Kuntjil Cooper Karimarra

Kuntjil Cooper Karimarra (c. 1920 - ) Kuntjil est née vers 1920. Comme les rares personnes de sa génération elle possède un statut d’initiée importante et de très solides connaissances tribales. Elle peint essentiellement deux thèmes, MinyMa (Deux Sœurs) et Minyma Tjuta, le Rêve des 7 Sœurs. Comme c’est toujours le cas, cette thématique ne représente pas seulement des motifs schématisant les voyages et les actions de ses Sœurs au moment de la création de notre monde, mais aussi un ensemble de chants et de danses. Collections : Art Gallery of Western Australia, National Gallery of Victoria

KURUN WARUN

Kurun Warun (1966 - ) groupe Kirra wurong - Noosa Hinterland - Queensland Né en 1966 dans le Victoria, Kurun Warun – Hissing Swan en langue Gunditjmara – incarne la voix vibrante d’un héritage ancestral que rien n’a pu faire taire. Il est l’un des rares descendants de Truganini, figure emblématique et dernière reine aborigène de Tasmanie. À huit ans à peine, il expose ses premières œuvres, accompagné de sa mère – elle-même artiste formée auprès du célèbre peintre Clifton Pugh. Même si ce n'est pas encore la promesse d'une carrière sérieuse, le jeune Kurun comprend que l’art n’est pas un luxe, mais une nécessité. Une manière de parler le monde, comme le faisaient ses ancêtres, non par la voix, mais par les symboles, les points, les cercles, les rythmes de la terre. On devine dans ses œuvres les rivières, les anguilles silencieuses, les rochers, les tressaillements du sol après la pluie. Chaque œuvre est un rêve ancien réactualisé, revisité, Kurun raconte dans la langue visuelle des ancêtres, tout en s’inscrivant dans un présent affirmé. Mais Kurun Warun n’est pas que peintre. Il est danseur, musicien. À travers la troupe Toolumby Waddama, il parcourt le monde, chantant et dansant. Collections : ? Oprah Winfrey ? Pierce Brosnan ? Michael Schumacher ? Prince d’Arabie saoudite ? Premier ministre de Turquie ? Sultan Indris de Sallengoor ? ABN AMRO Bank (Pays?Bas) ? Université de Cambridge (Royaume?Uni)

LANGALIKI LEWIS

Langaliki Lewis Langaliki est la fille de l'artiste Atipalku Intjalki (peintre) et d'Adrian Intjalki (artiste sur bois), et mère de trois filles. Sa sœur, Lynette Lewis, est une céramiste de grand talent. Langaliki a fait ses études à Ernabella, puis à Adélaïde. À son retour d'Adélaïde, elle a travaillé au TAFE d'Ernabella, puis au bureau communautaire et enfin dans un magasin. Artiste émergente, elle fait preuve d'un grand potentiel grâce à ses représentations sensibles de son pays sur toile. Ses céramiques ont été exposées pour la première fois à la galerie Sabbia de Sydney en 2014, et ses peintures récentes, illustrant une puissante scène de nuage d'orage, ont été largement diffusées. Son travail a été présenté dans des galeries à travers l'Australie, notamment à Sydney, Darwin, Alice Springs, Broome, Mittagong et York (Australie-Occidentale), ainsi qu'à l'étranger, notamment à Bruxelles et aux États-Unis.

LAWRENCE JANGALA WATSON

Lawrence Jangala Watson Lawrence est né en 1962 et lorsqu’il rejoint le centre d’art en 1988 il est l’un des rares « jeunes » artistes à s’essayer à la peinture. Il se concentre alors sur deux thèmes principaux, son Rêve d’Eau et son Rêve d’Emeu. Il aime combiner les motifs très anciens, très traditionnels et une utilisation très personnelle des couleurs, voir de l’agencement. Peu productif, certaines de ses œuvres se retrouvent pourtant dans d’importantes collections (Donald Kahn) ainsi que des expositions prestigieuses (Tigari Lia, Contemporary Aboriginal Art from Australia at the Third Eye Centre in Glasgow, Scotland).

LEAH BRADY

Leah Brady (née en 1962) Leah Brady représente une figure singulière dans le paysage de l'art aborigène contemporain australien, conjuguant une carrière artistique récente avec un rôle de leadership institutionnel majeur. Née en 1962 à Pukatja, une communauté des terres A?angu Pitjantjatjara Yankunytjatjara (APY Lands) situées dans le nord-ouest de l'Australie-Méridionale, elle incarne une génération d'artistes qui allient tradition culturelle et innovation organisationnelle. Leah Brady s'inscrit dans une lignée de leaders régionaux d'importance. Sa mère, Nganyinytja, fut l'une des directrices fondatrices du NPY Women's Council (Ngaanyatjarra Pitjantjatjara Yankunytjatjara Women's Council), organisation clé dans la défense des droits des femmes aborigènes et la préservation culturelle. Sa famille a également été activement impliquée dans les initiatives de tourisme culturel à travers les APY Lands. Après son mariage, Brady s'installa dans la communauté d'Amata où elle éleva ses enfants. En 2017, des problèmes cardiaques et rénaux nécessitèrent son déménagement à Adélaïde pour recevoir des soins médicaux au Royal Adelaide Hospital. Ce déplacement, initialement contraint par la nécessité médicale, devint le catalyseur d'un projet artistique et institutionnel d'envergure. Brady identifie dans ce parcours personnel une tension caractéristique de nombreuses femmes aborigènes urbaines : des femmes respectées et culturellement investies sur leurs terres ancestrales se retrouvaient, en milieu urbain, dépourvues d'infrastructures permettant de maintenir leur pratique culturelle et leur sens de la communauté. La carrière artistique de Leah Brady présente une particularité notable : elle débuta la peinture moins de douze mois avant d'être sélectionnée pour les prestigieux Telstra National Aboriginal & Torres Strait Islander Art Awards (NATSIAA) en 2020. Cette reconnaissance rapide témoigne d'un talent exceptionnel et d'une maîtrise immédiate du langage pictural des APY Lands, hérité d'un profond ancrage culturel. Malgré ses problèmes de santé qui nécessitent des traitements médicaux deux jours par semaine, Brady maintient une discipline de travail remarquable, se rendant quotidiennement à l'atelier de l'APY Gallery Adelaide dès huit heures du matin. L'œuvre de Leah Brady puise exclusivement dans le Tjukurpa, le système de loi et de croyance des peuples Pitjantjatjara et Yankunytjatjara, souvent traduit approximativement par "Temps du Rêve". Ses peintures se concentrent principalement sur Piltarti, un lieu sacré situé entre les communautés d'Amata et de Nyapari. Ce site revêt une importance personnelle profonde : sa grand-mère était enceinte de sa mère au sommet de la colline dominant ce trou d'eau. Le motif récurrent dans son œuvre est le Wanampi Tjukurpa, le récit du serpent d'eau ou serpent arc-en-ciel, élément central du Tjukurpa qui incarne des principes de loi, de religion et de moralité, et constitue la base de la connexion au pays et aux êtres vivants. Les représentations de Piltarti dans ses toiles célèbrent ce lien ancestral tout en affirmant son engagement contemporain envers la transmission culturelle. Le style de Leah Brady s'inscrit dans la tradition picturale des APY Lands, caractérisée par l'utilisation de peintures acryliques sur toile ou lin, appliquées en motifs pointillés (dotting) créant des zones de couleur vibrantes. Ses œuvres se distinguent par une palette chromatique audacieuse dominée par le violet, le rouge et l'orange, des teintes qui créent une signature visuelle immédiatement reconnaissable. Interrogée sur sa couleur préférée, Brady répond sans hésitation : "le rouge". Mais d'autres œuvres sont des camaïeux d'ocre et de blanc du plus bel effet. Sa technique allie la tradition du pointillisme caractéristique de l'art du désert central à une sensibilité personnelle qui produit des compositions à la fois denses et lisibles. Les peintures présentent généralement une perspective aérienne du territoire, où les éléments topographiques – trous d'eau, collines, chemins – sont représentés de manière schématique mais hautement évocatrice. Le spectateur peut ainsi "lire" le paysage comme une carte narrative et spirituelle du pays A?angu. Le rôle de Leah Brady dépasse largement celui d'artiste praticienne. Elle occupe une fonction de directrice au sein de l'APY Art Centre Collective et fut l'une des principales instigatrices de l'établissement de l'APY Gallery Adelaide en 2019. Ce projet, qu'elle a défendu pendant plusieurs années auprès des autorités gouvernementales, répondait à un besoin identifié par les femmes aînées des APY Lands : créer un espace pour les artistes A?angu se trouvant à Adélaïde pour des raisons médicales ou familiales. Brady définit ainsi la mission de la galerie : offrir aux femmes A?angu un lieu de travail, de rassemblement et de transmission culturelle en milieu urbain. Elle articule cette vision avec simplicité : "Pourquoi sommes-nous ici ? Nous sommes heureuses avec la famille, ensemble, parlant, riant." Cette déclaration souligne la dimension sociale et communautaire de l'espace, au-delà de sa fonction commerciale ou artistique. La carrière de Leah Brady, bien que récente, a rapidement obtenu une reconnaissance significative. En 2020, elle figura parmi les finalistes des Telstra National Aboriginal & Torres Strait Islander Art Awards (NATSIAA), les prix les plus prestigieux décernés aux artistes aborigènes et insulaires du détroit de Torres en Australie. Cette sélection, survenue moins d'un an après le début de sa pratique artistique, fut vécue par l'artiste comme "un rêve devenu réalité". Brady fut également sélectionnée pour le Wynne Prize en 2020 et 2021, l'un des plus anciens prix d'art australiens décerné par l'Art Gallery of New South Wales. Sa participation à ce prix, qui récompense le meilleur paysage australien ou la meilleure œuvre de sculpture figurative, place son travail dans un contexte de reconnaissance nationale au-delà des circuits spécifiques de l'art aborigène. Plus récemment, en 2025, son œuvre fut exposée à la Fondation Opale à Lens/Crans-Montana en Suisse dans le cadre de l'exposition "Nothing Too Beautiful for the Gods", commissariat de Jean-Hubert Martin. Cette exposition internationale, réunissant plus de soixante œuvres explorant les intersections de la foi, de la dévotion et de l'art contemporain, témoigne d'une reconnaissance croissante de son travail sur la scène internationale. On a pu voir ses toiles dans des expositions prestigieuses comme celles en France au musée des beaux arts de Rennes en 2020 ou en 2021 au Havre. Bien que vivant maintenant en ville, elle garde un lien très fort avec les terres dont elle est la gardienne et ses histoires. Le succès de ses œuvres va grandissant. collections : Art Gallery of New South Wales

LEE WAYNE NANGALA

«Je trouve la peinture très contemplative.» Lee Nangala Wayne est né en 1958 à Yuendumu, une communauté aborigène isolée située à près de 300 km au nord-ouest d'Alice Springs, dans le centre de l'Australie. Elle a passé la plus grande partie de sa vie à Yuendumu, mais lorsque son mari est décédé en 2003, elle s'est installée à Nyirripi, à 160 km à l'ouest de Yuendumu, où vit toujours sa mère. Lee est allée à l’école Yuendumu et après avoir terminé ses études, elle a travaillé pour le CD Trust (Conseil du Centre du Désert Central), faisant la cuisine pour les personnes âgées. Elle peint depuis 2006. Elle dit qu’elle se sent mieux quand elle peint. Lee peint les histoires qu'elle tient de son père. Ces histoires sont transmises depuis des millénaires. Elle aime particulièrement peindre son Rêve d'Emeu, Yankirri Jukurrpa (Emu Dreaming) et le Rêve de la Fourmi Volante (Yunkaranyi Jukurrpa), rêves qui sont associés à son « pays » entre Nyirripi et Yuendumu. Elle décrit souvent le Rêve d'Emeu associé à Ngarlikurlangu, au nord de Yuendumu. Le «yankirri» , l'Ancêtre Emeu s’est rendu au trou d'eau de Ngarlikurlangu. Ce Rêve appartient aux hommes Jangala / Jampijinpa et aux femmes Nangala / Nampijinpa. Les émeus sont généralement représentés par leurs «wirliya» (empreintes de pas), des formes en forme de flèche qui les montrent en train de marcher autour de Ngarlikurlangu en train de manger un «yakajirri» (raisin du bush). À l’époque du Temps du Rêve, de la création du monde par les Ancêtres, il y avait une dispute à Ngarlikiurlangu entre un ancêtre ‘yankirri’ et des ancêtres Wardilyka (outard australien – une oie) pour le partage du ‘yakajirri’.

LEE WAYNE NANGALA

«Je trouve la peinture très contemplative.» Lee Nangala Wayne est né en 1958 à Yuendumu, une communauté aborigène isolée située à près de 300 km au nord-ouest d'Alice Springs, dans le centre de l'Australie. Elle a passé la plus grande partie de sa vie à Yuendumu, mais lorsque son mari est décédé en 2003, elle s'est installée à Nyirripi, à 160 km à l'ouest de Yuendumu, où vit toujours sa mère. Lee est allée à l’école Yuendumu et après avoir terminé ses études, elle a travaillé pour le CD Trust (Conseil du Centre du Désert Central), faisant la cuisine pour les personnes âgées. Elle peint depuis 2006. Elle dit qu’elle se sent mieux quand elle peint. Lee peint les histoires qu'elle tient de son père. Ces histoires sont transmises depuis des millénaires. Elle aime particulièrement peindre son Rêve d'Emeu, Yankirri Jukurrpa (Emu Dreaming) et le Rêve de la Fourmi Volante (Yunkaranyi Jukurrpa), rêves qui sont associés à son « pays » entre Nyirripi et Yuendumu. Le site décrit ici est associé au Rêve d'Emeu. qui se trouve à Ngarlikurlangu, au nord de Yuendumu. Le «yankirri» , l'Ancêtre Emeu s’est rendu au trou d'eau de Ngarlikurlangu. Ce Rêve appartient aux hommes Jangala / Jampijinpa et aux femmes Nangala / Nampijinpa. Les émeus sont généralement représentés par leurs «wirliya» (empreintes de pas), des formes en forme de flèche qui les montrent en train de marcher autour de Ngarlikurlangu en train de manger un «yakajirri» (raisin du bush). À l’époque du Temps du Rêve, de la création du monde par les Ancêtres, il y avait une dispute à Ngarlikiurlangu entre un ancêtre ‘yankirri’ et des ancêtres Wardilyka (outard australien – une oie) pour le partage du ‘yakajirri’.

LENA PWERLE

Lena Pwerle Ethnie Alyawarre / Anmatyarre – Utopia – Désert Central Lena est née autour de 1935 à Utopia où elle a des rôles importants au sein de sa communauté. Lena est parmi les fondatrices du groupe de femmes peintres de cette région. Elle est la femme du regretté Hand Sam Kngwarreye (Ngwarai) et la fille de l’artiste Nora Petyarre. Elle commence sa carrière artistique en 1977 avec l’introduction de la technique du batik. Collections : Holmes à Court Coll (Perth), Powerhouse Museum (Sydney), Art Gallery of South Australia (Adelaide),…

LENA YARINKURA

Lena Yarinkura Groupe Rembarrnga - communauté de Maningrida – Terre d’Arnhem centrale Lena (née en 1961) est aussi habile dans la réalisation d’objets en fibre, de sculptures en bois, de peintures sur écorce,…Elle est notamment célèbre pour ces sirènes (Yawkyawk). Elle a été avec sa mère la première a exploré les possibilités offertes par la fibre végétale pour réaliser des sculptures. D’autres artistes lui ont ensuite emboîté le pas et ont permis à la communauté de Maningrida de se faire une réputation dans ce domaine. Lena a remporté plusieurs prix pour ses sculptures mais elle est aussi une peintre habille. 1997: winner of the Wandjuk Marika Memorial Three Dimensional Award, National Aboriginal and Torres Strait Islander Art Award, Darwin 1994 : winner of the Wandjuk Marika Memorial Award (best artwork in open media), National Aboriginal and Torres Strait Islander Art Award, Darwin Collections : Aimee Proost Coll, Queensland Art Gallery of New South Wales, Sydney Art Gallery of South Australia, Adelaide Djomi Museum, Maningrida Helen Read Coll, Darwin Museum and art Galleries of the Northern territory, Darwin Museum d’histoire de Lyon, France Museum of contemporary Art, Maningrida Coll, Sydney National Gallery of Victoria, Melbourne National Maritime Museum, Darling Harbour, Sydney Queensland Art Gallery, Brisbane The Kelton Foundation, Santa Monica, USA Walonia Aboriginal Art, Hollande

LENNARD WALKER

Lennard Walker Lennard est né à Tjukaltjara (Kula Ala), à la limite nord de ce qu’on appelle communément le désert du Spinifex, vers 1946. Tjukaltjara est un site associé au célèbre Rêve des Sept Soeurs. Les Septs Soeurs sont poursuivies sans relâche par un Homme, Nyiiru. Le pays de Lennard se situe au carrefour des dunes sans fin de Spinifex et des chaînes de roches ferreuses au nord, ponctuées par une série de sites spectaculaires, comme des points d’eau. Les femmes du territoire traditionnel des Ngaanyatjarra, Pitjantjatjara et des gens du Spinifex se réunissent régulièrement à Kuru Ala pour pratiquer les cérémonies féminines. Mais certains sites appartiennent aussi aux hommes, qui ont des droits sur la version masculine de cette épopée des Septs Soeurs. Conformément à un protocole strict, les femmes doivent d'abord demander à Lennard Walker la permission d'entrer dans son pays. Diplomatiquement, Lennard ne refuse jamais. Contrairement à la plupart des artistes nés dans le bush, Lennard a quitté le Spinifex avec sa famille élargie pour s'installer à la mission de Warburton, créée en 1934. Lennard a passé du temps à l'école de la Mission et y a appris l'anglais. Cela devait lui être très utile plus tard, au cours de la nouvelle ère politique qui a suivi le transfert de l'autorité de mission à l'« autogestion » aborigène. La famille de Lennard était relativement étrangère à Warburton et a profité de la première occasion pour déménager à Cundeelee Mission pour y rejoindre les autres familles issues du Spinifex. Lennard Walker représente le plus souvent les dunes de sable (Tali tjuta). « C'est le pays dont je suis responsable autour de Kuru Ala » (situé dans le grand désert du Victoria en Australie Occidentale). Il y a de petits trous rocheux le long des dunes de sable. Lennard a également peint les trous rocheux (retenant souvent l’eau, si précieuse) plus permanents de Wiyatjara, un site appartenant au Wati Kutjara – Hommes Serpents de Pukara. Les Hommes ont voyagé au Temps du Rêve, de Wiyatjara à Purpurnya, près de Kuru Ala. Il peint souvent des œuvres collaborative, de grands formats où plusieurs initiés peignant ensemble une histoire. Ses œuvres figures dans d’importantes collections dont : Artbank Australian Government, Canberra. A.C.T. Collection Prince Stefan Of Liechtenstein, Embassy Of Liechtenstein In Germany. (Mens Collaborate) Kuntswerk Sammlung Alison Und Peter W. Klein, Allemagne National Gallery Of Australia, Canberra, Seattle Art Museum, Seattle, Usa. The British Museum, Londres The Corrigan Collection, Australie The Kaplan-Levi Collection, Usa W. & V. Mcgeoch Collection, Melbourne, Wagner And Owen Collection, Usa. Queensland Art Gallery Of Modern Art, Brisbane, The Art Gallery Of New South Wales, Sydney, Art Gallery Of South Australia, Adelaide,

LENNIE JONES KNGWARREYE

Lennie Jones Kngwarreye Groupe Alyawarre - Utopiua Lennie Jones est né vers 1945. Il possède de solides connaissances traditionnelles et il joue un rôle important dans les cérémonies. Il fait partie des quelques peintres masculins d’Utopia qui se sont imposés sur la scène artistique où les femmes peintres sont très présentes. Grand initié de la communauté d’Utopia, il est avec son frère, Freddy (Freddie) Jones, gardien du Rêve de Chenille. Il a hérité de ses droits sur ce thème de son père Jacob. Ce Rêve se poursuit et traverse la seule ville du centre de l’Australie, Alice Springs et continue plus à l’Ouest, longeant la chaîne des McDonnell. Il a participé en 1992 a une belle exposition dans les bâtiments de la Banque Mondiale à Washington. D’autres membres de cette famille, dont Lilly Sandover, sont des peintres bien connues de cette zone.

LEONIE KAMUTU

Leonie Kamutu LinLeonie est née dans la brousse à Ikunytji (Haasts Bluff) en 1947. Sa mère s'appelait Malyungka Nangala et son père Kamutu Tjungarrayai. Sa mère disait être originaire de Tjukurla, en Australie-Occidentale. Leonie est la sœur cadette de Susette, la première épouse de Long Jack Phillipus Tjakamarra. Elle se considère comme la « petite tante » de Charlotte Phillipus, la fille aînée de Long Jack. Leonie a été scolarisée à Papunya. Son premier mari était Dalton Abbott Ngala Bangarta, avec qui elle a eu deux filles. Elle a eu sept enfants avec son second mari, Kenny Lillius (né en 1951), dont Kayleen Lillius est l'aînée. Kenny était le frère de Jimmy Brown, président de Kiwirrkura. Leonie dit vivre désormais seule. Elle a de nombreux petits-enfants, dont certains sont mariés et ont des enfants. Le Rêve de Léonie est Kanparraka, le mille-pattes. Celui de Kamutu était Mala (le wallaby) et le pays de Tjunginpa. Nyuman était le lieu de naissance de son père et de son grand-père, associé au Rêve du Chien et au Rêve du lézard orange (Lingakurra). Son oncle paternel, Tjungarrayi Kingsley, fut l'un des premiers peintres de Papunya en 1971. Sa sœur, Tilly Napaltjarri, et elle-même ont appris la peinture auprès de l'oncle paternel.da Ngitjanka

LESTON SPENCER JAPALJARRI

Leston Japaljarri Spencer Leston Spencer est né à Alice Springs en 1988 et a grandi dans la communauté de Nyirripi, à 500 km au nord-ouest d'Alice Springs. Il a fréquenté l'école locale et a travaillé dans diverses organisations communautaires, notamment le conseil local. Il est marié à Theo Nangala Hudson et ils ont cinq fils ensemble. Leston peint depuis 2012. Comme la plupart des artistes Warlpiri, il peint ses histoires traditionnelles de pays qui se transmettent de génération en génération depuis des millénaires. Le site représenté dans ce tableau, Ngama, est situé au sud de Yuendumu dans le centre de l’Australie. Ce rêve appartient aux femmes Nakamarra/Napurrurla et aux hommes Jakamarra/Jupurrurla. Cette histoire décrit le voyage de Yarripiri, un « warna » (serpent) ancestral. Il a voyagé de Wirnparrku près du mont Liebig jusqu'à Yimparlu, et a continué son chemin à travers les territoires de Ngapanangka-jarra, Warlajirryi, Kurnmundu, Yinyirrinyi jusqu'à Ngama. Plus tard, Yarripiri a voyagé plus au nord via Mijirlparnta (Mission Creek) et jusqu'à l'extrémité nord de l'Australie. Yarripiri était très triste car sa famille l'avait abandonné à Wirnparrku. Il était aveugle et infirme, mais il était déterminé à les suivre et à les rechercher. Il a dû être porté. C'était la tâche entreprise par la « kurdungurlu » (police cérémonielle) du Rêve : les femmes Nangala/Nampijinpa et les hommes Jangala/Jampijinpa. Là où la queue de Yarripiri s'affaissait et touchait le sol, des ruisseaux se formaient, comme à Mijirlparnta, à l'ouest de Yuendumu. Les traces et les chemins de Yarripiri sont souvent représentés par des formes en arc ou des lignes courbes représentées sur la toile

LEXIE MICHAELS

LEXIE MICHAELS Lexie était artiste réalisant des batiks à Ernabella dans les années 1980 et 1990. Comme beaucoup d'artistes de cette époque, son travail intégrait des éléments de design inspirés par le paysage désertique. Les soies batik produites à Ernabella Arts comprennent de magnifiques longues soies, des peintures, des tentures murales et des foulards. Aujourd'hui, les textiles batik d'Ernabella figurent dans des collections privées, des galeries et des musées du monde entier. Lexie est récemment revenue à Ernabella Arts et s'est initiée à la peinture acrylique. Sa profonde connaissance du territoire transparaît dans ses œuvres. En 2020, Lexie a présenté sa première exposition, « Nganampa ngura-nguru nyurampa ngurakutu » (De notre lieu à votre lieu), à la galerie Aboriginal Signature en Belgique. Ses œuvres présentées lors de cette exposition ont ensuite été utilisées dans le cadre d'une collaboration avec la créatrice autochtone Maara Collective pour la création d'une collection de vêtements de villégiature. Cette collection a été présentée en avant-première lors de la Fashion Week australienne en juillet 2021 et a fait la couverture du magazine Marie Claire le même mois.

Liddy Walker Napanangka

Liddy Walker Napanangka Liddy Napanangka Walker (vers 1925-2017) émerge comme l'une des figures les plus intéressantes du mouvement artistique aborigène chez les Walpiri, une véritable gardienne des récits ancestraux de ce groupe. Née dans la région du Mont Doreen et affiliée à la communauté de Yuendumu dans le Territoire du Nord, elle a dédié son existence à la préservation et à la transmission du Jukurrpa, le concept central de la loi et de la culture de son peuple. Son œuvre n'est pas une simple expression esthétique, mais un langage visuel puissant, un pont entre le monde ancien et la réalité du monde contemporain. À travers ses toiles, elle a rendu visible l'invisible, transformant des récits millénaires, des lieux sacrés et des liens de parenté en une cartographie spirituelle et narrative. Le parcours de Liddy Walker est indissociable de l'essor du mouvement artistique du désert central, initié à Yuendumu avec la création ddu centre d’art en 1985. Elle en est rapidement devenue l'une des membres les plus éminentes, participant activement à l'affirmation d'un style régional distinct. Liddy Walker Napanangka a vu le jour aux alentours de 1925, dans la région de Mt Doreen, un lieu d'une importance capitale pour son peuple. Elle a passé ses jeunes années à vivre avec sa famille dans le bush, une existence nomade qui l'a connectée de manière intime et viscérale à la terre de ses ancêtres. I Cette enfance passée en contact direct avec la brousse a constitué le fondement même de son œuvre future, la liant directement aux récits et aux lieux qu'elle allait peindre. La vie de Liddy s'est transformée avec l'établissement de la communauté de Yuendumu, une communauté Warlpiri située à 300 km au nord-ouest d'Alice Springs. Elle s'y est installée dès sa création et y a assumé diverses fonctions de soins pastoraux, notamment en tant que cuisinière pour les personnes malades ou âgées. Ces rôles, qui témoignaient de son engagement profond envers le bien-être de sa communauté, préfigurent le travail qu'elle allait accomplir sur toile. Son parcours de vie illustre un continuum biographique et culturel : son existence a été une suite d'actes de conservation et de soin pour son peuple. D'abord en nourrissant littéralement sa communauté à travers son travail de cuisinière, puis, plus tard, en nourrissant spirituellement et culturellement l'ensemble de son peuple en transmettant ses histoires sacrées à travers l'art, outil de préservation de l'identité et du patrimoine Warlpiri. Au cœur de l'inspiration de Liddy Walker Napanangka se trouve le Jukurrpa, un terme Warlpiri qui se traduit souvent par « le Rêve » ou « le Temps du Rêve ». Loin d'être de simples légendes, les Jukurrpa sont des récits de création ancestrale qui structurent la vie sociale, la loi, le rituel et la relation au territoire. Ils sont l'essence même de l'identité Warlpiri et sont transmis de génération en génération, dictant à la fois les responsabilités culturelles et artistiques des individus. Liddy a puisé son inspiration dans les histoires de son père, Japangardi, et de son grand-père, dont le pays, le site dont il avait la charge spirituelle, est le Mt Theo. L'artiste a elle-même exprimé la profondeur de son engagement, dans une déclaration rapportée par plusieurs sources, qui sert de clé de lecture à son œuvre : « Je peins le Rêve de mon père Japangardi et le Rêve de mon grand-père. Le Mt Theo est le pays de mon père et c'est ce que je peins, les Rêves spécifiques de ce lieu. Les Rêves que je peins sont la tomate sauvage, le varan... Le varan aime se battre et est un coureur de jupons. Et je peins des gousses, de la pomme de terre de brousse et la souris marsupiale. Il y a beaucoup d'histoires... Je peins avec force ». L'œuvre de Liddy Napanangka Walker est une mosaïque de ces récits, les motifs de ses peintures étant les symboles graphiques des éléments du Jukurrpa. La plus célèbre de ses histoires est le Wakirlpirri Jukurrpa (Rêve de l'arbre à cornouiller), une thématique qu'elle a explorée en profondeur. Le cornouiller (Acacia coriacea) est un arbre très utile, qui pousse près des lits de ruisseaux et dont les graines peuvent être consommées crues ou cuites. De ces graines séchées, on fabrique une boisson sucrée et délicieuse appelée yinjirrpi. Son bois sert également à fabriquer des boomerangs (karli) et des planches de danse pour les cérémonies. Le Jukurrpa du cornouiller est un récit itinérant qui voyage de Jarrarda-Jarrayi jusqu'à Puturlu (Mt Theo). Un autre thème récurrent est le Ngalyipi Jukurrpa (Rêve de la vigne serpent), représenté par des lignes sinueuses symbolisant la vigne utilisée pour attacher les bâtons cérémoniels aux corps des danseurs lors des rituels sacrés. Les diverses utilisations de l'arbre à cornouiller — nourriture, outils, et élément rituel — illustrent la connexion intrinsèque entre le spirituel, l'écologique et la vie pratique dans la culture Warlpiri. Ces peintures ne sont donc pas de simples motifs abstraits, mais des documents complexes et des cartes symboliques qui codent des informations vitales sur le territoire et le mode de vie traditionnel. Et selon les niveaux d'interprétation, chaque signe pourra être interprété de façon différente, selon aussi le degré de connaissance de l'observateur. D'autres thèmes notables figurent dans ses œuvres, notamment le Wanakiji (Tomate de brousse), le Warna (Serpent), le Kanta (Noix de galles de l'eucalyptus), le Wardapi (Varan), et la souris marsupiale. Le style de Liddy Walker Napanangka est une fusion remarquable de la tradition iconographique Warlpiri et d'une expression personnelle d'une vitalité débordante. Son art se distingue par l'utilisation d'une iconographie riche en symboles narratifs. Les figures en forme de U représentent souvent les femmes, en particulier lorsqu'elles se livrent à des activités de collecte de nourriture, comme la cueillette des graines de cornouiller. Les lignes sinueuses, comme mentionné précédemment, symbolisent la vigne serpent, tandis que les cercles peuvent représenter des sites sacrés, des points d'eau ou des arbres mulga. Ces symboles ne sont pas de simples motifs décoratifs ; ils sont les mots d'un langage visuel qui raconte une histoire spécifique. Liddy allie un certain académisme à un sens du mouvement, à un dynamisme, à un sens des couleurs d’une efficacité redoutable. Liddy n’est pas réformiste comme Maringka Baker, Ronnie Tjampitjinpa, George Tjungurrayi, voir révolutionnaire comme Dorothy Napangardi ou un Tommy Watson. Elle ancre sa production dans les signes du Rêve. Mais sa peinture se développe sans s’enfermer dans un langage formel parfois stéréotypé (si présent chez de très nombreux peintres aborigènes du désert qui ne parviennent pas à trouver un style personnel). Malgré son âge, sa peinture garde une étonnante fraicheur. On pourrait penser que son travail manque de singularité. Certes, nous venons de le dire, les références aux formes du passé sont très évidentes chez elle. Pourtant son style se démarque. Le rythme des lignes, l’équilibre de la composition s’associent à une palette souvent riche et constatée, d’une harmonie de teintes chaudes Liddy peut passer à un essai avec des bleus froids, très inhabituels dans l’art aborigène. Chez Liddy, la ligne s’anime portée par l’effusion de teintes chaudes soulignées par les points aux effets vitalisants, pulsatiles, Le mouvement est partout, parfois frénétique, parfois parfaitement maîtrisé. La ligne serpentine est le symbole de l’énergie vital, celle des Ancêtres du Rêve, celle qui anime les lieux où l’essence de ces êtres éternels subsiste et que les initiés raniment à chaque rituel. Elle symbolise aussi la liane serpent qui sert notamment à lier des feuillages aux jambes des participants aux rituels. Sous-estimés, seuls quelques rares artistes de Yuendumu se sont imposés et sont aujourd’hui très côtés. Mais ces grands initiés ont produit des œuvres d’une intensité, d’une force rare, tout en étant très décoratives. Elles égalent celles de leurs voisins Pintupi et Pitjantajarra. Nul doute que la reconnaissance internationale viendra corriger le manque d’intérêt passager. Il ne faut pas s’arrêter à l’éventuel conservatisme de ces artistes. Oui il règne dans leurs toiles une certaine mélancolie, celle de la disparition d’un monde. Mais si on veut bien prendre la peine de regarder ces dernières sans aprioris on admettra que ces peintres / initiés ont échafaudé dans la solitude du désert des œuvres qui échappent aux réactions communautaires. Elles plongent dans une tradition très ancienne mais sont visuellement très modernes. Son art est une chronique vivante du Jukurrpa, transcrite avec une force et un dynamisme exceptionnels. Elle a démontré qu'une expression artistique profondément enracinée dans la tradition peut atteindre une originalité et une résonance universelles. La carrière de Liddy Walker Napanangka a été marquée par une reconnaissance internationale qui a propulsé son travail bien au-delà des frontières de sa communauté. Elle a participé à de nombreuses expositions en Australie et dans le monde, notamment en Angleterre, aux États-Unis, en France, en Allemagne, aux Pays-Bas, en Corée du Sud, aux Émirats arabes unis et à Singapour. Elle nous quitte à 95 ans. Les œuvres de Liddy figurent dans de nombreuses collections privées et publiques importantes dont : Aboriginal Art Museum, Utrech, Hollande Art Gallery of New South Wales, Sydney Art Gallery of South Australia, Adelaïde Artbank, Sydney Australian National Gallery, Canberra Flinders University Art Museum, Melbourne Central TAFE, Perth Gordon Darling Foundation, Canberra National Gallery of Australia, Canberra South Australian Museum, Adelaïde Kelton Foundation, Santa Monica, USA,...

Lilly Kelly Napangardi

Lilly Kelly Napangardi (Lily Kelly Napangati) st née à Haasts Bluff en 1948. Elle a vécu de façon traditionnelle durant sa jeunessse, une vie de chasseur / cueilleur. Dans les années 1960, sa famille rejoint la communauté de Papunya. Là elle aura l’occasion de voir les premiers peintres. Sa mère est la soeur de Johnny Warangkula Tjupurrula, l’un des artistes majeurs dans les années 1970. Son père, Norman Kelly Tjampitjinpa se mettra également à la peinture et lorsque celui çi est vieillissant, Lilly l’aide à compléter le fond pointiliste de ses toiles. C’est ainsi qu’elle se familiarise avec ce médium. Elle rejoint en 1986 la communauté de Mont Liebig et c’est là qu’elle se met à produire ses premières oeuvres. Signe d’un don naturel, elle remporte en 1986 le très prestigieux Northern Territory Art Award (aujourd’hui Testra Art Award). Peu après, Lilly créée la surprise en modifiant sa façon de peindre. A l’aide de points très fins et de tailles différentes elle décrit avec un minimum de teintes les dunes de la région de Kintore et de Conniston, le vent et le désert après la pluie. Il en résulte des œuvres mystérieuses aux puissants effets visuels dont cette toile est la parfaite illustration. Ce nouveau style la propulse sur le devant de la scène artistique australienne. En 2003, Lilly est finaliste de Testra Award et en 2006, elle fait son entrée dans la sélection des « 50 most collectable australian artists ». En 2003, elle remporte le Testra Award dans la catégorie peinture. Collections : The Kelton Foundation, Santa Monica, USA The Holmes a Court Collection, Perth, Australie Art Gallery of New South Wales, Sydney, Australie Queensland Art Gallery, Australie Thomas Vroom Collection, Amsterdam, Hollande James Erskine Collection, Australie Araluen Art Centre, Alice Spring, Australie Art Gallery of Western Australia, Perth Museum and Art Galleries of the Northern Territory, Darwin National Museum of Australia, Canberra Art Gallery of South Australia, Adelaide, Australie

LILLY STAFFORD PENANGK

Lilly Penangk Stafford Lilly est née à Coniston vers 1950. Sa mère, Topsy Nampijinpa Stockman, est née à Ngalikirlangu, sur les terres des Anmatyerr et des Warlpiri. Le Rêve de la mère de Lilly est Katyerr (raisin sauvage). Lilly a trois frères et cinq sœurs. Le Rêve principal de Lilly est Inkwareny Anengkerr, le Rêve de la Fourmi à Miel. Les lieux Anengkerr de ce Rêve se situent à Inkwareny et Yuelamu. Seules les femmes ont accès aux sites cérémoniels. Lilly et Daisy Penengk sont les gardiennes d'Inkwareny Anengkerr.

LILY KAREDADA

Lily Karedada (Karadada) Kulumburu – Kimberley – Australie Occidentale Les esprits Wandjina règnent sur la région de Kulumburu. Ces esprits sont très proches des Ancêtres du Temps du Rêves des autres régions quoique plus souvent associés à l’eau (et à la pluie). On les retrouve peint sur les gorges de cette région et depuis quelques années des artistes - essentiellement des Ngarinyin et des Woonambal parmi les quels on peut citer Alec Mingelmanganu, Charlie Numbulmoore et la famille Karedada - se sont mis à les peindre sur des écorces, sur toile ou sur papier. Deux grands yeux, un nez mais pas de bouche, un halo autour de la tête, tel est leur apparence. Lily Karedada est née vers 1937 est l’une des artistes emblématiques de cette thématique des esprits Wandjinas Au départ sa famille sculpte, grave des objets et des noix de baobab avant de se mettre à la peinture. Son frère Geoffrey Mangalamarra est à l’origine d’une cérémonie célèbre retraçant le passage du cyclone Tracy. Les toiles de Lily se concentre sur la description des esprits wandjinas et ajoute parfois des animaux de la région : émeus, tortues, serpents,… Collections : Artbank, Sydney. Art Gallery of South Australia, Adelaide. Berndt Museum of Anthropology, University of Western Australia. Christensen Collection, held Museum of Victoria, Melbourne. Flinders University Art Museum, Adelaide. National Gallery of Australia, Canberra. National Gallery of Victoria, Melbourne. Queensland Art Gallery, Brisbane. The Kelton Foundation, Santa Monica, U.S.A.

LILY SANDOVER KNGWARREYE

Lily Sandover Kngwarreye Lily Sandover Kngwarreye est probablement née en 1943 (entre 1937 et 1947 selon les sources) et meurt en 2003. Elle débute sa carrière artistique en 1977, en même temps que d’autres femmes de la communauté d’Utopiua, avec la production de batiks. Suzie Bryce, une instructrice en artisanat, et Yipati, une artiste Pitjantjatjara d'Ernabella où cette technique a déjà été introduite et qui a donc de l’expérience, lancent le projet qui donnera des résultats tout à fait merveilleux. Plus tard, Jenny Green, une animatrice merveilleusement enthousiaste, a fourni du coton et des peintures aux femmes. Lorsque Julia Murray est arrivée, elle a présenté la soie aux artistes et a contribué à élargir le marché, même si les nouvelles œuvres se sont avérées difficiles à vendre. C’est que le batik souffre injustement d’une connotation d’artisanat alors que la qualité d’une partie de la production est de très grande qualité tout en étant très originale. Dix années plus tard, entre 1988 et 1989 (Summer Project, mais l’été en Australie, correspond à notre période d’hiver), les artistes se mettent à peindre sur toile. Lily était la fille aînée de Jacob Jones, l'aîné des Alyawarr, et elle est devenue à son tour la femme aînée du site d'Entibera. Elle a peint les histoires importantes des Deux Sœurs et une série d'histoires sur les aliments du bush, notamment le Honey Grevillia, le plus souvent avec une grande minutie, beaucoup de détails. Lily a développé une large gamme de styles au fil des ans, des œuvres méticuleuses et aux points fins représentant l'éducation des jeunes adolescents, aux paysages naïfs et au travail linéaire inspiré des peintures corporelles, en passant par des représentations saisissantes et complexes de ses lieux cérémoniels spéciaux. Lorsqu'un centre d'art « officiel », Urapuntja Artists, fut créé à Utopia, Lily en devint membre fondateur et, à cette époque, elle collabora avec Northern Editions pour produire un certain nombre de gravures, dont « Alhwert I » et « Alhwert II », aujourd'hui dans la collection de la National Gallery of Australia. L'alhwert (prononcé « allota ») était un petit rat kangourou aujourd'hui éteint. Les gravures représentent l'« herbe iepa », la source de nourriture traditionnelle et le foyer du marsupial. Une fois créé ce motif très original, Lily le reprendra, devenant la principale source de sa production (ce thème est aussi associé à son Rêve de Miel). L’ancien coordinateur artistique d’Urapuntja Artists, Narayan Kozeluh, qui a travaillé avec Lily pendant de nombreuses années, a noté en 2009 que lorsqu’elle peignait cette image, « Lily plaçait un bâton de peinture lourdement chargé de blanc sur une toile noire et, d’un mouvement fluide, le repoussait, créant des motifs tourbillonnants qui stylisent l’herbe que sa peinture représentait ». Il est difficile d’évoquer Lily Sandover sans parler de sa grande amie et « soeur », Emily Kame Kngwarreye, qui marque à tout jamais le mouvement artistique. Les deux femmes sont mariées à deux frères. Même si elles ne sont pas du même groupe linguistique (lily est du groupe Alyawarre, Emily est une Anmatyerre), elles ont grandi en parlant la langue de l'autre et leur pays était proche sur la rivière Sandover à Utopia. Elles partageaient leur temps, leur vie, leurs enfants et plusieurs langues, mais chacune avait son propre Rêve, ses sites dont elles étaient les gardiennes et, au final, elles s’exprimeront chacune dans un style personnel, ne cherchant jamais à s’imiter. Lorsqu'elles peignaient, Emily Kngwarreye et Lily Sandover étaient souvent inséparables. Lily s'occupait étroitement de l'aînée Emily, tout en peignant ses propres œuvres à ses côtés. Elles vivaient régulièrement ensembles, Emily a campé avec Lily et leur famille à Delmore Downs. Son pays tribal se trouve à proximité de la propriété de Delmore Downs appartenant à la famille Holt pour laquelle Emily Kngwarreye a peint plus de 1500 tableaux entre 1989 et sa mort en 1996. Bien que Lily Sandover n'ait eu qu'une seule exposition personnelle (en 1991 à Melbourne), son travail a été présenté dans un certain nombre d'expositions collectives importantes au cours de sa vie. On peut citer, par exemple, Flash Pictures à la National Gallery of Australia et d'œuvres de la Holmes a Court Collection qui ont fait le tour de l'Écosse et de plusieurs lieux aux États-Unis, dont l'Université Harvard, l'Université du Minnesota et le Lake Oswego Center for the Arts. Lily est décédée en 2003 des suites d'une grave crise d'asthme. COLLECTIONS National Gallery of Australia, Canberra Artbank, Sydney Holmes a Court Collection, Perth AAMU Museum for Contemporary Aboriginal Art, Utrecht, The Netherlands The Delmore Collection Powerhouse collection, Sydney Art Gallery of New South Wales, Sydney Art Gallery of South Australia, Adelaide Queensland Art Gallery, Brisbane

Lindsay Bird Mptyane

Lindsay Bird Mpetyane Il est des artistes dont la peinture ne s’impose pas par éclat, mais se déploie comme une respiration ancienne, régulière, ancrée dans le sol et la Loi. Lindsay Bird Mpetyane appartient à cette lignée. Né vers 1935, ou une dizaine d'année plus tard, dans la région d’Utopia, au nord-est d’Alice Springs, au cœur du désert central australien, il est l’un des anciens les plus respectés de la communauté Anmatyerre, et le leader du campement de Mulga Bore. Son œuvre, souvent jugée discrète, presque effacée par rapport à celle de figures plus flamboyantes d’Utopia, est pourtant un modèle de rigueur culturelle, de fidélité à la tradition visuelle et de profondeur silencieuse. Son existence s’inscrit dans une période charnière de l’histoire aborigène : celle de la transition entre la vie traditionnelle, rythmée par les lois du Tjukurrpa (le Rêve et le Temps du Rêve), et l’émergence d’un art qui, tout en puisant dans les récits ancestraux, s’est affirmé comme une force majeure sur la scène artistique mondiale. Lindsay Bird a grandi dans un monde où le désert n’était pas un espace vide, mais un territoire sacré, peuplé de récits, de chants et de danses. C’est dans ce paysage à la fois physique et spirituel qu’il a puisé l’inspiration pour une œuvre qui, aujourd’hui, se distingue par sa profondeur narrative et sa maîtrise technique. Pendant longtemps il a été gardien de troupeau et employé dans les fermes de la région comme beaucoup d’hommes aborigènes de cette génération. Mais bientôt les choses changent. Lindsay, ainsi qu'un certain nombre de femmes d'Utopia, sont initiées à l’art en 1977, lorsque Yipati, une artiste Pitjantjatjara d'Ernabella et Suzie Bryce, animatrice de ce projet, leur apprennent à travailler le batik (sur soie). Comptant jusqu'à 80 membres, le groupe Utopia Women's Batik est devenu un vrai succès et il le mouvement amorcé rebondit sous la forme d’un nouveau projet, lancé en 1988 : peindre sur toile, comme le font déjà les artistes du Désert Occidental et nouvellement dans la désert du Tanami. Lindsay adopte ce nouveau médium avec enthousiasme, trouvant son travail plus excitant que les techniques de la soie et du batik (fastidieux et moins facile à commercialiser) et attirent rapidement l'attention. En 1990 déjà, l’exposition itinérante « Utopia – A Picture Story, batiks de soie de la collection Holmes a Court », voyage en Australie, puis en Écosse et en Irlande. Lindsay est le seul homme à participer aux importants projets communautaires de la Central Australian Aboriginal Media Association (CAAMA), qui aboutissent à l'exposition des œuvres à la S.H.Erwin Gallery de Sydney et dans plusieurs autres galeries notables à travers l'Australie. Lindsay Bird Mpetyane n’a jamais séparé l’art de la vie rituelle. Il est avant tout un gardien de la Loi, un homme de haute autorité dans les structures cérémonielles de son peuple. Les savoirs qu’il porte ne sont pas des récits au sens occidental du terme, mais des ensembles de chants, de danses, de toponymies sacrées, de gestes et de règles, transmis à travers les générations. C’est dans ce contexte rituel que la peinture prend sens : non comme un geste esthétique, mais comme une forme de narration sacrée, de cartographie vivante du territoire et de ses esprits. Son Dreaming principal est celui du Bush Turkey (Kwerlaye) — la dinde sauvage— un être ancestral qui a voyagé à travers les terres d’Ilkawerne, laissant des empreintes sacrées dans le paysage et dans la mémoire des hommes. Ces récits, codés et puissants, ne peuvent être représentés que par ceux qui en détiennent les droits. Lindsay Bird, en tant qu’aîné, possède ces droits. Et c’est dans cet espace de légitimité culturelle que s’inscrit sa peinture. Mais c'est un grand initié qui possède des droits sur bien d'autres thèmatiques. Contrairement à certains artistes d’Utopia qui, dans les années 1990 et 2000, ont expérimenté des formes de plus grande liberté stylistique, parfois influencées par les attentes du marché de l’art occidental pour les productions récentes, Lindsay Bird Mpetyane reste fermement enraciné dans une esthétique traditionnelle. Son style est strictement codifié, presque cérémoniel. Il utilise des motifs symboliques transmis depuis des générations : des cercles concentriques représentant les sites sacrés ou les points d’eau (soakages), des lignes évoquant les trajectoires ancestrales, et parfois des empreintes de pas stylisées. Ces formes sont répétées avec une précision minutieuse, souvent sur fond noir ou ocre foncé, ce qui confère à ses œuvres une certaine solennité. Il utilise fréquemment le pointillé (dot painting), non pas comme effet décoratif, mais comme technique sacrée, chaque point étant une marque du récit, un fragment de parole visuelle. Ses compositions sont ordonnées, parfois presque austères, mais elles dégagent une force silencieuse, une densité symbolique. Ce style, qualifié parfois de "conservateur", est en réalité une affirmation de l’intégrité culturelle. Là où d’autres artistes prennent des libertés formelles — souvent avec brio — Lindsay Bird choisit la continuité. Il ne cherche pas à innover pour plaire, mais à préserver, à honorer la mémoire du sol. L’œuvre de Lindsay Bird Mpetyane peut être décrite comme une forme d’académisme aborigène — non dans le sens d’un formalisme figé, mais dans celui d’une fidélité assumée aux codes visuels et narratifs de sa communauté. Il ne s’écarte jamais de la structure du Tjukurrpa ; ses motifs ne sont jamais improvisés. Chaque toile est un chant peint, une sorte de partition rituelle, dont la lecture ne peut se faire qu’à travers le prisme du savoir traditionnel. Cette posture le distingue au sein de la communauté d’Utopia. Alors que des artistes comme Emily Kame Kngwarreye ou Minnie Pwerle ont parfois brisé les cadres pour explorer une abstraction qui prend une forme paraissant très libre, gestuelle, presque instinctive, Lindsay Bird reste dans l’économie du signe, dans la tension entre forme et signification. Ce choix est à la fois esthétique et politique : il affirme que l’art aborigène n’est pas un espace d’expression individuelle, mais un acte collectif de continuité culturelle. Sur le plan chromatique, Lindsay Bird privilégie les tons sourds et profonds : ocres, blancs cassés, noirs, bruns, rouges terreux. Ces couleurs ne sont pas choisies pour leur beauté plastique, mais pour leur capacité à évoquer la texture même du désert — ses poussières, ses roches, ses bois calcinés. Elles sont les couleurs du sol vu de près, de la terre fouillée pour y chercher une eau cachée ou un tubercule sacré. Il existe dans ses tableaux une forme de temps suspendu, de lenteur méditative. Chaque œuvre semble se dérouler dans un temps cérémoniel, un espace où le passé, le présent et l’origine se rejoignent dans un même plan. Regarder une toile de Lindsay Bird Mpetyane, c’est pénétrer dans un territoire codé. En dehors de la toile, Lindsay Bird Mpetyane a été un acteur central de la vie culturelle d’Utopia. Il a participé à l’introduction de la peinture sur toile dans sa communauté, dans les années 1980, alors que les artistes travaillaient d’abord sur des objets traditionnels ou sur écorce. Il a également contribué à des projets collectifs, notamment les fameuses "batiks d’Utopia", qui furent un tremplin majeur pour la reconnaissance de l’art aborigène contemporain. Mais malgré cette visibilité, il est toujours resté humble, discret, fidèle à sa terre et à sa communauté. Loin des projecteurs, il a continué à peindre comme on récite un poème ancien — non pour se faire entendre, mais pour ne pas oublier. Lindsay Bird Mpetyane n’est pas un peintre spectaculaire. Il n’en a pas besoin. Son œuvre ne cherche pas à surprendre, à séduire ou à transgresser. Elle affirme, avec force et retenue, la puissance du savoir ancien, la profondeur du chant ancestral, la continuité d’un monde que l’on croyait fragile mais qui, à travers lui, continue de battre. Dans ses toiles, les signes ne sont pas des formes : ce sont des empreintes du sacré, des chemins pour qui sait les suivre, des souvenirs gravés dans la poussière rouge. Et si son style peut sembler "académique", il est, dans le contexte de l’art aborigène, une forme de résistance douce — une manière de rappeler que l’essentiel n’est pas d’inventer, mais de transmettre sans faillir. En cela, il incarne une forme de classicisme au sein de l’art d’Utopia, un classicisme qui n’est pas synonyme de rigidité, mais de fidélité à l’essentiel. Et dans un monde où l’art contemporain est souvent perçu à travers le prisme de l’innovation radicale, Lindsay Bird nous rappelle que la tradition n’est pas un carcan, mais une source inépuisable de sens et de beauté. Ses toiles sont des ponts entre les temps, entre les générations, entre le visible et l’invisible. Nous nous sommes arrêtés à plusieurs reprises à Mulga Bore pour rendre visite à Lindsay. Il vit là avec sa femme Mavis et ses trois filles, Kavean (Karen), Jessica (Jessie) et Rosy Ngale (Rosie). Il est lié à bien d’autres artistes de la région comme sa belle sœur Ada Bird Petyarre ou son cousin Greenie Purvis Petyarre. Il est capable de peindre sur de nombreux thèmes, montrant ainsi ses larges connaissances tribales. Voici une liste de thèmes décrit par Lindsay : Ahakeye (Bush Plum) and Elcudjera (Prickles), Ahakeye (Bush Plum) Dreaming, Arekwarr (Wild Pigeon) and Ahakeye (Bush Plum), Arlkeny (Men's Body Paint), Arrkernk (Bloodwood Seed), Ntang Artety (Mulga Seed) Dreaming, Spear Straightening Dreaming, Tyankern (Mulga Berries) and Ahakeye (Bush Plum) Dreaming, Tyankern (Mulga Berries), Elcudjera (Prickles), Honey Ant, Utnea (Carpet Snake), et d'autres liés aux cérémonies des hommes. Ses œuvres figurent dans d’importantes collections et privées et publiques. Collections : The Holmes a Court Collection, Perth  Art Gallery of Western Australia, Perth  Museum of Victoria, Melbourne  National Gallery of Australia, Canberra  The National Museum of Australia  Central Australian Aboriginal Media Association The Kelton Foundation, Santa Monica, USA  Powerhouse Museum, Sydney  Queensland Art Gallery, Brisbane Royal Hibernian Academy Dublin Ireland Art Bank Sydney Winchester Regional Airport Collection USA Australian Art Gallery Art Gallery of South Australia Queensland Art Gallery, Brisbane Museum and Art Gallery of the Northern Territory National Gallery of Victoria Museum of Contemporary Art Art Gallery of Western Australia Art Gallery of New South Wales Tasmanian Museum and Art Gallery Kluge-Ruhe Collection, University of WestVirginia USA Parliament House Art Collection, Canberra, ACT Powerhouse Museum, Sydney, NSW Parliament House Canberra

Lionel Possum Tjungurrayi

Lionel Possum Tjungurrayi Groupe Anmatyerre – (1972 - 2019) Lionel Possum Tjungurrayi était le plus jeune des trois frères et sœurs du célèbre Clifford Possum Tjapaltjarri. Lionel a commencé à peindre très jeune avec ses sœurs Gabriella et Michelle Possum. Moins productif que ses soeurs, Gabriella et Michelle, son style est influencé par celui de son père.