holmes a Court National Gallery of Victoria Fondation Kelton (USA)
Glady Kemarre (Gladys Kemarre) Ethnie Alyawarre – Communauté d’Utopia – Désert centra Gladys est l’une des matriarche de l’oustation, le petit centre de peuplement de Camel Camp sur les terres d’Utopia. Elle est née vers 1937. Elle possède des droits importants sur le thème du Rêve de Prune Sauvage devenu aujourd’hui la principale source d’inspiration. Collections: Aboriginal Art Museum, The Netherlands The National Gallery of Australia, Canberra The National Gallery of Victoria, Melbourne The Holt Collection, Delmore Gallery, NT, The Holmes a Court Collection, Perth
Glen (Glenn) Namundja Oenpelli – Terre d’Arnhem Occidentale - Groupe Kunwinjku Glen (ou Glenn) Namundja vit dans la communauté de Gunbalanya (Oenpelli). Il est né en 1963. Sa carrière de peintre a commencé avec la création du centre d’art en 1989. Cependant, sa formation artistique a commencé beaucoup plus tôt sous la tutelle de son père, le célèbre et respecté artiste Peter Marralwanga. Marralwanga et un autre initié, Billy Yirawala ont eu une influence artistique mais aussi spirituelle sur Glen. Il est aujourd’hui un artiste complet, pas seulement un peintre mais aussi un graveur et un sculpteur. Ces dernières années il a connu un certain succès, multipliant les participants aux expositions, les sélections pour les prix artistiques. Il ne s’est pas contenté de reproduire des œuvres figuratives associées aux traditions de son peuplent mais s’est aussi engagé vers un art plus abstrait ou parfois jouant entre figuration et abstraction, tout en puisant dans le corpus traditionnel. Il a ainsi remporté le prix de la meilleure écorce lors du fameux Testra Award. Prix: 2007 Finalist, National Aboriginal Torres Strait Islander Art Award 2008 Finalist, Highly Commended and Acquired National Aboriginal Torres Strait Islander Art Award 2009 Highly Commended, West Australian Premier's Art Awards 2009 Finalist, Togart Contemporary Art Award (acquired) 2009 Winner, Works on Paper category National Aboriginal Torres Strait Islander Art Award 2010 Winner, Works on Bark category National Aboriginal Torres Strait Islander Art Award Collections : National Gallery of Victoria,
Gloria Mills Petyarre Ethnie Alyawarre / Anmatyerre– Communauté d’Utopia – Désert central Gloria fait partie d’une famille comptant des membres importants dont son frère Greenie Purvis, grand initié et peintre célèbre. C’est aujourd’hui l’une des doyennes de cette région.
Gloria Napangardi Gill est née en 1975 à Derby, en Australie Occidentale. Elle a passé sa jeunesse à Balgo, une communauté aborigène isolée située dans l'ouest de l'Australie, liée à la fois au Grand Désert de Sandy et au Désert de Tanami. Elle est allée au collège catholique de Nulungu à Broome, puis a fréquenté le centre d'éducation des adultes de Balgo, où elle a appris les techniques de la vie courante. Elle a travaillé au programme des personnes âgées à Balgo avant de déménager en 1997 à Nyirripi. Elle peint depuis 2010. Elle aime peindre les histoires associées aux Rêves de son grand-père, en particulier ceux du site sacré de Lappi Lappi, près du lac Hazlett, au nord-ouest du lac Mackay. Ces histoires lui ont été transmises par son père et le père de son père avant lui pendant des millénaires. Ce Rêve appartient aux femmes des sous-sections Nakamarra / Napurrurla et aux hommes Jakamarra / Jupurrurla. Ce rêve est associé à un endroit appelé Jaralypari, au nord de Yuendumu. Lukarrara est une plante avec une graine comestible. Les graines sont traditionnellement broyées sur une grosse pierre («ngatinyanu») avec une pierre plus petite («ngalikirri») pour la fabrication de la farine. Cette farine est mélangée à de l’eau (‘ngapa’) pour former des pains chauds cuits et consommés. Les grands cercles concentriques représentent souvent le site de Jaralypari ainsi que les plantes Lukurrara. Les formes en «U» peuvent représenter la Karnta (femmes) collectant le «lukarrara» et les lignes droites sont fréquemment utilisées pour représenter les graines tombées au sol. Elles sont également collectées par les femmes à l'aide de leurs «parrajas» (plateau en bois) et de «karlangu» (bâtons à fouir). Mais Gloria donne souvent une interprétation assez contemporaine de ce sujet.
Glorine Nungarrayi Martin Glorine est Anmatyerr et Warlpiri, originaire de Yuelamu, dans le Territoire du Nord australien. Elle vient peindre tous les jours au centre d'art et participe à sa création. Née à Yuelamu (Mt Allan) dans les années 60, nous avons ensuite déménagé à Yuendumu. J'ai fait ma scolarité à Yuendumu, puis mes études secondaires à Yirara. Je suis ensuite retournée à Yuendumu et j'ai commencé à travailler au centre d'alphabétisation de l'école. J'ai commencé à peindre dans les années 90 à Warlukurlangu (centre d'art) et j'ai continué jusqu'en 2000. J'aime peindre, c'est vraiment agréable. J'ai cinq enfants, quinze petits-enfants et trois arrière-petits-enfants. Je suis retournée à Yuelamu en 2004 et je réalisais des peintures pour mon compte. Je suis revenue ici car Yuelamu est un endroit où il fait bon vivre. Je suis revenue à la terre. Les peintures de Glorine représentent un varan, un aigle, des femmes avec des coolamons et des bâtons à fouir, ainsi que des oignons sauvages. Anengkerr (rêve). Wakurlba, au nord de Yuendumu, est le lieu de l'aigle Anengkerr (rêve).
Glorine Martin Nungurrayi (1965 - ) Groupe Warpiri / Anmatyerre - Yunedumu Glorine est la fille de Samson Japaljarri Martin, l'un des membres fondateurs du centre d'art de Yuendumu, et d'Uni Nampijinpa Martin, également artiste de renom. Elle est la sœur aînée d'Andrea Nungarrayi Martin, artiste dont les œuvres font partie d'importantes collections comme celle du Musée du Quai Branly et du Musée des Confluences en France. Glorine a grandi à Wakurlpa Outstation, au nord-ouest de Yuendumu. Glorine est Anmatyerr et Warlpiri et vient de Yuelamu, dans le Territoire du Nord australien. Née ici à Yuelamu (Mont Allan) dans les années 60, nous avons déménagé à Yuendumu et y avons vécu. J'ai étudié à Yuendumu. J'ai ensuite fréquenté le lycée de Yirara. De retour à Yuendumu, j'ai commencé à travailler au centre d'alphabétisation de l'école. J'ai commencé à peindre dans les années 1990 et ce, jusqu'en 2000. J'aime peindre, c'est vraiment bien. J'ai 5 enfants, 15 petits- enfants et 3 arrière-petits-enfants. J'ai déménagé à Yuelamu en 2004 et je peignais pour des particuliers. Je suis revenue ici parce que Yuelamu est un endroit où il fait bon vivre. Je suis revenue à la campagne. Glorine peint de nombreuses histoires dont Goanna, Aigle, des femmes avec des coolamon, des bâtons à fouir et Oignons Verts (Anengkerr). Wakurlba, au nord de Yuendumu, est le lieu de l'aigle Anengkerr (rêve). Le Yajukurlu Jukurrpa (chou frisé [Cynanchum floribundum]) se rapporte à un petit arbuste poussant dans les sols sablonneux près des ruisseaux et pouvant être consommé cru à maturité ou cuit dans les cendres chaudes d'un feu. Les Yajukurlu se consomment crus ou cuits. L'histoire de ce Rêve raconte l'histoire d'un vieux Jungurrayi parti vers l'ouest, passant par Wakuripa où il but à un bain d'eau, pour se rendre à Yutuwarri où il mourut. Le pays de ce Rêve est un lieu connu sous le nom de Yirdikapuurta ou Yijiwanji, près du mont Allan, à l'est de Yuendumu. Les peintures de ce Jukurrpa montrent généralement la plante s'étendant depuis son « ngarna » (centre) le long des pistes du Rêve. À l'époque des Jukurrpa, le vent transportait les fleurs et les graines de Yirdikapuurta vers de nombreux sites, les plus importants étant Jilip-Jilip, Yakuripa (un grand point d'eau près du mont Allan) et Wilpiri (près de Mission Creek), à l'ouest de Yuendumu. Les gardiens de ces sites sont des hommes Japaljarri/Jungurrayi, ainsi que leurs homologues Napaljarri/Nungurray. Près de mont Doreen, les Jukurrpa Yajukurlu appartiennent à un groupe ethnique différent : les hommes des sous-sections Japanangka/Japangardi et les femmes des sous-sections Napanangka et Napangardi.
Glory Ngarla 90 x 120 cm (Gloria Ngala – Glory Ngale) (née vers 1948 –Oct 2002 - Anmatyerre) Glory est née à Boundary Bore dans la région d’Utopia vers 1948. Elle s’est marié à un membre de la famille de la célèbre Emily Kame Kngwarreye avec qui elle a eu 3 fils et 3 filles. Glory, comme la plupart des artistes de la communauté d’Utopia, commence sa carrière artistique en réalisant des batiks avec des motifs traditionnels. Glory est douée et rapidement elle participe à des expositions (elle voyage ainsi à travers l’Australie où elle passe par Darwin Adelaide, Sydney…dans les années 1980). On peut voir l’un de ses batiks dans le livre de Marie Brody « Utopia – A Picture Story » qui montre les batiks appartenant à la collection de Robert Holmes à Court. Les Rêves principaux de Glory sont « Bush Berry », « Bush Plum », « Yam Dreaming » and « Body Paint ». Elle les décrit de façon pointilliste ou linéaire. En 2001, Glory commence à peindre ses séries de « Bush Berry » et « Bush Plum » en utilisant uniquement des petits rectangles et des carrés. C’est un nouveau virage dans sa carrière; le résultat est saisissant et attire les collectionneurs et les investisseurs. L’œuvre de Glory est ainsi, riche et plein de surprise. Malheureusement Glory décède en Octobre 2003.
Gordon Barney Groupe Kitja – Kimberley Orientale – Australie Occidentale en général les toiles de Gordon, décrivent à l’aide de perspectives les plateaux de la région d’Alice Downs. Gordon, bien qu’initié et ayant de réelles connaissances tribales, est également chrétien. Il suit les « 2 voies » (two way). Il est marié à Shirley Purdie une artiste remarquable. Collections : Artbank, Sydney Kerry Stockes Coll
Gracie Napangardi Butcher, née Florrie Napangardi Jones, est née en 1967 à Yuendumu, une communauté isolée située à 290 km au nord-ouest d'Alice Springs, dans le Territoire du Nord australien. Jeune, Florrie déménage à Alice Springs avec sa famille. Elle fréquente le Yirara College d'Alice Springs et l'Institut pour le développement aborigène (Aboriginal Corporation), où elle étudie l'anglais. Désireuse d'apprendre, elle souhaite approfondir ses connaissances et maîtriser la lecture et l'écriture. En 1987, Florrie commence à peindre avec le centre d'art aborigène situé à Yuendumu. Mais ce n'est qu'en 2008, à son retour à Yuendumu pour se rapprocher de sa famille, qu'elle se consacre pleinement à la peinture. Sa sœur, Mary Napangardi Butcher, et sa tante, Daisy Napanangka Nelson (1930-2001), sont toutes deux des artistes reconnues et elles collaboraient souvent sur des œuvres communes. Florrie peint ses histoires Pikilyi Jukurrpa – Pikilyi est un point d'eau sacré qui ne s'assèche jamais. Ces Rêves décrivent le territoire et les voyages à travers la terre, ses paysages et les plantes et animaux qui l'habitent. Ces histoires lui ont été transmises par son père depuis des millénaires. Florrie aime peindre car cela la relie à sa culture. Lorsqu'elle ne peint pas, elle s'occupe de sa fille et passe du temps en famille.
Groupe Alyawarre – Utopia – Désert central Gracie est née vers 1956. Gracie commence sa carrière artistique comme la plupart des artistes d’Utopia avec l’introduction de la technique du batik à la fin des années 1970 avant de se mettre à peindre sur toile dix ans plus tard. Gracie s’inspire essentiellement de son Rêve de Prune Sauvage, Amwekety, comme c’est le cas ici. Il y a une tradition artistique riche dans la famille de Gracie. Sa mère est la sœur de Gloria, Kathleen, Violette, Myrte et Ada Bird Petyarre, tous des artistes très célèbres. La Prune Sauvage est un thème important des initiées de la région d'Utopie. Les femmes célèbre ce Rêve au travers de cérémonies (dont le nom générique est awelye - qui inclut des peintures corporelles, de chants et des danses) pour assurer sa germination perpétuelle et revivifier le lien avec ces Ancêtres Prunes Sauvages. Elle peint ce Rêve à la manière des autres artistes du désert, comme une vue aérienne. La couleur du fond de la toile décrit la saison puisque le prunier peut se couvrir de fleurs pendant les mois d’hiver mais change complètement d’aspect entre la saison des pluies et la saison sèche. Collections: Holmes a Court, Beher Collection, Germany, Slaughter and May International Law Collection,
Grace Ward Napaltjarri Ethnie Pintupi – Désert occidental Elle est la fille de George Ward Tjungurrayi, l’un des maîtres pintupis. Elle est née en 1971 ou 1973. Elle se met à peindre en 2004 sous les instructions de son père mais aussi de sa mère, Nangawarra Ward Napurrula, certes moins célèbre que son mari mais néanmoins une artiste connue qui possède un style méticuleux. Son style mettra plusieurs années à s’affirmer. Au début, le style n’est pas assez personnel pour se faire un nom mais elle fait ses classes, prenant de plus en plus de recul et maîtrisant de mieux en mieux les techniques, la juxtaposition des couleurs et le sens de l’espace. Fin 2009, sa peinture évolue pour donner naissance à une peinture chaude, colorée avec une technique soignée, maîtrisée complètement (la réalisation se fait uniquement à l’aide de pics à brochettes, sans utiliser la brosse, même pour les cercles ou les bandes assez larges). Elle passe son temps entre Warakurna et Alice Springs.
GREENIE PURVIS PETYARRE (dit aussi Greeny) Greenie était né vers 1930, à Boundary Bore où il a vécu jusqu’à sa mort, en mai 2010. Greenie Purvis Petyarre était l’artiste masculin le plus connu d’une famille qui comprenait quelques unes des plus importantes figures du mouvement artistique aborigène : on peut ainsi évoquer sa tante, Emily Kngwarreye – son père Jack était le frère d’Emily , ses cousine Kathleen et Gloria Petyarre et un certain nombre de sœurs de sang ou claniques. Il est aussi lié très directement à un autre peintre masculin d’Utopia bien connu des amateurs d’art aborigène, Lindsay Bird Mptyane. Iil était marié à Kathleen Kemarre, avec qui il a eu quatre filles, Judy, Maureen, Jedda et Jennifer, toutes des artistes. il était surtout un homme hautement respecté, un grand initié, le gardien du pays d’Alhalkere. Il était le « Emu Man » le plus âgé d'Utopia, celui qui dirigeait des cérémonies associées au Rêve d’Emeu, très important dans cette partie de l’Australie Centrale. Mais il maîtrisait bien d’autres connaissances et il a peint sur d’autres thèmes comme le Rêve de Dinde, de l'Igname et du Kangourou, Rêve de Prune, et les peintures corporelles qui accompagnent la célèbration de ces Rêves ou les « Men’s Story ». Le Rêve d’Igname prend une grande place dans sa production (l’igname sauvage ou atnwelarr). On dit que ses œuvres dynamiques et linéaires suivent les changements saisonniers dans le développement de la plante d’igname et de son système racinaire complexe et… comestible, qui a fourni une source de nourriture et d’eau au peuple Anmatyerrye depuis des temps immémoriaux. Les couleurs indiquent les différents stades de développement, une couleur représente la graine d’igname avant la germination, après la germination, puis lorsqu’elle porte des fruits et après qu’elle ait porté des fruits. Les points représentent les fleurs de la plante, qui fleurissent après les pluies en Australie centrale. Bien que Greeny soit un initié très respecté, avec d’immenses connaissances ses peintures ont un aspect souvent très sobre. Elles reflètent ainsi sa personnalité sans prétention – modeste. Une fois de plus en matière d’art aborigène on peut être trompé facilement : les peintures qui paraissent très modernes dans l’aspect, très sobres, peuvent être le reflet de connaissances complexes, très traditionnelles et être riches en significations. Une série d'œuvres intitulée An Enriched Country a été peinte par Greeny en collaboration avec sa tante Emily. Rappelons ici qu’Emily Kame Kngwarreye est peut être la plus importante artiste australienne. Greeny a exécuté les motifs représentant les systèmes racinaires de l’igname, tandis qu'Emily a peint les fleurs sauvages qui fleurissent abondamment après la pluie. On dit que les histoires de rêve autour desquelles Emily a basé certaines de ses œuvres appartiennent en fait à Greeny. Ils partageaient les droits sur cette thématique et sur le même « pays ». Greeny, étant l'homme le plus âgé de la région, a donné la permission à Emily de les peindre. Greenie a commencé sa pratique artistique au début des années 1980 aux côtés d’une poignée d’initiés de valeur comme Lindsay Bird, Cowboy Louie Pwerle. On est là avant le « Summer Project » lancé par la Central Australian Aboriginal Media Association CAAMA. Pour la plupart des artistes de la région d’Utopia, essentiellement des femmes, c’est l’occasion de se lancer dans la peinture sur toile après avoir expérimenté pendant près de dix ans la technique du batik. Les doyens, avec Greenie, font donc partie des pionniers en matière d’acrylique sur toile sur les terres des Anmatyerre et Alyawarre. Greenie est lui même un locuteur anmatyerre. Pour ce qui pu voir les premières productions des hommes d’Utopia, elles sont très marquées par la symétrie, très structurées et une partie non négligeable de la production fait penser aux Cycles Tingari réalisés par les peintres Pintupi du désert occidental, plus vers l’Est : des cercles concentriques reliés entre eux par des lignes parallèles. Ils symbolisent le déplacement des Rêves au Temps du Rêve et se réfèrent aussi au terrain cérémoniel et aux « peintures sur sable ». Greenie, dès le début, a abordé ses toiles de façon plus personelle. C’est que les doyens n’ont pas de comptes à rendre, ils sont plus libres quand les jeunes n’osent pas s’affranchir de la tradition, n’osent pas en donner des versions personnelles. Mais peut-être faut-il des années pour murir la façon dont on veut illuster une histoire, ce que l’on souhaite montrer ou dissimuler ? Peut-être qu’une plus grande comprehension des motifs symboliques et de leur agencement permet de synthétiser un ensemble d’éléments avec une grande économie de moyen, d’aller à l’essentiel. Et Greenie avait une parfaite connaissance des sites dont il avait la charge et des histoires associées. Il a oscillé dans sa peinture entre trois styles distincts et facilement reconnaissables pour représenter ses Rêves. Dans les œuvres qui ressemblent le plus à sa cousine Kathleen Petyarre, Greenie a créé des champs de minuscules points qui imitent les subtils changements de couleur et de texture, indiquant les eaux souterraines et les légères variations du relief du pays d’Alhalkere. De délicats changements de couleur peuvent indiquer les différentes étapes du développement de la graine d’igname, de la germination à la maturité, la saison et le déclin éventuel de la plante. Un deuxième ensemble d’œuvres, bien que rendu avec la même délicatesse, présente des cercles régulièrement dispersés avec des bandes de points rayonnants et interconnectés. Son dernier ensemble d’œuvres a été peint dans un style linéaire avec l’emploi de couleurs. Au fil des ans, il a peint pour divers marchands d’art, dont Delmore, la galerie Mbantua ou la galerie Lauraine Diggins qui a présenté ses œuvres au public au Royaume-Uni, en Russie et en France. Il a été représenté au tout premier National Aboriginal Art Award en 1984 et a été finaliste du Telstra Art Awards en 2004. Ses peintures ont également été incluses dans de nombreuses expositions collectives importantes et deux expositions personnelles à la galerie Gabrielle Pizzi à Melbourne en 2000 (Lors de son deuxième solo consacré à l'œuvre de Greeny en 2004, Gabrielle Pizzi, une grande spécialiste de l’art aborigène, a déclaré que, selon elle, Greeny était « l'artiste aborigène australien masculin le plus sophistiqué de son époque ») et à la galeries Hogarth à Sydney en 2003. Les expositions personnelles sont rares dans l’art aborigène. Collections : Art Gallery of South Australia. Artbank. Mbantua Gallery Permanent Collection. The Aboriginal Art Museum, Utrecht, Hollande Musée des Confluences, Lyon, France The Museum de Lyon, France. La collection Thomas Vroom, Amsterdam, the Holt Collection,… AWARDS 2004 Finalist, National Aboriginal and Torres Strait Islander Art Award, Museum and Art Gallery of the Northern Territory, Darwin 1984 Selected Entrant, National Aboriginal and Torres Strait Islander Art Award, Museum and Art Gallery of the Northern Territory, Darwin
Gregory Jupurrurla Gill est né à Derby, en Australie-Occidentale, en 1970. Il a grandi à Balgo (communauté aborigène de Wirrimanu), située dans la région de Kimberley, au sud-est de l'Australie-Occidentale, à la frontière entre le Grand Désert de Sable et le désert de Tanami, au centre du pays. Il est le fils de deux artistes bien connus de Balgo, Susie Bootja Bootja (décédée), et de Mick Jakamarra Gill (décédé également), un aîné qui détenait une connaissance approfondie des motifs et des récits traditionnels. Gregory a grandi à Balgo et a fréquenté l'école locale avant de travailler dans un camp de bétail. Ces camps sont essentiels au bon fonctionnement des élevages de bétail du Nord, où les travailleurs passent de longues heures à rassembler le bétail, à le marquer et à construire des clôtures. Au cours de ses voyages, il a rencontré Lynette Nangala Singleton, qu'il a épousée. Il vit aujourd'hui à Nyirripi, une communauté aborigène isolée au sud-est de Balgo, dans le Territoire du Nord australien. Gregory a commencé à peindre pour le centre d'art aborigène situé à Yuendumu et Nyirripi, en 2021. Il a été inspiré par les peintures de sa femme, Lynette Nangala Singleton, et par son propre besoin de raconter et de peindre les histoires de son père liées à la terre, notamment : Kora, Nundalra, Ngunjun et Makubunda Jukurrpa (les Rêves du Père de Gill), Lappi Lappi Jukurrpa (le Rêve de l'Eau) et Yurrampi Jukurrpa (le Rêve des Fourmis à Miel). Ces récits se transmettent de génération en génération depuis des millénaires.
Groupe Luritja - Papunya Gwenda Napaltjarri est née le 5 mars 1967 et a grandi à Papunya. Elle était la fille de Kingsley Tjungurrayi et de son épouse Naomi Nangala. Kingsley faisait partie du groupe initial de peintres de Papunya en, bien qu'il n'ait pas continué à peindre au-delà des premières années. Son fils, le frère de Gwenda, Goodwin Tjapaltjarri, a également peint pour Papunya Tula dans les années 80. Gwenda est la seconde épouse de Long Jack Phillipus, avec qui elle a eu trois fils, Winston, Sheldon et Ashley, et une fille, Marcia. Long Jack est un peintre très important de ce mouvement.
Gwenda Turner Nungurrayi Gwenda est née en 1978 sur les terres de la ferme d’élevage de Mt Allan (communauté aborigène de Yuelamu, située à environ 50 km de Yuendum). Gwenda est issue d’une famille qui compte des artistes célèbres : elle est la fille de Maureen Hudson Nampitjinpa, la nièce de Jean Nampitjinpa et sa belle-mère est Nancy Martin Napangardi. Le style de Gwenda Turner rappelle celui de sa mère Maureen Hudson, ce qui n'est pas surprenant puisque Maureen a transmis ses histoires directement à ses deux filles, Gwenda et Jillian, qui ont commencées très tôt à peindre, 15 ans pour Gwenda. Dans ses peintures, Gwenda décrit l’environnement de « son pays ». Alors qu’elle était encore jeune elle a arpenté cette région, se familiarisant avec le bush, incorporant les connaissances qu’elle transmet aujourd’hui dans ses peintures. Les différentes saisons, les sources de nourriture, les couleurs du bush l’inspirent. Mais c’est surtout sa grande maîtrise technique, la volonté de montrer cette précision, cette faculté de peindre des motifs très différents qui interpellent les amateurs.
Gwenda Turner Nungurrayi Gwenda est née en 1978 sur les terres de la ferme d’élevage de Mt Allan (communauté aborigène de Yuelamu, située à environ 50 km de Yuendum). Gwenda est issue d’une famille qui compte des artistes célèbres : elle est la fille de Maureen Hudson Nampitjinpa, la nièce de Jean Nampitjinpa et sa belle-mère est Nancy Martin Napangardi. Le style de Gwenda Turner rappelle celui de sa mère Maureen Hudson, ce qui n'est pas surprenant puisque Maureen a transmis ses histoires directement à ses deux filles, Gwenda et Jillian, qui ont commencées très tôt à peindre, 15 ans pour Gwenda. Dans ses peintures, Gwenda décrit l’environnement de « son pays ». Alors qu’elle était encore jeune elle a arpenté cette région, se familiarisant avec le bush, incorporant les connaissances qu’elle transmet aujourd’hui dans ses peintures. Les différentes saisons, les sources de nourriture, les couleurs du bush l’inspirent. Mais c’est surtout sa grande maîtrise technique, la volonté de montrer cette précision, cette faculté de peindre des motifs très différents qui interpellent les amateurs.
Gweneth Napurrurla Nelson est née à l'hôpital d'Alice Springs, l'établissement le plus proche de Yuendumu, une communauté aborigène isolée située à 290 km au nord-ouest d'Alice Springs, dans le Territoire du Nord australien. Ses parents, Doris Napaljarri Jurrah et Terry Jakamarra Nelson, sont tous deux artistes. Gweneth a fréquenté l'école de Yuendumu, puis a poursuivi ses études au Yirara College, un internat aborigène d'Alice Springs. Après ses études, elle est retournée à Yuendumu, où elle vit depuis. Depuis 2002, Gweneth peint de façon intermittente pour le centre d'art. Elle peint les récits Jukurrpa de ses parents, du Temps du Rêve, intimement liés à sa terre, à ses caractéristiques et à la faune et la flore qui y vivent. Ces récits lui ont été transmis de génération en génération depuis des millénaires par ses parents, ses grands-parents et leurs ancêtres. Elle a appris à peindre d'abord à l'école, puis en observant sa famille. Passionnée par les couleurs et les motifs, elle utilise une palette riche et variée pour représenter son iconographie traditionnelle, tout en développant un style moderne et personnel, intégrant motifs et dessins dans divers contextes.
Harry Wedge (H.J. Harry Wedje) Wiradjuri – Cowra – Nouvelle Gales du Sud Harry, est né vers 1958, dans une mission. Il est l’un des peintres « urbains » les plus célèbres de l’art aborigène. Sa peinture, d’un aspect assez naïf, est plus que l’évocation de sa jeunesse dans les missions. C’est une critique acerbe des politiques d’assimilation, de l’influence du catholicisme, des ravages de l’alcool et finalement de toutes les conséquences de la colonisation. Son style très narratif et poétique tranche donc sur la thématique. Il débute sa carrière en 1992 et le succès vient assez vite. Il participe à de très nombreuses expositions prestigieuses tentant de communiquer et de faire comprendre ce qu’est être aborigène aujourd’hui dans la société australienne moderne. Un ouvrage lui est consacré « wiradjuri Spririt Man » (1997). Collections : National Gallery of Victoria National Gallery of Australia Queensland Art Gallery, Art Gallery of New South Wales Campbelltown City Art Gallery Moree Plains National Gallery,…
Hazel Rupert Hazel est née à Alice Springs et a grandi dans la communauté de Pukatja. Mère de quatre enfants, elle a enfin pu se consacrer au centre d'art en 2024. Sa grand-mère était la célèbre artiste d'Ernabella, Nura Rupert. Sa mère, Malpiya Davey, et sa sœur, Nicole Rupert, sont également artistes à Ernabella Arts. Hazel commence tout juste à développer son propre style et sa propre technique.