Joyce Dixon Joyce Dixon est née en 1977 à Papunya et peint depuis l'âge de 10 ans environ. Elle peint son territoire, Karrinyarra (Mont Wedge), situé à environ deux heures de route au nord de Haasts Bluff. C'est le territoire des femmes Napaltjarri et des hommes Japaltjarri. Elle a été élevée en partie par Clifford Possum Tjapaltjarri et Paddy Tjungarrayi Carroll, deux notables et artistes renommés du mouvement artistique Papunya Tula des années 1970. Joyce a passé une grande partie de son enfance imprégnée des traditions artistiques de cette région. Elle peint de nombreuses histoires, dont le Rêve du Serpent et de l'Eau (Ngapa Tjukurrpa), le Rêve de la Larve de Witchetty et du Serpent, ainsi que les Rêves de l'Oignon et des Fleurs du Bush. Ces récits lui ont été transmis par ses aînés, tant du côté maternel que paternel.
Joycie Morton Petyarre Joycie, une locutrice Alyawarre, est née à Alice Springs en 1976 et a commencé à peindre à l'âge de dix-neuf ans sous l’impulsion d’autres membres de sa famille. Sa mère est Betty Mills Pwerle, sa soeur Cindy Morton et Nikita Inkamala est sa fille. Son mari, Eric Inkamala, est également artiste et ils ont cinq filles et deux garçons. Elle vit avec sa famille à Soapy Bore, sur les terres de la communauté d’Utopia, près de Ti Tree. Joycie a de nombreux rêves qui lui ont été transmis par sa grand-mère, la grande Betty Kemarre qui était impliquée dans le groupe Utopia Women's Batik, la première étape dans l’introduction de l’art dans cette partie du centre de l’Australie. . Joycie a déclaré qu'elle avait tout appris de sa grand-mère : la chasse, la nourriture du bush, les rêves, la médecine du bush et la peinture. Joycie peint des plantes médicinales que l'on trouve dans la campagne autour d'Amperlatwatye (ou Ampilatwatja) en Australie centrale. Elles sont utilisées pour apaiser les infections cutanées sous forme de pommade ou transformées en boisson pour soulager la toux et le rhume. "Il existe de nombreuses médecines différentes, nous connaissons leurs histoires, nous les avons apprises de nos parents et nous les enseignons à nos enfants." Toutefois, Joycie est capable de peindre d’autres thèmes sur lesquels elle a des droits dont : Bush Tucker, Irreyakwerre (Wild Onion) Dreaming, Country, Bush Flowers, Women Collecting Imuna (Bush Food)
Joylene Reid Napangardi Groupe Pintupi – Kintore - Désert Occidentale Issue d’une lignée artistique, ses parents sont Walangkura Reid Napurrula et Kalara Tjapangarti. Sa mère a produit des œuvres très originales sen s’inspirant du Rêve des Sept Soeurs. Après avoir grandi dans la communauté d’Haasts Bluff, en 1981, elle est retournée à Tjukurla, puis à Kintore. Pour ce qui est de sa propre production, Joylene puise dans les histoires mythologiques mettant en scène les Ancêtres Femmes Tingari.
Judy Granites Nampitjinpa Ethnie Warlpiri – Yuendumu – Désert Central Judy (née en 1934) est l’une des doyennes actives à la fin des années 1980 et les années 1990. Elle s'inspire souvent de son Rêve d'Eau. Collections : National Gallery of Australia
Judy Purvis Kngwarreye Groupe Anmatyerre – Utopia – Désert Central Judy est la fille aînée de Greenie Purvis Petyarre, homme de loi important et de Kathleen Kemarre, propriétaires rituels de Alhalkere. Elle débute sa carrière comme beaucoup d’autres artistes de cette région en créant des batiks (elle figure dans le très beau livre de la collection Holmes a Court). Elle s’inspire essentiellement du thème de Rêve d’Igname et de ses dérivés. Coll : Holmes a Court Coll, The Royal Hibernian Academy (Dublin)
Construite dans la couleur, même si elle excelle aussi dans le blanc et noir, l’œuvre de Judy Watson Napangardi exalte la puissance des Ancêtres, l’amène à façonner ses toiles comme ces Etres du Temps du Rêve ont créé les paysages. Judy s’inspire essentiellement de deux motifs. L’un raconte les cérémonies appartenant aux femmes sur le site de Mina Mina, l’autre s’inspire des « ceintures de cheveux », fabriquées à partir de cheveux humains et de fibres, symboles des femmes initiées, ayant passé le cap de la puberté. Judy serait née entre 1925 et 1935. Comme la plupart des walpiri de cette génération, (warlpiri désignant son groupe linguistique), elle a connu une existence nomade avant de se fixer à Yuendumu, vivant de la chasse et de la cueillette. Elle a commencé à peindre dans le milieu des années 1980 mais il faut attendre le décès de sa sœur, « old » Maggie Watson, en 2004, pour que sa production augmente. Dès le début, les couleurs marquent l’aventure artistique à Yuendumu. Mais Judy est sans doute l’artiste de Yuendumu à utiliser autant de teintes sur une même toile. En vieillissant elle a gagné en assurance et le fait d’avoir abandonné le pointillisme pur, (elle peint avec une brosse à laquelle elle donne un mouvement en soulevant sa main mais pas suffisamment pour que le pinceau quitte la surface de la toile – on a ainsi un effet de vibration de la ligne qui imite celui obtenu par le pointillisme) a renforcé encore le sentiment de vitalité de sa peinture. La même vitalité qui selon Judy habite ses terres, animées de l’énergie spirituelle. D’ailleurs Judy dira elle-même qu’elle aime peindre car cela lui permet d’être en contact avec ses Ancêtres…son Pays. A partir d’une trame, l’histoire de ces Ancêtres, transmise de génération en génération sur des milliers d’années, Judy trouve la couleur juste, insuffle la vie à ses peintures en donnant à la ligne une force mystérieuse, une puissance dans le mouvement. Là où sa cousine Dorothy réduit les motifs au minimum (juste un alignement de points fins, avec des compositions presque sans couleurs), Judy livre des toiles complexes. Si chez Dorothy on peut, ou on veut voir un mixe entre la nature physique (le site de Mina Mina, riche en sel, à la terre craquelé, fait immédiatement penser à ses compositions) et l’histoire du site, associé au Rêve du Bâton à Fouir, chez Judy, on a bien du mal à y voir un lieu qu’un Occidental qualifierait de désert (une zone semi-aride si l’on veut être juste). Les toiles de Judy se présentent souvent comme une construction complexe et colorée. L’art de Judy est assez paradoxal. Elle est frêle, petite, très âgée. Son physique tranche avec le dynamisme inventif, l’énergie qui semble l’animer quand elle saisit la brosse. Certes ses trais sont épais, ses cheveux gris, mais comme souvent chez les Aborigènes son regard semble lire en vous comme dans un livre ouvert. Et ici plus qu’ailleurs il faut se méfier des apparences. Comment imaginer qu’un petit bout de femme si maigre, si petite puisse peindre avec une telle puissance, puisse brosser des grands formats en un tour de main sans aucune hésitation. A son âge, elle est née entre 1925 et 1935, elle est encore capable de se lancer dans la construction d’un grand format, de 4 m de long…au milieu de la toile son gabarit paraît complétement disproportionné. Mais elle se lance sans se poser de question. Judy peint avec une aisance digne des meilleurs calligraphes. A partir d’une trame parfaitement équilibrée, un dessin qui décrit le voyage des Rêves, elle dépose peu à peu des couleurs, souvent pures. Tout en peignant elle semble souvent comme absente, comme d’autres artistes aborigènes, George Tjungurrayi par exemple. Comment l’immensité des espaces silencieux du Désert central peut-elle donner naissance à une peinture aussi complexe, aux teintes aussi vives ? C’est que cette rudesse de nomades – la vie dans le bush a quelque chose de rude – cohabite avec une sensibilité qui lui fait adopter le ton juste. Ne négligeons pas non plus les connaissances d’une femme de son âge et de son niveau d’initiation, ni son expérience de quelque vingt-cinq ans de peintures et gravures. Elle connaît parfaitement la puissance des forces telluriques mues par les Ancêtres, l’énergie physique des sites sacrés, imprégnés encore de la puissance de ses Ancêtres. Par la tonicité d’une touche alerte et souple, par l’intensité des tons, le rayonnement lumineux qui en jaillit, elle cherche à montrer ces forces. Mais le piège consisterait à en rester là. Il s’agit aussi d’art contemporain montrant une maîtrise rare de la peinture, un sens intuitif de la construction et de la couleur. Chez elle, il s’agit de condenser une multitude d’informations : l’environnement (végétation, eau, topographie), l’histoire d’un site, des Ancêtres qui en sont à l’origine, leurs actions, les réunions des initiés pour les cérémonies… Le visible et l’invisible prennent forme. Ces couleurs éclatantes exaltent un site sacré important, celui de Mina Mina. Les gardiens de ce territoire, situé à l’ouest de Yuendumu, sont les femmes Napangardi et Napanangka et les hommes Japangardi et Japanangka. Au Temps du Rêve, la genèse selon les Aborigènes, un groupe de Femmes Âgées voyageait vers l’est tout en collectant de la nourriture et des lianes serpents et réalisait, ici et là, des cérémonies. Elles entamèrent leur voyage à Mina Mina où des bâtons à fouir émergèrent du sol. Les Femmes s’en saisirent pour leur voyage. Ces bâtons vont devenir à la fois un outil de survie (il sert à se défendre, à déterrer les tubercules, les racines, à tuer les animaux), et un symbole des femmes. Les Femmes confectionnèrent des ceintures (Mariardi) destinées aux rituels. Elles chargèrent leurs corps d’ocre fixé avec de la graisse pour montrer leur puissance et se mirent à danser, parfois en file indienne. A chaque fois qu’elles célèbrent des rites, elles créèrent des sites sacrés. Elles cherchèrent aussi de la nourriture et des éléments qui pourraient les aider à rétablir leur santé. Les lignes sinueuses des toiles de Judy évoquent autant le mouvement des danses, le cheminement de ses Ancêtres, que les lianes serpents. Celles-ci revêtent une grande importance pour les femmes Napangardi et Napanangka et sont utilisées aussi bien pour les cérémonies que dans la vie profane. Elles sont représentées par les formes de lignes se croisant à la manière d’une colonne d’ADN, symbole de vie s’il en est. Le choix d’une grande toile paraît judicieux tant les détails sont nombreux, mais Judy se montre tout aussi à l’aise dans les petits formats. Ici, souplesse des lignes, couleurs, tout témoigne d’un équilibre. Judy et sa fluidité joyeuse…étrange perception qui contraste avec son personnage, souvent nettement intériorisé, silencieux comme sa vieillesse qui détonne avec son incroyable audace artistique et le sentiment de vitalité de ses toiles. Judy est considérée comme l’une des chefs de file de l’art aborigène. Ses toiles ont été vendues jusqu’à 130 000 € en vente aux enchères (Australie), plus de 50 000 € à Paris et font parties d’importantes collections privées et publiques. Elle nous quitte en 2016. Collections: Araluen Art & Cultural Centre, Alice Springs, NT, Art Gallery of New South Wales, Sydney, Aboriginal Art Museum, Utrecht, Pays Bas; Central TAFE, WA , Gordon Darling Foundation, Canberra, Flinders University Art Museum, Melbourne, National Gallery of Australia, Canberra, National Gallery of Victoria, Melbourne, Museum and Art Gallery of the Northern Territory, Darwin, The Henderson Familly collection, Sydney, Corrigan Collection, Sydney, the Kluge Ruhe Art Collection, University of Virginia, USA, Luciano Benetton collection, Venise, Artbank, Hank Ebes collection, Melbourne, Fondation Burkhardt-Felder, Motiers, Suisse, South Australian Museum, Adelaide,… Selected Solo Exhibitions 2008 Judy Watson Napangardi, Metro 5 Gallery, Melbourne Selected Group Exhibitions 2023 Vividly Bold, Kate Owen Gallery, Sydney 2022 Connection, National Museum of Australia, Canberra 2022 Tanami Today, Art Mob, Hobart 2022 Colour Pop, Kate Owen Gallery, Sydney 2022 Art Mob's 20th Birthday Exhibition, Art Mob, Hobart 2021 We Choose to Challenge, Coo-ee Fine Art Gallery, Sydney 2020 Colours of Spring, Kate Owen Gallery, Sydney 2019 Beyond Time, Australian Aboriginal Art, Booker Lowe Gallery, Houston, TX, USA 2019 International Women's Day, Kate Owen Gallery, Sydney 2019 Defining Tradition | the colurists, Kate Owen Gallery, Sydney 2018 Land and Sky - Warlpiri Artists, Japingka Gallery, Fremantle, WA 2017 Gems of the Stockroom, Kate Owen Gallery, Sydney 2011 Thinking outside the square, Kate Owen Gallery, Sydney 2010 Stories from the Centre, Kate Owen Gallery, Sydney 2008 True Colours, Ladner and Fell Gallery, Melbourne 2004 Colour Power: Aboriginal Art Post 1984, National Gallery of Victoria, Melbourne 2004 Painting Country, Thornquest Gallery, Queensland 2004 New Works from Yuendumu, Bellas Gallery, Brisbane 2004 Little Warlu, Big Stories, Hot Little paintings by Big artists of Yuendumu, Australia's NT & Outback Centre, Sydney 2004 Dreaming Stories, Indigenart, Perth 2004 Divas of the Desert, Gallery Gondwana, Alice Springs 2004 Desert Mob, Araluen Centre, Alice Springs 2004 Big Country, Gallery Gondwana, Alice Springs 2003 Yimi Pirrijirdi - Strong Stories, Alison Kelly Gallery, Melbourne 2003 True Blue Christmas 2003, Framed Gallery, Darwin 2003 The Colours of Mina Mina, Judy Watson and Betsy Lewis, Raft Gallery, Darwin 2003 Kurruwarri Wirijarlu - Big Story, Hogarth Gallery, Sydney 2003 Kurruwarri Pipangka - Designs on Paper, CDU Gallery 2003 Black and White. Colour. Seeing country in two ways, Counihan Gallery, Melbourne 2003 Alcaston Gallery, Melbourne 2003 Desert Mob, Araluen Centre, Alice Springs 2002 Warlukurlangu Collection, Parliament House, Canberra 2002 Warlukurlangu Artists Cooperative of Yuendumu, Jeffrey Moose Gallery, Seatlle USA 2002 Warlukurlangu Artists Cooperative of Yuendumu, One Union Square Lobby, Seattle, USA 2002 Onshore Art Barwon Heads Victoria 2002 New Works from Warlukurlangu, Indigenart, Perth WA 2002 Paintings from Yuendumu, Rebecca Hossack Gallery, London 2002 Indigenart Perth 2002 Bellas Gallery Brisbane 2000 Wayuta, The Desart Janganpa Gallery, Alice Springs 2000 Shell Fremantle Print Award, Fremantle 2000 Kurawari, Desart Gallery, Sydney 2000 Journey to the North West, Palya Art, Sydney 2000 Gallery Gabrielle Pizzi, Melbourne 2000 Beaver Galleries, Canberra 2000 Marking the Paper, Desart Gallery, Sydney 2000 jangku yinyi, Carey Baptist Grammar School, Melbourne 1999 Mina Mina, Hogarth Galleries, Sydney 1999 International Women's Day Exhibition, Watch This Space, Alice Springs 1999 Desert Mob Show, Araluen Centre, Alice Springs 1998 Kurrawarri Kirli, Gallery Gabrielle Pizzi, Melbourne 1998 Framed Gallery, Darwin 1998 Desert Designs, Perth 1998 Art Gallery Culture Store, Rotterdam, The Netherlands 1998 A Thousand Journeys, Tin Shed Gallery, University of Sydney, Sydney 1997 Hogarth Gallery, Sydney 1995 SOFA, Miami, USA 1995 SOFA, Chicago, USA 1995 Bellas Gallery, Brisbane 1994 Armstrong Gallery, Florida 1994 Echoes of the Dreamtime, Osaka, Japan 1993 Sutton Gallery, Melbourne 1993 Northern Territory Art Award, Araluen Arts Centre, Alice Springs 1993 CINAFE (Chicago International New Art Forms Exposition), USA 1993 Bellas Gallery, Brisbane 1993 Adelaide Town Hall, (in assoc. with The Pacific Arts Symposium), Adelaide 1992 The Long Gallery, Hobart 1992 Hogarth Gallery of Dreams, Sydney 1991 Darwin Performing Arts Centre, Darwin 1990 Women's Exhibition, The Women's Gallery, Melbourne 1990 I.U.N.C. (showing at Hilton Hotel), Perth 1990 Darwin Performing Arts Centre, Darwin Awards and Recognition 2022 Connection | Songlines from Australia's First Peoples in a spectacular immersive experience, National Museum of Australia, Canberra 2007 Top 50 Collectable Artists, Australian Art Collector Magazine
« J’aime peindre car cela me reconnecte à mes racines spirituelles et historiques », confie Julie Napaljarri Dempsey, née en 1976 à Alice Springs, dans le Territoire du Nord australien. Sa mère était l’artiste Lorna Wilson (décédée) et son grand-père, l’artiste Kaapa Jampitjinpa (1920-1989), était un artiste renommé, figure emblématique du mouvement pictural. Ses deux sœurs et son père, Néo-Zélandais, vivent en Australie-Méridionale, respectivement à Port Pirie, Clare et Adélaïde. Julie vit à Yuendumu avec son mari, Herbert Martin, et sa famille. Elle a fréquenté le lycée d’Alice Springs, où elle a terminé sa 10e année, et était interne au Yirara College, un internat pour Aborigènes situé à Alice Springs. Elle a fondé une famille jeune, puis a poursuivi ses études au Batchelor College en lecture et écriture anglaises. Elle est ensuite partie vivre dans le bush et a travaillé pour Centrelink à Kintore, une petite communauté aborigène située à 550 km à l'ouest d'Alice Springs, près de la frontière entre le Territoire du Nord et l'Australie-Occidentale et du tropique du Capricorne. Julie a commencé à peindre pour le centre d'art aborigène à Yuendumu, en 2009. Elle peint les récits Jukurrpa de son grand-père, notamment le Ngala Jukurrpa (le Rêve de l'Eau), représentant Warlukurlangu, un des sites importants de son grand-père, un lieu propice à la pluie près du mont Denison ; et le Rêve de la Fourmi à Miel. Petite fille, Julie regardait sa famille peindre et écoutait les histoires qui se cachaient derrière les tableaux. Elle utilise l'iconographie traditionnelle dans son art. Aujourd'hui, Julie aime passer du temps avec ses enfants : Malcolm, Marissa, Gabriella et Kiara, qu'elle a eus lorsqu'elle était jeune, et Breanna et Azariah, nées de son mariage avec Herbert Martin. Elle aime aussi chasser et voyager à travers son pays.
JULIE WOODS Groupe Pitjantjatjarra – Ngaanyatjarra On est ici tout proche de la frontière entre les trois états : Territoire du Nord, Australie Méridionale et Australie Occidentale). Dans le milieu des années 2000 la terre des Pitjantjatjarra et Ngaanyatjarra est touchée par le mouvement pictural. Les communautés aborigènes, ici souvent très petites, avec moins de 100 individus, s’organisent et créent des centres d’art. Deux des artistes qui émergent rapidement sont Maringka, la mère d’Elaine et la grand-mère de Julie, et Jimmy Baker, son grand-oncle. Si l’œuvre de julie semble inspirée par celle de sa grand-mère, elle puise aussi dans l’attachement à ses terres, à leur richesse (Julie continue d’aller chercher la nourriture dans le bush en famille. Sa grand-mère, Maringka est connue pour son habilité à trouver les larves de papillons de nuit qui sont une source de nourriture très appréciée) et dans les profondes connexions spirituelles des sites sacrés avec le monde du Rêve. La plupart de ses toiles sont titrées Wana Wani et décrivent, sous forme symbolique, l’histoire de Deux Femmes (des Ancêtres), leur voyage dans la région comprise entre Kintore et Wingellina (au sud) en passant par Tjukurla et Docker River. Durant leur voyage elles rencontrent d’autres femmes, collectent de la nourriture et chassent les varans (Goanna ou Perente).
Juliette Nampijinpa Brown est née en 1971 à l'hôpital d'Alice Springs, l'établissement le plus proche de Yuendumu, une communauté aborigène isolée située à 290 km d'Alice Springs, dans le Territoire du Nord australien. Issue d'une longue lignée d'artistes, sa mère, Wendy Nungarrayi Brown, et ses grands-parents, Bessie Nakamarra Sims (1932-2012) et Paddy Japaljarri Sims (1916-2010), étaient tous des artistes de renom, tant au niveau national qu'international, qui ont peint ou ont peint avec Walukurlangu Artists. Juliette a fréquenté l'école de Yuendumu, qu'elle a beaucoup appréciée. Après ses études, elle est devenue bénévole auprès du Programme pour les personnes âgées, un organisme qui vient en aide aux aînés. Elle a trois enfants, tous adultes, et cinq petits-enfants. Depuis 2008, Juliette peint pour le centre d'art aborigène situé à Yuendumu et géré par des Aborigènes. Elle y peint les histoires Jukurrpa de son grand-père. Ngapa Jukurrpa (Rêve de l'eau) et Pamapardu Jukurrpa (Rêve des fourmis volantes) sont des récits intimement liés à sa terre, à ses caractéristiques et à la faune et la flore qui la peuplent. Juliette utilise une palette libre, ornée de motifs et de dessins traditionnels remontant à au moins cinquante mille ans, pour représenter ses Jukurrpa/ Rêves ancestraux. Passionnée de peinture, elle aime particulièrement peindre avec ses petits-enfants. Sous leur regard attentif, elle leur transmet les histoires de son grand-père. Lorsqu'elle ne peint pas, Juliette adore partir à la recherche de fourmis à miel.
Juliette Nakamarra Morris est née en 1981 à l'hôpital d'Alice Springs, l'établissement le plus proche de Yuendumu, une communauté aborigène isolée située à 290 km au nord-ouest d'Alice Springs, dans le Territoire du Nord australien. Elle est la fille de Netta Williams et de Wally Morris, tous deux décédés. Elle a grandi à Yuendumu, fréquentant l'école locale avant d'intégrer le collège catholique Notre-Dame du Sacré-Cœur à Traeger Park, Alice Springs. Après ses études, elle est retournée à Yuendumu avant de partir pour Willowra afin de s'occuper de sa grand-mère. C'est à Willowra qu'elle a rencontré son mari, avec qui elle a aujourd'hui quatre enfants. Juliette a commencé à peindre en 2006 avec le centre d'art aborigène situé à Yuendumu et géré par des Aborigènes. Elle peint le Wanakiji Jukurrpa (Rêve de la Tomate du Bush) de sa mère, des « Rêves » directement liés à sa terre, à ses caractéristiques et à la faune et la flore qui la peuplent. Ces histoires lui ont été transmises par sa mère, son grand-père maternel et son grand-père paternel depuis des millénaires. « Tout est lié au pays de ma mère et de mon grand-père. » Elle peut également peindre le Ngarlkirdi Jukurrpa (Rêve de la Larve de Witchetty) de son père.
June Bird Ngale (c. 1954 - ) Groupe Anmatyerre - Utopia June Bird est née à Waite River, dans le Territoire du Nord. Elle a ensuite déménagé avec sa famille à Akaye (Mulga Bore), une zone isolée sur les terres d'Utopia. Son père, Tommy Bird Mpetyane, est décédé jeune, et elle a pris l'habitude d'appeler Lindsay Bird Mpetyane son père. Lindsay était un initié très important mais également un peintre reconnu. Sa mère, la célèbre artiste Ada Bird Petyarre, est décédée en 2010. June est une artiste qui peint dans des styles variés, capturant l'essence de son pays et de sa culture. Elle maîtrise parfaitement l'expression de sa culture et aime la transmettre à travers ses peintures. Collections : National Gallery of Australia
Karen Wita groupe Warruwi – Ile de Goulburn – Territoire du Nord Les îles Goulburn sont un groupe de petites îles et d'îlots dans la mer d'Arafura, au large de la terre d'Arnhem, dans le territoire du Nord.
Katarra Butler Napaltjarri Katarra Butler Napaltjarri naît près de Tjukurla, en Australie-Occidentale, dans une région située à proximité des lieux-dits de Kulkurta et Puurrungu, plus précisément à Kuun, un point d'eau dont le nom désigne également l'ocre jaune dans la langue pintupi. Son enfance et son adolescence se déroulèrent selon le mode de vie nomade traditionnel, au sein de sa famille élargie, dans les vastes étendues du désert de l'Ouest australien. Son père, Lilyiwara Tjungurrayi, et sa mère, Mangkatji Nangala, perpétuaient les traditions ancestrales, se déplaçant à pied dans leur territoire, vivant de la chasse et de la cueillette, s'approvisionnant en eau aux points d'eau naturels (trous d'eau, sources, bassins d'argile). L'année 1966 marqua une rupture majeure dans l'existence de l'artiste. Elle fut transportée en camion, avec sa famille, vers la communauté de Papunya, dans le cadre des patrouilles de l'administration du bien-être social dirigées par Jeremy Long. Cette relocalisation forcée s'inscrivait dans la politique d'assimilation menée par le gouvernement australien à l'égard des populations aborigènes. À cette époque, Katarra était déjà la seconde épouse d'Anatjari Tjakamarra, figure fondatrice du mouvement artistique de Papunya qui émergea en 1971. Durant les décennies suivantes, l'artiste vécut les bouleversements liés au mouvement des "outstations" des années 1980, qui permit aux communautés aborigènes de retourner sur leurs terres traditionnelles. Elle circula ainsi entre Papunya, Tjukurla, Kintore et Kiwirrkura, maintenant un lien constant avec son pays ancestral tout en participant aux mutations du monde de l'art aborigène. Le parcours artistique de Katarra Butler Napaltjarri débuta tardivement, après le décès de son époux Anatjari Tjakamarra, pionnier du mouvement artistique en Australie Centrale, à Papunya. Selon les sources, elle commença à peindre soit dans les années 1990, soit plus précisément en 2001 pour le centre d'art de la Papunya Tula Artists. Cette entrée tardive dans la pratique picturale professionnelle, courante parmi les femmes artistes aborigènes, ne l'empêcha pas de développer rapidement un langage visuel distinctif. Dans ses premières œuvres, l'influence de l'artiste Ningura Napurrula se manifeste à travers un travail monochrome caractérisé par une linéarité affirmée. Toutefois, au fil du temps et face à une détérioration de sa vue, l'artiste développa le style qui allait la distinguer : l'emploi de couleurs vives et contrastées, appliquées en larges coups de pinceau vigoureux et gestuels. L'originalité stylistique de Katarra Butler Napaltjarri réside dans sa technique d'application de la peinture. Elle utilisait de grands pinceaux ronds, appliquant la peinture acrylique sur toile en larges traits rythmiques, mobilisant l'ensemble de son corps pour propulser le pinceau sur la surface. Cette gestualité, qui rappelle certaines démarches de l'expressionnisme abstrait occidental, produit des compositions où la couleur s'impose avec une intensité particulière. L'artiste superposait de nombreuses couches de peinture, créant ainsi une profondeur et une densité matérielle caractéristiques. Les palettes chromatiques employées par l'artiste se distinguent par leur éclat : couleurs vives, tons flamboyants et pastels acidulés coexistent, parfois tempérés par un travail de sous-couche noire qui structure la composition. Cette vibration colorée, associée à la qualité gestuelle du trait, confère aux œuvres une dimension dynamique, évoquant selon certains critiques l'aspect d'une mosaïque de sable désertique ou la sensation tactile de la terre rouge du centre australien. Néanmoins, cette modernité formelle n'implique aucune rupture avec la fonction traditionnelle de l'art aborigène. Les peintures de Katarra Butler Napaltjarri demeurent des cartes topographiques et spirituelles, des récits ancestraux encodés dans le langage visuel du tjukurrpa (le Temps du Rêve / Rêves). Le répertoire iconographique de l'artiste s'articule autour de plusieurs sites sacrés et récits ancestraux liés à son pays natal. Les lieux de Kuurmankutja et Marrapirnti constituent les sujets principaux de ses compositions. Kuurmankutja, situé près de Kuun, est associé au tjukurrpa des deux Kuniya (pythons), tandis que d'autres peintures évoquent des cérémonies féminines ancestrales. Ses œuvres représentent les éléments topographiques du désert : les "puli" (rochers), les "tali" (dunes de sable), les vastes étendues herbeuses, et surtout les points d'eau, marqués par des formes circulaires récurrentes. Les peintures intègrent également les "kampurarrpa" (raisins de brousse) et autres aliments traditionnels collectés par les femmes lors de leurs déplacements cérémoniels. Un exemple significatif de son travail iconographique concerne les représentations du site de Tjukurla. Selon les récits traditionnels, un groupe de femmes ancestrales se rassembla en ce lieu pour accomplir les chants et danses cérémoniels associés à la région. Elles y confectionnèrent des "nyimparra" (jupes en fibre de cheveux), puis voyagèrent vers Kintore, cueillant en chemin de grandes quantités de "pura" ou "pintalypa" (tomates de brousse), de "mangata" (quandong), et de "kampurarrpa". Les multiples cercles présents dans ces compositions symbolisent cette abondance alimentaire collectée par les ancêtres féminines. L'artiste décrivait elle-même son travail comme représentant des "histoires d'autrefois, marchant dans la brousse", soulignant ainsi la dimension mémorielle et territoriale de sa pratique. Katarra obtint une reconnaissance significative sur la scène artistique australienne et internationale. En 2016, elle remporta le prix principal du Wyndham Art Prize, distinction majeure dans le domaine de l'art aborigène contemporain. Elle reçut par ailleurs de nombreuses nominations pour d'autres prix artistiques. Sa participation au 28e Telstra National Aboriginal & Torres Strait Islander Art Award à Darwin témoigne de sa reconnaissance par les institutions muséales australiennes. Ses œuvres furent exposées dans de multiples contextes : expositions individuelles et collectives en Australie (Sydney, Darwin, Melbourne), aux États-Unis, et en Europe (notamment à Monaco lors de l'événement Taba Naba en 2016). Sur le plan patrimonial, les œuvres de l'artiste intégrèrent plusieurs collections publiques majeures, notamment la collection du Parlement australien à Canberra et la collection de l'Art Gallery of New South Wales, témoignant de leur valeur artistique et historique reconnue par les institutions nationales. Appartenant à la génération qui suivit les pionniers de Papunya (dont son époux Anatjari Tjakamarra), elle participa à l'affirmation du rôle des femmes artistes dans un mouvement initialement dominé par les figures masculines. Sa pratique artistique témoigne d'une double fidélité : aux structures narratives et symboliques du tjukurrpa d'une part, et à une recherche d'expressivité formelle contemporaine d'autre part. Cette tension créatrice entre tradition et innovation caractérise d'ailleurs l'ensemble du mouvement artistique du désert australien depuis ses origines. La qualité gestuelle de son travail, l'intensité chromatique de ses compositions et la matérialité affirmée de sa peinture permettent de rapprocher son œuvre de certaines tendances de l'abstraction lyrique occidentale, tout en maintenant fermement son ancrage dans la cosmologie et la géographie sacrée pintupi. Cette capacité à dialoguer avec différents registres esthétiques sans renoncer à la spécificité culturelle constitue l'un des apports majeurs de son travail.
Kathleen Buzzacott est née en 1970 à Alice Springs, au cœur de l’Australie. Elle est métis, d'origine aborigène (groupe pitjantjatjara), écossaise et anglaise. Elle a déménagé quelque temps dans le Queensland avec son frère et sa sœur pour vivre avec son père. Cependant, à l'âge de 10 ans, elle est retournée vivre avec sa mère à Hermannsburg, en Australie Centrale. Ce sont des années de formation, passées à chasser et à chercher toutes sortes de nourriture traditionnelle, à observer le bush. Ce sont ces éléments, ainsi que les histoires traditionnelles, qui vont par la suite inspirer Kathleen. Son mari, Keith, et leurs deux fils chassent toujours l'émeu et le kangourou, et ils campent souvent autour du territoire traditionnel de son mari, le peuple Arrernte (Aranda), à l'ouest d'Alice Springs. Kathleen est également de plus en plus reconnue pour ses créations de bijoux. Elle a commencé à utiliser des graines naturelles et des formes plus traditionnelles, et a déjà exposé ses œuvres à Sydney en 2014. Awards and Recognition 2024 National Contemporary Art Prize, Canberra - Finalist 2022 Book cover for the Western Arrarnta Dictionary 2021 Better World Art: Design for aprons, tea towels, bags 2021 Buluru: Design for their range of homewares and clothing 2017 Kathleen Buzzacott Art Studio Best Design Tourism Award 2017 Australian Company Koh Living release coffee cups, canisters, and candles with Kathleen's designs 2016 Australian Company Koh Living: Kathleen's designs are featured on tea lights, Dreamtime Collection 2014 ATT King Tour company chooses Kathleen's design for ATT King coach doors 2000 Lasseter's Crown Plaza Hotel and Casino: selected balcony partitions and the pool area feature Kathleen's designs
Kathleen Dixon Kathleen Dixon est la fille de la célèbre artiste Alice Nampitjinpa Dixon et la petite-fille d'Uta Uta Tjangala. Son père, Lindsay Dixon, vivait sur les terres d'Ipa (le Rêve du Serpent), à l'ouest de Nyrripi. Sa mère, Tatuli Nangala, était la grand-mère de Kathleen ; elle a hérité du Tjukurrpa de cette dernière. Le tjukurrpa (Rêve) évoque des femmes assises près de Kintore, chassant dans les environs. Kathleen peint parfois aussi le pays de sa mère, Talaalpi.
Kathleen Ngale groupe Anmatyerre - Utopia Comme la plupart des Aborigènes qui ont vécu une partie de leur vie sans contact avec l’homme blanc, on ignore la date de naissance de Kathleen mais on suppose qu’elle est née entre 1920 et 1930. Elle fait partie du groupe linguistique des Alyawarre de la communauté d’Utopia. Les œuvres de Kathleen et de sa sœur Polly sont très recherchés et malheureusement rares sur le marché. Ses toiles sont un mixe entre les connaissances traditionnelles de « son Pays », c’est-à-dire la terre dont elle est la gardienne spirituelle, en l’occurrence Arlparra, et une expression plus personnelle. Des milliers de points sont déposés sur la toile, très souvent des points colorés que Kathleen recouvrent ensuite de points blancs qui laissent apparaître le fond coloré uniquement par intermittence et comme par transparence. Ces points décrivent la flore, la géographie du désert dans la région de Arlparra et les sites sacrés associé au Rêve de Prune Sauvage. Selected Collections National Gallery of Australia National Gallery of Victoria, Melbourne Thomas Vroom Collection, Utrecht, The Netherlands Holmas a Court Collection, Perth
Kathleen Whiskey Née le 14 janvier 1959, Kathleen était la fille de feu Bill Whiskey, originaire du Mont Liebig. Elle était également la mère de Desmond Impu Tjapaltjarri, jeune artiste prometteur d'Ikuntji. Après une interruption de cinq ans, Kathleen reprit la peinture à Ikuntji début 2009, suite au décès de son père, Bill Whiskey (lauréat du prix NATSIAA). Elle était alors une artiste prolifique. Ses œuvres illustrent l'histoire du Cacatoès de Mitchell (ou Cacatoès blanc) entre Uluru et Kata Tjuta. Elle a appris cette histoire et sa représentation de son père, et elle a transmis ce savoir à son fils et à sa nièce, Rostaria Whiskey. Kathleen est décédée en 2015.
Kathy Pengart Bagot Lilly est née à Coniston vers 1950. Sa mère, Topsy Nampijinpa Stockman, est née à Ngalikirlangu, sur les terres des Anmatyerr et des Warlpiri. Le Rêve de la mère de Lilly est Katyerr (raisin sauvage). Lilly a trois frères et cinq sœurs. Le Rêve principal de Lilly est Inkwareny Anengkerr, le Rêve de la Fourmi à Miel. Les lieux Anengkerr de ce Rêve se situent à Inkwareny et Yuelamu. Seules les femmes ont accès aux sites cérémoniels. Lilly et Daisy Penengk sont les gardiennes d'Inkwareny Anengkerr. L'artiste Alison Ngal Daniels est l'une des gardiennes de ce Rêve, tout comme Elsie Mpetyan d'Arangki (Ten Mile).
Kathy Quinn Larry Kathy Quinn est l'une des plus jeunes artistes d'Ikuntji Artists et peint depuis l'âge de dix-huit ans. Elle est la fille de Roseranna Larry, présidente d'Ikuntji Artists, et la petite-fille de Susie Lane, toutes deux artistes. Kathy a trois enfants et passe la plupart de ses journées au centre d'art pendant que ses enfants sont à l'école. À l'instar de sa grand-mère, Kathy peint principalement des fleurs sauvages et des graines, tout en y apportant sa propre touche. Elle réalise également des scènes de chasse.